Pourquoi, malgré 50 ans d’alertes climatiques, nous ne parvenons toujours pas à changer ? Éléments de réponse avec la publication du premier rapport du Groupe International d’Experts sur les Changements de Comportement (GIECo), qui a reçu un nombre important de propositions de chapitres, avec plus de 45 auteurs provenant de 20 pays, 14 disciplines, 35 universités et instituts de recherche et couvrant un large éventail de sujets au cœur du changement et du non-changement comportemental.

Le premier Rapport scientifique du GIECo a été présenté à l’Académie du Climat le 2 Juillet 2025. Les révélations de ce Tome 1 répondent à la question
Pourquoi on n’arrive pas à changer malgré 50 ans d’alertes climatiques ?
Après 3 ans de travaux, 40 chercheurs de 35 universités, 14 disciplines et 20 pays dévoilent l’angle mort des transitions écologiques : le Facteur Humain.
3 révélations qui changent tout
- 1️⃣ On se trompe de leviers : Information + incitations + peur ≠ changement de comportement (Désolé pour tous les PowerPoint ratés 😅) “savoir ne suffit pas à changer”
- 2️⃣ Les blocages sont partout : Individuels, collectifs, culturels, organisationnels… Et ils sont plus puissants qu’on ne le pense.
- 3️⃣ On peut agir autrement : Les sciences comportementales existent, mais sont scandaleusement sous-utilisées dans les stratégies de transition.
Pourquoi ce rapport nous fait voir différemment ?
→ Une analyse transversale des vrais moteurs de changement
→ Des pistes d’actions concrètes pour institutions, entreprises, société civile
→ Des exemples inspirants issus des terrains de transition
= Le chaînon manquant pour réussir enfin la transition écologique
Investir sans comprendre ce qui freine ou motive les comportements
« 𝘚𝘢𝘯𝘴 𝘴𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘴, 𝘱𝘢𝘴 𝘥𝘦 𝘵𝘳𝘢𝘯𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘳𝘦𝘶𝘴𝘴𝘪𝘦𝘴 » – Dr Jacques Fradin, Fondateur du GIECO
= échec garanti.
Le rapport du GIECo / IPBC
Panel international sur le changement des comportements (IPBC)
(version anglaise disponible immédiatement – résumé français en octobre)
Qu’il s’agisse de questions « purement » scientifiques, telles que les crises climatiques et de la biodiversité, comme dans les opérations et décisions quotidiennes de Management et culture organisationnelle :
Le facteur humain est absolument fondamental à la fois comme cause de ces crises mais aussi comme source de solutions !
La fresque du facteur humain
La fresque du facteur humain animée par Nous Sommes Vivants est une expérience transformatrice pour augmenter notre capacité à changer de comportements.
« Le putain de facteur humain, c’est ce qui fait que l’on ne passe pas de ce qu’on sait à ce que cela implique »
Hubert Reeves, Astrophysicien

Pourquoi est-il si difficile de changer de comportements ?
il ne suffit pas d’être convaincus pour adopter de nouveaux comportements
On peut tous constater dans notre entreprise ou notre collectivité locale que ce n’est pas parce que les gens sont convaincus de la nécessité de changer de comportements face aux enjeux écologiques que pour autant le changement s’opère.

Les scientifiques du comportement nous expliquent qu’il ne suffit pas d’être convaincus pour adopter de nouveaux comportements et que même animés par la volonté de changer, la route est longue et parsemée de tentatives infructueuses pour y parvenir. Sortir de l’échec demande une compréhension profonde des facteurs souvent inconscients qui limitent notre capacité à changer de comportements.
Changer de comportements pour en adopter de nouveaux demande un effort individuel. Cet effort individuel qui doit aussi être collectif nécessite d’adopter une posture d’accompagnement au changement spécifique pour mener à bien un plan de transformation dans son organisation.
Un plan d’action pour le changement en 5 étapes

