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Au cœur de la problématique Achats et Développement Durable

Effet de mode ou tendance durable ?

L’opinion de David Khuat-Duy, Ivalua :

Au cœur de la problématique Achats et Développement Durable
Même si le développement durable est un concept qui a maintenant une vingtaine d’années, il n’a réellement pris son essor en Europe dans l’entreprise qu’au cours des 5 dernières années.

D’abord considéré comme un effet de mode ou un « gadget de communication » par certains, il s’est rapidement imposé comme un thème incontournable ayant des impacts potentiels dans toute l’entreprise : de la conception des produits à leur mode de transport, en passant par la politique sociale ou encore le marketing et la communication produits, la plupart des entreprises ont élaboré leur propre politique Développement Durable visant à améliorer leurs performances internes et à se « positionner » en tant qu’entreprise « responsable ».

Pourquoi l’engagement des Directions Générales est-il décisif pour la mise en place d’une Politique Achats Développement Durable ?

Depuis 2002 et l’obligation de publication d’un rapport Développement Durable (loi NRE) en France, les Directions Générales prennent conscience de nouveaux enjeux et introduisent des changements opérationnels au sein de l’entreprise, avec notamment la prise en compte du développement durable dans les achats. La pérennité de l’entreprise et la gestion des risques en sont les motivations principales. Mais le développement durable peut également présenter pour les entreprises une opportunité de repositionner leur cœur de métier et de se démarquer de la concurrence.

Aujourd’hui, les Directions Générales s’engagent dans un processus Développement Durable dans lequel elles veulent suivre, analyser et surtout comparer des indicateurs DD par segment d’achats, par fonction/entité/site. Pour cela, de plus en plus de ressources y sont consacrées : la nomination de relais ou correspondants DD dans tous les services, y compris les achats, la définition d’indicateurs spécifiques et l’adaptation d’outils d’évaluation des actions d’achats.

L’engagement des Directions Générales devrait permettre d’encourager une vision achats long terme intégrant l’approche « coût global d’acquisition » et soutenant des relations fortes avec les fournisseurs stratégiques.

Pourquoi les fournisseurs sont-ils concernés ?

Jusqu’alors relativement tenus à l’écart des politiques d’entreprise Développement Durables, ils deviennent petit à petit une composante incontournable d’une stratégie Développement Durable, sous plusieurs effets combinés :

l’entreprise est de moins en moins considérée comme une entité juridique strictement délimitée, mais comme un acteur au sein d’un écosystème (salariés, clients, fournisseurs, riverains, pouvoirs publics …) sur lequel elle agit au quotidien. Elle porte donc à ce titre une réelle responsabilité dans la qualité de la relation et le devenir de ses fournisseurs.

l’accélération de la mondialisation inscrit les entreprises occidentales dans une tendance de fond de délocalisation et/ou de sous-traitance de leurs activités de production ainsi que de sourcing vers les pays à bas coûts, ce qui soulève des problématiques nouvelles d’éthique du travail (travail des enfants, travail forcé, …), de respect de l’environnement, de qualité des conditions de travail et de dialogue social.

Quels enjeux pour les entreprises ?

La maîtrise de la performance Développement Durable des fournisseurs en terme de pratiques et de produits devient donc un enjeu d’autant plus important pour les entreprises que :

les risques de détérioration de l’image de l’entreprise sont très forts en cas de révélation de mauvaises pratiques « déportées » sur ses fournisseurs dans des pays où la réglementation est encore inexistante ou insuffisante. A contrario, une politique Développement Durable ambitieuse est de plus en plus un élément différentiant mis en avant par les entreprises, voire même un réel avantage compétitif.

elles affichent des engagements forts à l’échelle globale, mesurés par des indicateurs de performance qui sont déjà publiés annuellement, et qui seront de plus en plus audités et certifiés par un tiers extérieur.

Contrairement aux idées reçues, une politique Développement Durable respectée par ses fournisseurs peut être source d’économies supplémentaires directes et de stabilité dans la relation, notamment en terme d’utilisation de matière premières, de recyclage, de non-conformité des produits ou encore de pérennité de l’entreprise

Un levier de progrès « imposé » à moyen terme pour les pays à bas coûts ?

Du fait de l’intégration croissante de critères Développement Durable dans les Appels d’Offre internationaux émis par les sociétés occidentales, on peut faire l’hypothèse que, faute de normes imposées par les pouvoirs publics, les entreprises de ces pays à bas coûts comprendront que c’est un élément clé pour « remporter » de nouveaux contrats, pour augmenter leurs tarifs, et pour répondre aux exigences sociales croissantes de leurs employés. On peut faire alors le pari que les pouvoirs publics locaux, sous la pression de leurs entreprises et des syndicats émergents, seront moteurs pour la mise en place de règlementations et de normes visant à protéger l’environnement et les conditions de travail.

La mondialisation pourrait ainsi avoir un effet tout à fait bénéfique à moyen terme en permettant l’adoption accélérée par les pays à bas coûts de standards Développement Durable occidentaux sous la pression des multinationales donneurs d’ordre !

(…)

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