Nous sommes nombreux à penser que les pesticides ne jouent qu’un rôle secondaire dans l’effondrement du vivant, puisqu’ils sont contrôlés par des organismes de confiance. Nous croyons aussi que le changement climatique liés à nos émissions de CO2 et la dégradation des sols par l’artificialisation ou la monoculture intensive sont avec la déforestation associée les principaux moteurs de la 6ème extinction de masse que nous constatons année après année. Mais à la lecture du livre « La disparition du vivant & moi« , nous retrouvons le bon sens. Hélène Grosbois nous montre, à l’appui de nombreux travaux scientifiques, que le premier responsable de cette extinction massive sont les pesticides, produits pour tuer le vivant …

Pour réagir de façon appropriée à la crise écologique actuelle, il faut comprendre ce qui en est à l’origine. Quelles sont les causes de la sixième extinction de masse dans laquelle nous sommes entrés ? Le réchauffement climatique est-il vraiment l’unique coupable ?
Cet ouvrage synthétise l’histoire du Vivant et de sa disparition, le problème éthique et philosophique lié et les solutions adaptées, par le biais d’une approche systémique, seule valable face aux défis contemporains.
Hélène Grosbois, son autrice, jeune femme passée du monde de la finance à l’agriculture biointensive, incarne les changements indispensables à mettre en place pour arrêter l’effondrement du Vivant, recréer de la biodiversité et un monde souhaitable. Animée par un désir bouillonnant de comprendre la crise écologique et épaulée par des chercheurs reconnus, elle dresse ici un panorama sans appel de la catastrophe en cours, pointant du doigt les mécanismes politiques et éthiques viciés tout en proposant des solutions simples mais majeures.


Les faits relevés par Tomas Derville
- Les pesticides sont de plus en plus toxiques car de moins en moins efficaces puisqu’ils provoquent de la biorésistance
- La chute vertigineuse du nombre d’insectes (-78% en 27 ans)
- Cancer multiplié par 2 en 30 ans (1990-2020), alors que la consommation de tabac et d’alcool est en baisse.
- La perte de biodiversité est fortement liée à l’usage des pesticides : la France a connu, au XIVᵉ siècle, des périodes où il ne restait que 10 % de forêts (contre 30 % aujourd’hui), mais la diversité du vivant y était pourtant bien supérieure.
« Je me réjouis de cette lecture, car ça a été un déclencheur pour diminuer ma consommation de pesticides, qui par ailleurs me fera gagner en espérance de vie. Et sur le plan professionnel, c’est également une mine d’or pour enrichir mes formations sur la transition écologique. »
En termes de claque existentielle,
Tomas Derville, Fondateur de Camas Transition – Conseil en décarbonation
je mettrai 10/10.


