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Humain - Contribution Sociale
Rencontre avec la présidente de Sea Shepherd

Lamya Essemlali : des milliers de dauphins sont sacrifiés chaque année en France pour satisfaire notre appétit de poisson

Entretien avec la "pirate" devenue vegan

mercredi 26 octobre 2022
Posté par David Naulin

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Chaque année, près de 10 000 dauphins sont tués par la pêche commerciale le long de la côte atlantique française. A l’occasion de la sortie du film CAUGHT qui dénonce des “captures accidentelles” bien trop nombreuses nous avons rencontré Lamya Essemlali, Fondatrice et Présidente de Sea Shepherd France.

"On s’est rendu compte avec la campagne Dolphin by Catch que plein de gens ne savent même pas qu’on a des dauphins en France" se désole Lamya Essemlali. "On n’a pas le droit, citoyen et citoyenne de ce pays, d’être à ce point déconnecté de l’océan."

"Si le poisson qui est dans votre assiette n’est pas une nécessité vitale pour vous, le meilleur service que vous puissiez rendre à l’océan, c’est de laisser ce poisson dans l’océan" estime Lamya Essemlali. En tout cas c’est la seule solution si vous souhaitez sauver les dauphins !



Comment devient-on une pirate à la tête de Sea Sheperd France ?


Lamya Essemlali : On le prévoit pas. On planifie rien. J’ai juste suivi ma petite voix. C’est à dire que j’avais envie de m’engager pour la planète. Notamment pour l’océan, parce que j’ai été extrêmement touché et inspiré par le discours de Paul Watson que j’ai rencontré en 2005 à Paris.

Ensuite j’ai mis un doigt dans l’engrenage. Donc j’ai commencé sur les bateaux et les choses se sont faites complètement naturellement. De fil en aiguille, ça a pris des proportions importantes que j’aurais jamais pu imaginer auparavant.

D’où vient votre fibre écologiste ?


Lamya : Depuis toute petite, j’aime les animaux. Je n’ai jamais compris cette différence qu’on pouvait faire dans la hiérarchie de la souffrance. Mais je ne conscientisais pas forcément ça. J’ai grandi dans un environnement très éloigné des préoccupations environnementales. Je n’ai pas parmi mes proches de personne engagée. C’est la vie qui a placé Paul Watson sur mon chemin. C’est aussi parce que j’ai été le chercher. Je me suis sérieusement posé la question de savoir ce que j’avais envie de faire de ma vie. La réponse m’a paru de manière évidente. J’avais envie de m’engager pour cette planète et mes choix et rencontres ont découlé du fait que j’ai écouté cette petite voix.

Est ce qu’il y a une constante qui vous anime personnellement ?


Lamya : Ce qui m’a toujours animé, c’est ce besoin irrépressible de faire tout ce que je peux, à ma mesure en tout cas, pour rendre ce monde un peu meilleur. Pour compenser un peu tout le mal et la destruction du monde dont nous sommes responsables.

Me sentir utile dans l’action a été pour moi plus qu’une motivation. Une nécessité.
À partir du moment où on prend conscience de la gravité de la situation, on accepte notre responsabilité collective en tant qu’espèce, seule responsable d’une crise d’extinction massive.

Agir à mon sens est indispensable. Soit on fait la politique de l’autruche et on nie tout en bloc parce que c’est trop dur. Soit on déprime complètement.
Mon meilleur antidépresseur, c’est l’action. C’est me sentir utile.

Pour moi, Sea Shepherd est l’outil le plus efficace que j’ai trouvé. Un outil au service d’une cause qui le dépasse : la protection de l’océan.


Comment avez vous vécu ou vivez vous vos missions à bord d’un bateau ? Est ce que c’est plus difficile pour une femme ?


Lamya : C’est vrai que dans l’univers des marins, les femmes sont globalement sous représentées. Au niveau de Sea Shepherd, on est quand même bien présentes avec 30 % d’équipages féminins. On a des femmes à tous les postes clés : capitaine, chef, mécano, chef de pont... Non, à mon sens, il n’y a pas de différence du tout.