Cette méthode1 d’accompagnement au changement en 5 étapes, théorisée par 2 scientifiques du comportement, Prochaska et Di Clemente, intégrée dans l’animation de la fresque du facteur humain par Nous Sommes Vivants, permet de se mettre en mouvement en 5 étapes vers un nouveau comportement.
- SAVOIR (Pré-contemplation) : Le patient ne pense pas avoir de problèmes avec sa consommation. Il n’envisage pas de changer de comportement, dont il ressent essentiellement les bénéfices.
- VOULOIR (Contemplation) : À ce stade commence à se manifester l’ambivalence. Le patient envisage un changement de comportement, mais il hésite à renoncer aux bénéfices de la situation actuelle. On parle alors de balance décisionnelle, qui amène à comparer les pour et les contre d’un changement avec ceux de son comportement actuel.
- POUVOIR (Préparation/détermination) : À ce stade, le patient se sent prêt à démarrer la phase d’action dans un futur proche ; il détermine des décisions et commence à les mettre en place dans le temp
- CHANGER (Action) : Le changement est engagé vers des modifications de son style de vie. Les difficultés sont importantes.
- PERSÉVÉRER (Maintien) : À cette phase de consolidation, il convient de rester prudent car les tentations sont nombreuses de retourner au comportement problématique.
(Rechute) La rechute est possible et fait partie du processus normal de changement.
Suivre ces 5 étapes permet à chacun d’ancrer dans le temps de nouveaux comportements en faveur, par exemple, de la biodiversité sur terre et dans les mers, du climat ou du mieux consommer.
Les auteurs s’accordent également sur le faible impact des données purement rationnelles sur le changement comportemental, d’autres forces plus puissantes étant à l’œuvre dans nos efforts pour changer ou ne pas changer.
Efforts pour ne pas changer : ne pas changer est soumis à des forces très puissantes qui nous empêchent de changer et facilitent le fait de ne pas changer.
Au-delà de son intérêt scientifique évident, le premier rapport principal du GIEC (PR-1) :
- Présente une revue de la littérature en sciences du comportement.
- Rapports sur ce que ces sciences ne savent pas et quelles connaissances pourraient être utiles et importantes à comprendre, afin de proposer :
- des solutions empiriques aux obstacles au changement
- et de nouveaux domaines de recherche ;
- Souhaite attirer l’attention des acteurs scientifiques, privés, publics, médiatiques et de la société civile sur l’importance
- de prendre en compte le facteur humain dans les transitions
- et des travaux du GIEC sur cette question.
- Plaide pour la nécessité absolue de prendre en compte les sciences du comportement dans l’effort de transition, car sans elles, nous courons droit à l’échec à l’échelle planétaire

Coordinateur scientifique de l’IpbC
Cela signifie une reconnaissance et un soutien institutionnel et financier multipartite pour ces sciences.
Afin de le rendre le plus accessible possible, des efforts particuliers ont été faits pour réduire le jargon et définir des notions spécifiques dans chaque chapitre, avec un glossaire.
Une version courte spéciale dédiée à toutes les parties prenantes, sera publiée en Octobre en se concentrant sur ce que les sciences du comportement disent fonctionner ou non dans les efforts de changement, dans la vie réelle.
Contenu
- Avant-propos J. Fradin : Pourquoi l’IpBc/GIECo ? Pourquoi maintenant ?
- Introduction S. La Branche : Au-delà de la rationalité : un regard des sciences du comportement appliquées à la transition écologique
- Chapitre 1 M. Bonaiuto, V. Vitale : Interventions socio-psychologiques favorisant le changement de comportement pour la transition écologique
- Chapitre 2 CA Trujillo : L’intersection de la pauvreté et du changement de comportement pour des modes de vie durables
- Chapitre 3 J. Saint-Charles, S. Yates, C. Alloing, AS. Gousse-Lessard : Communication et changement de comportement à l’heure de la transition écologique
- Chapitre 4 H. Jalin, C. Mouguiama-Daouda, A. Sapin : Les émotions en transition : l’éco-anxiété sauvera-t-elle notre civilisation ?
- Chapitre 5 S. Blanco, D. Gotteland, O. Trendel : Le rôle de la cognition implicite dans le développement d’une culture organisationnelle pro-environnementale
- Chapitre 6 D. Guyatt : Au-delà des données : le rôle des mentalités dans la réduction du déficit de financement climatique
- Chapitre 7 S. Ansart, F. Ottaviani, R. Duymedjian, H. Poissonnier, D. Steiler : Homo economicus vs pratiques de modération entrepreneuriale : une réalité au potentiel transformateur
- Chapitre 8 D. Couvet, E. Bessa : Citoyenneté écologique pour une diversité de changements de comportement nécessaires
- Postface de S. La Branche : Matière à réflexion transversale
1er tome du rapport scientifique du GIECo / IPBC
Soirée de lancement du 1er tome du rapport scientifique du GIECo/IPBC – 2 Juillet 2025

- Une méthode inspirée de la compréhension des comportements addictifs ↩︎