Tous contaminés ! Et personne n’en parle ?! – Hélène Grosbois | LIMIT
Vous mangez du poison – Hélène Grosbois | LIMIT
Détourner le problème : la stratégie préférée des lobbys de l’agrochimie
Les lobbys utilisent des stratégies nommées les 10 D. La différence des lobbys de l’agrochimie, par rapport à tous les autres lobbys, est qu’ils n’utilisent pas principalement Deny (nier le réchauffement, son origine – l’humain – et ses causes – brûler des énergies fossiles) mais Deflect (générer un flou, un doute et une charge mentale comme les marchands de tabac) et, encore plus subtil : ils remettent la faute sur les autres lobbys historiques : le tabac, l’amiante, le radon, le pétrole, le réchauffement etc…
- DEFLECT – Détourner le problème : « Le problème c’est les labours, les espèces invasives, le réchauffement climatique, les agriculteurs qui utilisent mal les produits, les chats, les écrans, les médicaments, les microplastiques, l’artificialisation, les poêles Tefal, les pneus, les vaccins, … ». Bref, ça n’est pas les pesticides le problème et si ça l’est, c’est de manière marginale. C’est« multifactoriel ».
- DELAY – Repousser les décisions : « Il faudrait faire plus de recherches, plus de mesures, de rapports, de guidelines », pendant ce temps on ne légifère pas, et on cherche le supposé problème que tout le monde connaît déjà et on fera des choses mais en 2030, 2050, 2100… On se demande « Comment on va nourrir 10 milliards d’êtres humains en 2050 ? », alors qu’on produit actuellement de quoi nourrir 11 milliards d’êtres humains. « On dit qu’on réduira de moitié les pesticides en 2030 et on arrêtera en 2050 », alors que toutes les filières existent en bio. Le problème est pour les générations futures afin de nous détourner de l’extinction présente.
- DENY – Nier la réalité : On finance la recherche qui va dans le sens du narratif souhaité et on ne finance pas ce qui dérange. « Non, Les pesticides ne sont pas du tout à la base de l’extinction, ni de l’empoisonnement global ». « La bio ne va pas nourrir le monde ». « Pas d’interdiction sans solutions ».
- DISCOUNT – Réduire l’importance du sujet : « Oui, il faut réduire les pesticides, mais il y a encore plus grave, comme le réchauffement climatique et les labours. »
- DECEIVE – Tromper: en cadrant de manière biaisée le problème et en orientant la façon dont il est traité sur les symptômes et non pas la racine du problème. Par exemple en silotant les problèmes : en ne parlant que du sol, alors que la biosphère est une et indivisible.
- DIVIDE – Diviser les opposants : notamment avec tout le discours autour du carbone qui nécessitera toujours plus de chimie et parachèvera à une vitesse record l’extinction,
- DULCIFY – Adoucir : en faisant des mini concessions: on fait des aires protégées, de la conservation, le label HVE, les jachères, en coupeant les haies plus tard, la tonte raisonnée, les lumières nocturnes, les couverts en interculture. Tant que l’on n’arrête pas totalement les pesticides de synthèse, tout le reste est malheureusement inutile,
- DISCREDIT – Discréditer l’adversaire : en lui disant qu’il n’est pas rationnel (voire pseudorationnalisme), qu’il est un activiste, un écoterroriste pas réaliste, un dous-rêveur, qu’il n’est pas scientifique, qu’il va affamer le monde, (alors que ces produits sont faits pour tuer, cette explication pourtant se suffit à elle-même),
- DESTROY – Détruire : vous, votre organisation,
- DEAL – Négocier: en dernier recours accepter un compromis sur des choses ridicules telle la distance de pulvérisation: « Ok, on va passer de 10 mètres à 15 mètres » ou alors « Ok on retire ce produit » et pendant ce temps on en autorise 20 nouveaux.
Éléments de langage

Carte interactive des pesticides
La solution ? Interdire les pesticides de synthèse et réformer la recherche scientifique
POURQUOI INTERDIRE TOTALEMENT LES PESTICIDES ?

Parce que pour Chemical Interests les pesticides sont des poisons toxiques qui sont à la racine de la sixième extinction de masse ainsi que de l’immense majorité des désordres écologiques, de la catastrophe sanitaire des 50 dernières années, ainsi que de l’effondrement global de la fertilité et des capacités cognitives, nous condamnant d’autant plus. La persistance et la très haute toxicité des pesticides exigent que nous arrêtions le plus rapidement possible afin de ne pas atteindre une contamination globale condamnant définitivement la vie sur Terre telle qu’on la connaît depuis quelques centaines de millions d’années. Chaque gramme supplémentaire nous enfonce un peu plus dans la sixième grande extinction de masse de manière irrémédiable et pour des périodes allant de quelques siècles à l’éternité.
Tout peut être cultivé en Bio,
sans produits de synthèse.
Toutes les filières existent en bio, et ce, depuis toujours en réalité. Cela fait 12 000 ans que l’on pratique une agriculture biologique et la production mondiale de nourriture est en surproduction massive (on produit actuellement de quoi nourrir 11 milliards d’humains).
Il ne s’agit pas ici des barrières techniques mais de barrières mentales qui reposent sur des systèmes de croyances biaisés par le narratif de l’agrochimie. Il s’agit d’une question de volonté politique et, en démocratie, de soutien populaire : il faut donc mettre le sujet sur la table et le faire remonter à sa juste place dans l’inconscient collectif
Il est également indispensable pour Chemical Interests de réformer la recherche en profondeur afin de lui redonner son indépendance, sa transparence et de la remettre au service de l’intérêt public.
INTERDIRE LES FINANCEMENTS PRIVÉS
- Interdiction des financements privés dans la recherche a fortiori à enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux telles que la toxicologie, l’épidémiologie, l’écologie, les études climatiques ou la recherche médicale ne doivent pas dépendre de financements industriels (p. ex. agrochimie, tabac, pharmaceutique). Il serait bon de ne pas jouer avec la vie de nos concitoyens.
- Création d’un fonds public indépendant, alimenté par une taxe sur les entreprises à risques et géré par une autorité scientifique autonome sans lien avec les financeurs.