Sea Shepherd a repris les codes de la piraterie pour son image ?


Lamya : Oui, c’est une adaptation du fameux drapeau de pirate dont les os humains ont été remplacés par le Trident de Neptune qui symbolise la combativité et le bâton de berger qui symbolise la protection. C’est l’ADN de Sea Shepherd. Sea Shepherd signifie "Berger de la mer". Le côté pirate, c’est le côté rebelle de Sea Shepherd, qui sort des sentiers battus. Qui n’a pas d’autre patron que l’océan et les animaux marins. Au final, c’est eux qu’on défend.

Quel message donneriez vous à un jeune aujourd’hui qui voudrait s’engager à vos côtés ?


Lamya : C’est simplement de s’écouter. Il y a de la place pour tous ceux qui ont envie de s’engager et qui ont un état d’esprit qui va bien. C’est à dire être là pour les bonnes raisons : protéger l’océan et avoir de la détermination. Savoir aussi à quoi on s’engage. C’est pour ça que pour une mission, on signe un papier qui stipule que, en connaissance de cause, on accepte potentiellement de risquer sa vie. Pas parce qu’on est des candidats au suicide ou des kamikazes, mais parce que face à nous, il y a des gens qui n’ont pas forcément des limites que nous, on s’impose.

C’est quelque chose qu’il faut avoir à l’esprit pour ne pas se retrouver surpris le jour où on est dans des situations un peu compliquées. C’est ce que j’ai pu vivre d’ailleurs assez rapidement en Antarctique. C’est la première question que Paul Watson m’avait posée, quand je l’ai rencontré à Paris : « Est ce que tu es prête à risquer ta vie pour une baleine ? »

Je n’avais jamais vu de baleine à ce moment là. Mais pour moi, la réponse était évidente. C’est une chose de se dire ça quand on est à Paris. Quand on est sur le terrain avec un navire usine de 8000 tonnes qui vous fonce dessus et une houle de huit mètres en plein Antarctique et qu’on vous dit : « Bon, ben, il y a une collision dans deux minutes, tous en combinaisons de survie ». En gros, on a une minute d’espérance de vie dans l’eau. Voilà, il faut savoir pourquoi on est là.

Il y a plein de façons de rejoindre Sea Shepherd. On a des gens qui sont extrêmement importants pour le développement de l’association et qui s’engagent près de chez eux. Il y a pléthore de façons de s’engager et c’est ça qui fait aussi la force du mouvement. On n’est pas obligé de partir à l’autre bout du monde et de risquer sa vie en mission.


Ces missions sur le terrain sont parfois dangereuses. La question de Watson est claire. D’où vient votre détermination ?


Lamya : D’abord d’un besoin de justice. Finalement, la question que vous me posez, on pourrait la poser à un pompier ou à tous ceux qui vont risquer leur vie pour une cause qui leur tient à cœur. Nous, c’est pour les mêmes raisons. C’est même pas particulièrement héroïque, c’est normal. C’est pour ça que je n’ai pas eu à réfléchir quand on m’a posé cette question.

Quelle est la menace la plus importante qui pèse sur l’océan aujourd’hui ?

Lamya : C’est la surpêche. Ces milliers de kilomètres de filets de pêche, pas du tout sélectifs, qui sont posés dans l’océan tous les jours.

Rien que dans le golfe de Gascogne, on estime à 45 000 kilomètres les filets qui sont posés en 24 h. C’est le tour de la planète. Avec des hauteurs de filets qui ont été multipliées par trois, en dehors de toute réglementation.

Ce sont des labyrinthes infranchissables pour les espèces marines. Aujourd’hui, la première menace qui pèse sur les mammifères marins, c’est la pêche et les engins de pêche. On parle de la pollution. C’est un vrai problème. La pollution plastique, sonore aussi, qui reste sous estimée. Mais de loin, la première reste la pêche et donc le poisson qui est dans nos assiettes.

