Mortalité des colonies d’abeilles : l’étude de l’Afssa ne révèle rien de nouveau

La mortalité des abeilles est un phénomène normal dans les ruchers. Ainsi chaque hiver 5 à 10% des colonies décèdent ; et au cours de la saison d’élevage (de février/mars à septembre/octobre) de nombreuses butineuses meurent chaque jour, victimes de l’activité de la récolte. Cependant, depuis le milieu des années 80 un phénomène de surmortalité des colonies d’abeilles est observé à l’échelle mondiale. Afin de contribuer à l’identification des causes de ce phénomène en France, l’Afssa a initié en 2002 une étude de terrain. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a publié, vendredi 15 février, les résultats de cette étude menée pendant trois ans sur 120 colonies d’abeilles, réparties dans cinq départements (Eure, Gard, Gers, Indre et Yonne).

Menée de 2002 à 2005, cette enquête a porté sur 120 colonies d’abeilles domestiques de 24 ruchers, répartis en France métropolitaine. Plusieurs paramètres caractéristiques de la santé des colonies ou pouvant influer sur la santé des abeilles ont été suivis : niveau de population, état sanitaire, présence de pesticides dans la ruche, pratiques apicoles, mortalité des colonies et des abeilles et pratiques agricoles dans un rayon de 1,5 km autour des ruchers. Les relations entre ces différents paramètres ont été étudiées et analysées.

Les résultats de cette enquête viennent d’être soumis à publication scientifique

Sachant que le protocole mis en place ne permettait de mettre en évidence que des variations importantes des populations au sein des colonies suivies, ce rapport révèle notamment que :

– La mortalité hivernale et la mortalité lors de la saison apicole sont toujours restées inférieures à 10% dans l’ensemble des 24 ruchers observés pendant les trois années qu’a duré l’étude. Ce taux se situe dans l’intervalle des mortalités considéré comme non exceptionnel en apiculture.

– Parmi les sept maladies, anomalies ou agents pathogènes recherchés, six ont été communément retrouvés dans les ruchers. De manière statistiquement significative, le diagnostic des loques ou de la varroase dans une colonie a été suivi par la mort de la colonie – de manière rapide pour les loques, ou différée pour la varroase.

– D’une manière générale, l’attention consacrée par l’apiculteur aux mesures préventives, à la détection précoce et à l’identification de la varroase ont été des points critiques en relation statistiquement significative avec la mortalité des colonies.

La relation entre la présence de résidus de pesticides dans les matrices apicoles et la santé des colonies a été particulièrement examinée.

– Parmi toutes les molécules recherchées, les échantillons contenant des résidus d’imidaclopride et d’acide 6-chloronicotinique étaient les plus fréquents dans la matrice pelote de pollen, la matrice miel et la matrice abeille. La présence simultanée dans les abeilles et les pelotes de pollen de certaines substances est apparue significativement corrélée notamment pour le groupe fipronil et dans une moindre mesure pour le groupe imidaclopride.

– Aucune relation statistique entre la présence de résidus et les populations d’abeilles adultes et larvaires, ni avec la mortalité des colonies n’a pu être mise en évidence.

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