Fos-sur-mer : Faut-il choisir entre développement du transport fluvial et protection de la biodiversité ?

Le projet stratégique du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) prévoit, aux échéances de 2013 et de 2020, de nombreux aménagements sur sa Zone Industrialo-Portuaire de Fos-sur-Mer. De lourdes infrastructures logistiques et industrielles sont notamment envisagées sur des sites inventoriés en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et classés en Zone de Protection Spéciale (ZPS). La fédération France Nature Environnement (FNE) et sa fédération régionale URVN (membre du conseil de développement du grand port maritime de Marseille) seront vigilantes quant à l’aménagement de ces espaces situés sur le territoire du GPMM, qui, pour beaucoup, sont d’une richesse avifaunistique et floristique considérable.

Pour exemple, le projet actuel de liaison fluviale reliant la Darse 2 au Rhône, qui pourrait constituer une alternative au transport routier, se situe dans la zone des Salins du Caban qui est classée en ZPS et fait partie du site Natura 2000 « Marais entre Crau et Grand Rhône » (code FR931 2001). Le creusement d’un canal passant en plein cœur de cette ZPS conduirait à de nombreuses destructions. L’endroit abrite en effet quelques 90 % des surfaces connues en France de l’Althénie filiforme, une espèce protégée endémique du nord du bassin méditerranéen. Le site du Caban est d’autre part le seul en France où se rencontre la charophyte Tolypella salina, redécouverte ici alors qu’on la croyait disparue de notre pays depuis une trentaine d’années et le site est, pour cette même espèce, la 7ème station connue au monde.

L’URVN est favorable au développement des transports propres tels que le ferroviaire, le fluvial, et les pipelines sous réserve d’une minimisation de leurs impacts sur l’environnement. Or l’aménagement du site du Caban, tel qu’il est prévu actuellement, revient à condamner à grande échelle des espèces sensibles et à détruire des zones naturelles d’une incroyable diversité, constituant alors la perte d’un patrimoine naturel exceptionnel que nous ne pouvons tolérer.

En vue de prévenir les contraintes induites par la richesse écologique du site, nous demandons à l’Etat de fournir des solutions alternatives à ce projet et de l’abandonner en l’état actuel. Plus largement, nous demandons au GPMM de se lancer dans une réelle politique de développement durable sur l’ensemble de ses projets en s’inscrivant dans une dynamique d’Agenda 21 conciliant les aspects économiques, sociaux et environnementaux et en instaurant sur l’ensemble de son territoire un projet de Trame Verte et Bleue afin d’« enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation et à la restauration des continuités écologiques entre les milieux naturels ». FNE et URVN souhaitent que le GPPM prenne en compte d’autres options et restent disponibles pour participer à l’évaluation des tracés alternatifs.

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