Faut-il donc arrêter de manger du poisson pour sauver les dauphins par exemple ?

Lamya : Je ne sais pas. Mais, je sais que ça marche pas trop de dire il faut ou il ne faut pas. Par contre, moi, quand on me demande ce qu’on peut faire pour aider l’océan, ma réponse est simple : « si le poisson qui est dans votre assiette n’est pas une nécessité vitale pour vous, le meilleur service que vous puissiez rendre à l’océan, c’est de laisser ce poisson dans l’océan. »

Etiez-vous déjà vegan lorsque vous avez rejoint Sea Shepherd ?

Lamya : Pas du tout. Moi, quand j’ai rejoint Sea Shepherd, je mangeais encore de la viande et du poisson. J’adorais les sushi. Et pourtant, j’ai toujours adoré les animaux. Mais j’étais dans une forme de dissonance cognitive dans laquelle on est très nombreux à être finalement.

Et j’avais beaucoup d’appréhension quand j’ai rejoint les bateaux de Sea Shepherd. Je me souviens que sur la première campagne en Antarctique, j’appréhendais plus d’être végane pendant deux mois que d’aller affronter les baleiniers japonais. Je pensais manger de la salade tous les jours ! En fait, j’ai découvert un univers culinaire que je n’imaginais pas. On n’a pas le droit d’avoir des carences quand on travaille sur le pont en Antarctique, on a intérêt à être en forme. On avait des soirées à thème. Je me souviens de la soirée italienne. J’étais sceptique parce que faire des pizzas sans viande, sans fromage ... Et en fait, on a eu sept pizzas différentes, toutes plus bonnes les unes que les autres. Les pays anglo saxons ont un peu d’avance par rapport à nous là dessus. En France, la gastronomie française c’est la blanquette de veau, le bœuf bourguignon, les produits laitiers, charcutiers, et cetera…

On est en retard là dessus. Ça m’apparaît essentiel de proposer des alternatives bonnes si on veut vraiment que l’alimentation végétale prenne de l’ampleur. Et en même temps ce doit être un choix personnel. On a essayé de me culpabiliser alors que j’aimais les animaux. J’étais d’ailleurs pas très à l’aise avec le fait d’en manger. Heureusement que les bateaux de Sea Shepherd acceptent aussi les gens qui mangent de la viande et du poisson. Sinon je n’aurais jamais pu embarquer.

J’ai franchi le cap le jour où mon cheminement a abouti au fait que je me sentais trop hypocrite. J’avais le sentiment de me mentir à moi même. Pour moi, la planète, les animaux, tous ces enjeux là sont extrêmement importants. Ils font partie de moi. J’ai envie de faire partie de la solution plus que du problème. En sachant tout ce que je sais, soit j’arrête de manger des animaux pour des raisons éthiques et environnementales, soit je me tais et j’arrête de la ramener avec ce discours. J’ai eu un choix non négociable. J’aurais eu l’impression d’être une imposture, envers moi même. C’est ça qui m’a poussé à arrêter de manger des animaux.

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J’ai appris avec le film CAUGHT qu’environ 10 000 dauphins se retrouvent dans les filets des bateaux français...


Lamya : Ce sont des estimations. Oui, c’est beaucoup trop par rapport à ce que la population de dauphins peut supporter. C’est beaucoup plus que les massacres de dauphins aux îles Féroé et au Japon combinés. Le problème, c’est que ça ne se voit pas. Ça se passe en mer et les dauphins meurent dans des souffrances innommables. Ils meurent asphyxiés, avec les vaisseaux capillaires des poumons qui explosent littéralement. Les scientifiques appellent ça la mort par agonie en profondeur, et ce n’est pas un bain de sang. Et si on n’avait pas les carcasses qui s’échouent sur les plages, ça passerait complètement sous les radars.

Les gens ne font pas le lien entre leur consommation et les dauphins sacrifiés. On est sur un enjeu qui concerne un animal charismatique.

