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Nucléaire, OGM, pesticides... Les réponses des candidats au journal LE MONDE

Environnement : comparez les programmes des candidats à la présidentielle 2012

Les ONG interpellent les deux candidats qui seront qualifiés pour le second tour

mardi 10 avril 2012
Posté par David Naulin

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Face au peu d’attention accordée à l’environnement au cours de la campagne présidentielle, Le Monde a décidé d’interpeller les candidats en leur posant des questions précises. Sur l’avenir énergétique de la France, mais aussi sur les chantiers du Grenelle de l’environnement. Découvrez leurs réponses et comparez leurs programmes. Face au peu d’engagement de certains des candidats à l’élection présidentielle, les principales organisations de protection de l’environnement proposent aux deux finalistes de l’élection de détailler devant les Français leurs principaux engagements en répondant à leurs questions.



Dans l’éditorial accompagnant la publication de ce dossier, la rédaction du Monde résume la situation actuelle : "Aujourd’hui, c’est l’écologie - pour simplifier, la préservation des ressources d’une planète vivante et vivable - qui est tombée dans ce trou noir, comme sortie du radar politique, rayée de la carte des enjeux majeurs des prochaines décennies. Cette cécité est stupéfiante, ou plutôt cette occultation confondante, si l’on veut bien se rappeler, un instant, les avertissements lancés de tous côtés, sans cesse plus nombreux et argumentés. Pas un mois ou presque sans qu’une étude scientifique pointe tel ou tel dérèglement progressif, insistant et, au bout du compte, inquiétant". (...) "Pendant ce temps, que font les candidats à l’élection présidentielle ? Exactement ce que déplorait le président Chirac, il y a dix ans, au Sommet de la Terre de Johannesbourg : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs." (...) "On se souvient de la formule de Pierre Mendès France un jour de 1953 : "Gouverner, c’est choisir, si difficiles que soient les choix." Cela suppose une démocratie adulte et du courage chez ceux qui entendent l’incarner. Pour l’heure, hélas, l’une et l’autre font par trop défaut".

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Extrait du journal LE MONDE daté du 8 avril 2012

"Je suis frappé par la myopie des discours de cette campagne" confirme de son côté Nicolas Hulot qui dénonce dans un entretien au Monde l’incapacité des grands partis à prendre en compte l’épuisement des ressources et le changement climatique. "Les principales formations politiques tentent de répondre avec plus ou moins de brio aux préoccupations quotidiennes des Français, mais elles n’ont pas intégré la nouvelle contrainte du XXIe siècle, qui est une contrainte écologique. Tous les signaux sont au rouge - le climat, la biodiversité, l’état des océans... tous les rapports nous disent combien le coût de l’inaction va être préjudiciable à nos économies. Ce que l’on observe est sans commune mesure avec ce que nos sociétés ont connu jusqu’à présent. Or, je suis obligé de constater que les candidats et les appareils politiques n’en ont pas une pleine conscience. La conversion que j’attendais n’a pas eu lieu. Je cherche désespérément une vision qui ne soit pas Hexagonale. Il y a dans le monde des paramètres qui conditionnent l’avenir de la France et, parmi eux, la raréfaction des ressources naturelles, qu’il faut anticiper". Fort de ce constat, Nicolas Hulot a décidé d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur cinq propositions concrètes pour remettre la finance au service de l’économie réelle et de la transition écologique. On en parle ici sur CDURABLE.info.

 Dix questions concrètes pour interpeller les candidats

Dix questions concrètes pour interpeller les candidats

- Nucléaire : Treize mois après l’accident de Fukushima (Japon), qui a poussé l’autorité de contrôle à prescrire un renforcement de la sûreté "dans les meilleurs délais", les candidats sont quasi unanimes... à rejeter l’idée d’un référendum sur le nucléaire. Seuls Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan y sont favorables. Cette hostilité partagée, sur ce sujet, à la pratique référendaire, n’empêche pas de vrais clivages sur la place de l’atome. Alors que Nicolas Sarkozy campe sur la défense du nucléaire, gage d’indépendance énergétique, François Hollande s’est engagé à réduire de 75 % à 50 % la part de l’électricité d’origine nucléaire à l’horizon 2025. Et à organiser, dans les premiers mois suivant son élection, "un débat national sur la transition énergétique", débat également promis par François Bayrou. Mais le candidat socialiste se refuse à arrêter l’EPR de Flamanville (Manche) que réclame Eva Joly. Le plus radical est Philippe Poutou, partisan de "l’abandon de la filière nucléaire dans les dix ans".

