La luzerne, au profit de notre qualité de vie

« Notre façon de nous nourrir et notre mode de vie ont une influence majeure sur notre état de santé… l’agriculteur a un rôle majeur en terme de préservation de la planète et de vitalité des territoires. En Europe, la Politique agricole commune s’oriente vers des aides conditionnées à des pratiques respectueuses de l’environnement ».

Guide de la semaine du Développement durable 2006
Ministère de l’Ecologie et du Développement durable

Partenaire de la Semaine du Développement durable, « la luzerne » est véritablement la plante qui bonifie notre environnement, qui participe à la qualité de nos productions animales tant en viandes qu’en produits laitiers et qui nous préserve des importations massives de soja américain et brésilien au profit de notre indépendance alimentaire. En fait, tant au niveau agronomique qu’au niveau énergétique, la luzerne est le symbole d’une agriculture durable capable de valoriser les agriculteurs auprès des consommateurs.

« Dans un contexte de crise du pétrole et de l’énergie, la luzerne a une carte à jouer pour réduire les utilisations d’énergies fossiles » a déclaré Christian HUYGHE, Directeur de Recherche à l’INRA, lors de la conférence de Presse du 31 mai dernier.

En effet, grâce à la symbiose avec une bactérie « Sinorhizobium meliloti » qui vit sur ses racines, la luzerne a la capacité de fixer l’azote atmosphérique. Elle ne nécessite donc pas d’engrais et, bien au contraire, elle enrichit les sols au profit des cultures suivantes.

Par ailleurs, la luzerne qui est une légumineuse, avec ses racines profondes (jusqu’à 5 m) est capable de pomper les nitrates du sol, de l’aérer et d’améliorer sa structure. Elle est peu sensible à la sécheresse. C’est aussi une culture pérenne qui est mise en place pour 3-4 ans et que l’on fauche régulièrement. Cela permet de prévenir l’érosion des sols mais surtout de préserver la « biodiversité » de nos écosystèmes : hétérogénéité des paysages, zone de refuge pour la faune (oiseaux, lombrics…) et notamment des abeilles pour une meilleure pollinisation des plantes, etc.

Au final, cette luzerne est très riche en protéines végétales, en fibres, en vitamines, en béta-carotène, et en oligo-éléments. Elle est très appréciée par les éleveurs pour assurer aux troupeaux (bovins, moutons, chèvres, lapin, etc.) une alimentation équilibrée, une meilleure digestibilité pour une meilleure qualité de production de lait ou de viande dans le respect du bien-être animal.

Sur 350 000 hectares de luzerne en France, environ le tiers est déshydraté. Ainsi, le SNDF – le Syndicat National des Déshydrateurs de France – regroupe une quarantaine de coopératives ou de sites de production qui permettent de fabriquer la « luzerne déshydratée ». Que ce soit en fibres longues ou en bouchons, cette luzerne peut alors être transportée dans toutes les régions d’élevage et stockée par les éleveurs notamment pour la période hivernale.

Les nouveaux process de déshydratation permettent non seulement de conserver toutes les qualités nutritionnelles de la plante mais ils intègrent de plus en plus les économies d’énergie. Ainsi à la Coopérative la CODEMA en Mayenne (qui regroupe 500 éleveurs), cette déshydratation est effectuée grâce à du biogaz en provenance d’un site de stockage et de traitement des déchets ménagers.

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