Quatrième animal préféré des Français selon un sondage de Ipsos…


Lamya : Ha oui. Il a un capital sympathie à l’international. C’est un animal qui jouit d’une très bonne image et la problématique est sur le pas de notre porte. Si on n’arrive pas à faire bouger les lignes là dessus, je ne vois pas comment on va sauver quoi que ce soit. C’est le minimum vital.

C’est extrêmement difficile de sensibiliser les gens sur le sort des sardines ou des morues.

Les gens s’en fichent. Pourtant, on a un très bon bouquin qui s’appelle « A quoi pensent les poissons ? » sur la boutique de Sea Shepherd, dont j’ai préfacé la version française. C’est un livre basé sur de récentes découvertes scientifiques qui changent notre perception des poissons. Préserver les dauphins, c’est préserver leurs habitats et celui des espèces pour lesquelles il est difficile de susciter de l’empathie ou de la sensibilité.

Quelles sont vos revendications actuelles sur la question de la surpêche ?

Lamya : Nous voulons lever l’opacité sur ce qui se passe en mer. Loin des yeux, loin des consciences. Donc on milite pour qu’il y ait des caméras imposées à bord des bateaux de pêche. En Australie, c’est ce qu’ils font. Ça permet de mieux estimer l’impact réel de la pêche sur les espèces protégées. J’ai rencontré le ministre de la Transition écologique. Il m’a annoncé qu’il allait imposer une centaine de caméras sur une centaine de bateaux de pêche. C’est un bon début.

Dans vos films, on voit souvent les militants de Sea Shepherd se confronter à la colère des pêcheurs…


Lamya : C’est vrai qu’on a parfois des réactions agressives. C’est heureusement pas toujours le cas. On avait tendance à diffuser les images des patrouilles qui ne se passaient pas bien et on va, pour rééquilibrer, montrer aussi qu’il y a plein de fois où ça se passe bien.

Clairement aujourd’hui Il y a une surconsommation de poisson, en France aussi. A partir du mois de mai, on commence à consommer le poisson des autres, des pays en voie de développement principalement.

Donc on travaille en Afrique de l’Ouest sur les problématiques de surpêche. Tout est lié. Il faut réduire la consommation pour qu’il y ait assez de poissons dans l’océan pour les gens qui en ont un besoin vital. Le problème, c’est l’écrasante majorité de tout ceux qui n’en ont pas besoin mais qui vont manger des poissons comme ils vont manger des carottes, des pizzas ou des crêpes.


La principale action pour protéger les océans c’est donc d’arrêter sa consommation de poisson si elle n’est pas vitale ?


Lamya : C’est le moyen le plus accessible et immédiat, à la portée de chacun. Après, les responsabilités sont partagées. Il y a une responsabilité du consommateur, du pêcheur et des pouvoirs publics. Chacun se renvoie la balle. Les pêcheurs nous disent : « Non. Les gens veulent manger du poisson ». D’autres choqués disent que les pêcheurs sont des bourreaux : « C’est horrible ce qu’ils font. Moi, je veux manger du poisson mais pêché correctement. »

Mais en fait on en mange beaucoup trop, donc c’est pas possible. Et puis les pouvoirs publics nous disent : « écoutez les pêcheurs veulent bosser et les gens veulent manger du poisson. Nous sommes là pour satisfaire le plus grand nombre ».Que chacun prenne sa part de responsabilité.


Quelles sont les autres mesures qui pourraient être prises par le gouvernement ?


Lamya  : Il faudrait qu’il y ait des fermetures spatio-temporelles. Il faut moins de pêche mais aussi des engins de pêche plus sélectifs. Les engins de pêche capturent tout et n’importe quoi, des espèces pas du tout ciblées, des espèces vulnérables, des espèces hors quota. Il faut préserver certaines zones.

Il y a des mesures évidentes, comme l’interdiction de la commercialiser les espèces protégées interdites de capture. Le requin renard par exemple. Il est protégé, interdit de capture et vous en retrouvez des milliers sur les étals des poissonneries ou dans les restaurants. Il aurait été capturé "accidentellement". Qui dit ça ? Le pêcheur qui l’a pêché ?