- Energies fossiles : Au niveau mondial, l’Agence internationale de l’énergie plaide pour la fin des subventions aux énergies fossiles (238 milliards d’euros en 2011) pour mieux faire émerger les sources non émettrices de CO2. En France, ces aides - de multiples niches fiscales - représentaient 5,8 milliards d’euros en 2011.L’ensemble des candidats, à l’exception de Marine Le Pen, sont favorables à "réorienter" ces subventions vers les renouvelables. Nicolas Dupont-Aignan précise toutefois que ce transfert ne doit pas pénaliser le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes (bénéficiaires, par exemple, de la prime à la cuve). Nicolas Sarkozy est le seul à ne pas se prononcer sur cette question, précisant que la "France ne subventionne pas les énergies fossiles, mais les taxes au contraire". Or le ministère de l’économie a chiffré officiellement ces subventions en 2011 à 5,8 milliards d’euros, chiffre identique à celui donné par l’Organisation de coopération et de développement économiques.

- Gaz de schiste : La mobilisation en France des collectifs anti-gaz de schiste a conduit la classe politique à s’opposer à l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels. Pas question donc pour les candidats interrogés de revenir sur la loi du 13 juillet 2011 qui interdit la fracturation hydraulique, seule technique de forage disponible aujourd’hui mais dont les conséquences sur l’environnement sont néfastes. Ce consensus cache des nuances : François Hollande envisage de renforcer la loi du 13 juillet, tandis que Jean-Luc Mélenchon se prononce pour l’abrogation des permis accordés. Nicolas Sarkozy précise que, "pour être autorisées, l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste doivent utiliser des techniques respectueuses de l’environnement", laissant ainsi la porte entrouverte. Cette position est cohérente avec le rapport d’une mission gouvernementale, publié le 22 mars, qui se déclare favorable, sous contrôle public, à des forages scientifiques utilisant la fracturation hydraulique. Objectif ? Ne pas gâcher les richesses du sous-sol français susceptibles de réduire la facture énergétique de l’Hexagone.

- Climat : Tous les candidats - à l’exception de Philippe Poutou - soutiennent la volonté de la Commission européenne de soumettre le transport aérien international à l’effort de lutte contre le changement climatique. Depuis le 1er janvier, les avions qui décollent ou se posent dans l’Union européenne doivent acquitter l’équivalent de 15 % de leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette décision suscite des menaces de rétorsion des pays émergents, de la Russie et des Etats-Unis. Et met à mal la cohésion entre les Vingt-Sept.

- Péage urbain : En juin 2010, dans le cadre de l’adoption de la loi Grenelle 2, les parlementaires avaient autorisé l’expérimentation, sur la base du volontariat, du péage urbain dans les villes de plus de 300 000 habitants. Les socialistes n’avaient pas approuvé la mesure, l’assimilant à "un nouvel octroi" dressant "une nouvelle barrière entre les centres-villes et leurs banlieues". François Hollande n’a pas cette réserve. Il se dit favorable, comme Nicolas Sarkozy et François Bayrou, au principe de l’expérimentation. M. Hollande conditionne cependant cette possibilité à l’existence d’un réseau de transports en commun. Le péage urbain, destiné à réduire le trafic routier et améliorer la qualité de l’air des agglomérations, est déjà en vigueur à Londres, Stockholm, Sydney ou encore Milan. Les autres candidats, dont Eva Joly, soulèvent le "caractère discriminatoire" d’une telle mesure à l’égard des banlieusards.

- Biodiversité : Lors du vote de la loi Grenelle 2 en juillet 2010, la "trame verte", avait fait les frais de la détermination des élus UMP, hostiles à voir cet outil de protection de la biodiversité entraver la réalisation de leurs projets d’infrastructures. Dans la loi actuelle, la "trame verte" qui propose de créer des corridors écologiques reliant les espaces naturels protégés doit donc seulement être "prise en compte". Les ONG ont critiqué cette régression qui ne permet pas de freiner la fragmentation des habitats naturels. Nicolas Sarkozy se dit prêt à revenir sur cette position et à rendre la trame verte "opposable". Les autres formations sont sur la même ligne, confirmant l’ambition défendue lors de la discussion parlementaire.

- Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : Le projet d’aéroport à 30 kilomètres de Nantes sur 1 600 hectares agricoles dans le village de Notre-Dame-des-Landes reste le point de clivage majeur, non pas entre la droite et la gauche, mais entre les socialistes et les écologistes. Nicolas Sarkozy et François Hollande sont à l’unisson pour demander la poursuite des travaux. Les autres y sont opposés, y compris le candidat centriste, François Bayrou. En novembre 2011, lors de la signature de leur accord électoral, le PS et EELV, incapables de surmonter leur divergence, avaient choisi de laisser de côté le dossier du futur aéroport du Grand Ouest. Malgré l’hostilité de ses possibles alliés, François Hollande, très proche du maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, qui porte le projet, estime que le "débat public a eu lieu".

