Mondial de l'automobile du 2 au 17 octobre 2010

Les français et la voiture électrique

Sondage LH2 publié dans le quotidien Metro vendredi 1er octobre 2010

Alors que le Mondial de l’Automobile 2010 sera l’occasion pour les constructeurs automobiles de dévoiler leurs nouveaux modèles de voitures électriques, les résultats de cette enquête LH2 pour Metro illustrent l’important soutien des Français au développement de ce type de véhicule. Au sein de l’opinion publique, un consensus très large sur ce sujet se dégage, 86% des Français jugeant qu’il faudrait davantage encourager la commercialisation des voitures électriques. Autre donnée importante de cette enquête, 69% des Français se déclarent prêt à acheter une voiture électrique à la place d’une voiture classique si elles étaient au même prix, contre 28% seulement qui achèteraient plutôt une voiture classique.

Les principaux enseignements de ce sondage expliqués par Guillaume Inigo, Chargé d’études au département Opinion Institutionnel de LH2 : Réalisé 3 semaines avant l’ouverture du Mondial de l’Automobile, ce sondage LH2 pour Métro sur les Français et la voiture électrique s’inscrit dans un contexte chargé pour ce dossier. Les annonces de présentation de voitures électriques par la quasi-totalité des constructeurs automobiles fait suite à plusieurs engagements politiques destinés à développer la circulation des voitures propres. En mai 2010, les ministres de l’industrie de l’Union Européenne ont demandé à la Commission de présenter des mesures d’ici un an visant à promouvoir ce type de véhicules, alors qu’en France une fédération d’entreprises privées, publiques et de collectivités locales négocie avec plusieurs constructeurs automobiles la commande de 23.000 véhicules électriques. Le Mondial de l’Automobile qui s’ouvre le 2 octobre prochain sear l’occasion de dévoiler les nouveautés en la matière. Les résultats de l’enquête montrent qu’un consensus très large traverse la société française au sujet de la voiture électrique : 86% des Français pensent qu’il faudrait encourager davantage la commercialisation de ces véhicules. Ce consensus est d’autant plus affirmé par le taux de personnes répondant « Oui, tout à fait » à cette question : 53%, soit plus d’un Français sur 2, alors que seuls 6% répondent « Non, pas du tout ». L’analyse par critères sociodémographiques (âge, profession, sexe, catégorie d’agglomération, revenus) ne révèle pas de clivages forts : ce sont toujours entre 8 et 9 personnes sur 10 qui pensent que l’on devrait encourager davantage la commercialisation des voitures électriques, mais de légères variations peuvent toutefois être observées : 48% des femmes ont ainsi répondu « oui, tout à fait » contre 58% des hommes (10 points d’écart) ; 42% des personnes résidant dans une agglomération de 2.000 à 20.000 habitants ont donné la même réponse, soit le taux le plus bas de l’enquête, contre 59% des personnes résidant dans une agglomération de plus de 100.000 habitants et enfin 49% des personnes ayant un niveau d’études inférieur au Bac, contre 57% des personnes ayant au moins le Bac. Les personnes ayant un niveau de revenu mensuel pour leur foyer de moins de 1.200€ (51%) et entre 1200€ et moins de 2000€ (52%) sont une courte majorité à s’être prononcé pour le « Oui, tout à fait », contre un taux de 56% pour les personnes ayant des revenus de plus de 2000€. Quant à savoir si les Français achèteraient une voiture électrique si ces dernières étaient à un prix équivalent aux modèles classiques, 69% se déclarent prêts à le faire, alors que 28% seulement choisiraient un véhicule classique. Comme pour la question précédente, malgré quelques différences selon les critères sociodémographiques, les taux de personnes se déclarant prêtes à acheter un véhicule électrique si ces derniers étaient au même prix que les voitures classiques reste de l’ordre de 6 personnes sur 10. Notons toutefois une légère influence de la catégorie socioprofessionnelle, les catégories dites supérieures (CSP+) se montrant encore plus enclines à acheter une voiture électrique. Ainsi, ce sont les cadres qui paraissent les plus motivés (78% contre 67% des employés, 69% des ouvriers et 71% des professions intermédiaires). De la même manière, le taux de répondants privilégiant la voiture électrique évolue avec les revenus : 65% des personnes dont le revenu mensuel pour le foyer est de moins de 1200€, 67% des personnes dont le revenu mensuel se situe entre 1200€ et moins de 2000€, 70% des personnes dont le revenu se situe de 2000€ à moins de 300€ et enfin, plus des ¾ des répondants ayant un revenu mensuel de plus de 3000€ (76%). Dans la même logique, on observe enfin un léger écart lié au niveau d’études : 73% des sondés ayant un niveau d’études égal ou supérieur au Bac opteraient pour une voiture électrique contre 59% seulement des personnes non diplômées. Le développement de la voiture électrique apparaît donc largement soutenu par les Français, une proportion importante déclarant être prête à s’y convertir si leurs prix étaient similaires à ceux des voitures classiques. Reste à savoir quelle est la part d’intentions réelles et de réponses « politiquement correctes » à ces questions. Enfin, de toute évidence, le prix constitue encore un frein à la démocratisation de ces véhicules : pour preuve, ils séduisent pour le moment d’avantage les catégories les plus aisées.

 

Note technique : Sondage réalisé pour Métro par LH2 – Dates de réalisation : 10 et 11 septembre 2010 – Echantillon : 962 personnes, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus – Mode de recueil : Téléphone.

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David Naulin
David Naulinhttp://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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