On touche une incohérence là. Ce qui est avancé comme justification, c’est comme il a été capturé, autant ne pas le gâcher. C’est un raisonnement qui pousse à la capture "accidentelle". Si on devait appliquer ce raisonnement à tout le reste, des milliers de dauphins sont capturés, pourquoi est ce qu’on les retrouve pas sur les étals des poissonneries ?

Parce qu’avoir flipper le dauphin sur l’étal d’une poissonnerie en 2022, c’est pas possible.

Le requin, oui. C’est pas du tout rationnel ni scientifique. C’est n’importe quoi. Il faut revoir tout ça.

De quoi a besoin aujourd’hui le Berger de la mer ? Quelles missions sont en cours ?


Lamya : On a besoin de dons. Nous ne sommes pas du tout subventionnés. C’est uniquement monsieur et madame tout le monde qui nous financent. On a besoin de sang neuf. On a beaucoup de vétérans et c’est bien d’avoir des nouvelles personnes qui rejoignent le mouvement. On n’a ni campagne publicitaire ni campagne de communication. Les citoyens sont nos meilleurs ambassadeurs. Le bouche à oreille, ça fonctionne ...

Les médias relaient nos campagnes "coups de poing". Médiatiquement, elles font parler. Le but est de braquer les projecteurs sur des enjeux qui ont lieu dans l’ombre.

Avec le film Caught, on révèle la problématique de la capture des dauphins non résolue même si on avance. Et ce n’est pas encore gagné.

Grâce aux Z Event, on a pu avoir les fonds pour acheter enfin le bateau qui va nous permettre de patrouiller sur la façade atlantique. En plein hiver, la nuit, dans l’Atlantique, c’était compliqué avec un semi-rigide. Ce sont des patrouilles de 12h à 15 h. On va avoir les moyens d’aller sur les zones de pêche, face à des navires usines. On continue les missions anti-braconnage à Mayotte. On a pas mal de dossiers juridiques en cours. Et puis Sea Shepherd va bientôt ouvrir son premier centre de soins pour animaux marins.

Vous avez carte blanche, que souhaitez-vous dire ?


Lamya : Ce que j’ai envie de dire, c’est qu’en France, on a un rôle fondamental pour la préservation de l’océan. On a la deuxième plus grande surface maritime. 11 millions de kilomètres carrés. Et on s’est rendu compte avec la campagne Dolphin by Catch que plein de gens ne savent même pas qu’on a des dauphins en France.

Je cite souvent Eric Tabarly qui a très bien résumé la situation : « pour les Français, les océans, c’est c’est ce qu’ils ont dans le dos quand ils étalent leur serviette de bain sur la plage ». On n’a pas le droit, citoyen et citoyenne de ce pays, d’être à ce point déconnecté de l’océan.

J’aimerais que la protection de l’océan soit une grande cause nationale en France. Et j’aimerais que chacun et chacune s’empare du sujet parce qu’on a une responsabilité trop importante pour être à ce point laxiste et déconnecté.

Pour finir, est ce qu’il y a une femme qui vous inspire ?


Lamya : J’aime beaucoup Sylvia Earle parce que c’est une pionnière dans l’exploration des grands fonds marins. Elle est à la fois scientifique de très haut niveau et, en même temps, elle a une âme, une combativité, un engagement, un militantisme décomplexé et assumé. Je pense que ça manque un peu dans le monde scientifique.


Lamya Essemlali est aussi présente dans le documentaire "De l’assiette à l’océan". Dans ce film, la question centrale est "Et si notre alimentation pouvait sauver l’océan ?" La présidente de Sea Shepherd répond : "Il y a une équation insoluble. On est plus de 7 milliards, et 7 milliards d’êtres humains qui mangent de la viande et du poisson, ce n’est pas possible".


De l’assiette à l’océan : le documentaire qui sauve l’Océan à coup de fourchette



Voir en ligne : Le site Sea Shepherd

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