- OGM : Les Français se méfient des organismes génétiquement modifiés (OGM) ? Les candidats sont comme eux et se prononcent presque unanimement en faveur du maintien de l’interdiction de plantes transgéniques en France. Seul Nicolas Sarkozy se distingue en préférant ne pas se prononcer, ce qui peut sembler paradoxal, puisque c’est sous son mandat que la France a interdit sur son territoire la mise en culture du Mon810, le maïs transgénique de Monsanto. "Je n’aime pas les approches idéologiques", justifie-t-il, estimant préférable de procéder au cas par cas à une analyse des bénéfices et des risques pour chaque OGM. François Hollande et Nicolas Dupont-Aignan se rejoignent pour estimer nécessaire de poursuivre des essais confinés et sécurisés sur les OGM afin, pour le premier, d’effectuer "une évaluation rigoureuse de ces produits" ou, pour le second, "d’étudier leur éventuel intérêt à long terme".

- Pesticides : Alors que les études démontrent la nocivité des pesticides sur la santé et l’environnement, le plan Ecophyto 2018, adopté dans le cadre du Grenelle de l’environnement, prévoit de réduire de moitié leur usage "si possible" d’ici à 2018. Cette conditionnalité affaiblit le dispositif. Ainsi, l’utilisation des pesticides est restée stable depuis 2008, selon les chiffres d’octobre 2011 du ministère de l’agriculture. La majorité des candidats se disent prêts à rendre cet objectif obligatoire. Parmi eux, François Bayrou le souhaite seulement si la mesure est aussi adoptée "au niveau européen". François Hollande précise qu’il faudra assortir cet objectif obligatoire "des modalités d’action définies en concertation avec les agriculteurs et les différents partenaires intéressés."

- Algues vertes : Fin février, Bruxelles a décidé de traduire la France devant la Cour de justice de l’Union européenne pour ses efforts insuffisants dans la lutte contre la pollution de l’eau. Les marées d’algues vertes dues à l’eutrophisation des eaux dans les estuaires gorgés de nitrates agricoles se trouvent au coeur du conflit. En cause : les épandages d’effluents d’élevage et d’engrais chimiques. Les réponses des candidats montrent un vrai clivage. Philippe Poutou et Eva Joly sont favorables à une réduction coercitive de la taille des élevages en Bretagne, tout comme Jean-Luc Mélenchon, qui propose en contrepartie "des mesures fortes d’accompagnement des agriculteurs et des salariés concernés". A droite et à l’extrême droite, c’est l’unanimité pour ne pas soutenir une mesure jugée défavorable au monde agricole. Nicolas Sarkozy, qui a plusieurs fois râlé contre les règles "tatillonnes" de protection de l’eau qui gênent le travail des agriculteurs, précise "qu’environnement et agriculture ne sont pas incompatibles". Le seul à ne pas se prononcer est François Hollande, qui préfère "faire d’abord respecter les règles fixées" et souhaite "un plan ambitieux, en lien étroit avec les professionnels, car la diversification est souhaitable mais ne se décrète pas".

 Comparez les propositions des candidats sur l’environnement

À l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle française 2012, Le Monde.fr vous propose le module ci-dessous permettant de consulter et de comparer les programmes des candidats par thématique :

 Débattre de l’environnement : chiche !

Malgré l’engagement des associations, l’environnement a été un des parents pauvres de cette campagne présidentielle. Alors que certains candidats se sont prononcés en faveur d’un deuxième débat entre les deux tours et que d’autres ont exprimé, devant les principales organisations de défense de l’environnement (Greenpeace, WWF France, Amis de la Terre, Réseau Action Climat, Humanité et biodiversité, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Ligue pour la Protection des Oiseaux, France Nature Environnement), le souhait d’un temps « environnement », ces dernières proposent d’interpeller collectivement les deux candidats.

L’environnement, un des parents pauvres de la campagne

L’environnement n’a été que peu abordé dans le cadre de cette campagne. Le constat est rude lorsque l’on observe que les questions environnementales, qu’il s’agisse du prix de l’énergie, des effets du changement climatique, des pollutions, de la qualité de l’alimentation, ou du lien entre santé et environnement, sont au cœur des préoccupations des citoyens. Face au peu d’engagement de certains des principaux candidats à l’élection présidentielle, les organisations de protection de l’environnement proposent aux deux finalistes de l’élection de détailler devant les Français leurs principaux engagements en répondant à leurs questions.

Les ONG interpellent les candidats

Le principe de ce débat diffèrerait de celui du débat traditionnel de l’entre deux-tours en faisant intervenir les associations environnementales. Il s’agirait, pour chacune des huit ONG, d’interpeller les deux candidats sur les différents dossiers environnementaux (énergie, agriculture, biodiversité…) pour les inciter à prendre des engagements concrets, illustrant leur volonté de mettre en œuvre la transition environnementale. Ces organisations demandent aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager dès aujourd’hui à participer à un tel débat citoyen s’ils étaient qualifiés pour le second tour par les Français le 22 avril.

« Ce débat serait l’occasion d’évaluer les projets de société portés par chacun des deux candidats en fonction de la place qu’ils accordent à l’environnement. Le considèrent-ils comme un gadget passé de mode ou bien comme un élément de la solution à la crise environnementale, sociale et économique que nous traversons ? »

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