Au cinéma le 19 janvier 2011

La Pépinière du désert : au Maroc, ils se battent pour créer une alternative à l’immigration vers l’Europe

Sommaire : (masquer)

Ce film documentaire raconte l’histoire d’une rencontre entre deux Marocains, tous deux originaires de Bouarfa, une petite ville du sud-est du pays. Mostafa « le vieux » est depuis trente ans installé en France, dans une cité d’Évry, et revient pour les vacances ; Mostafa « le jeune », lui, s’est fait paysan dans le désert du Mengoub. Là où la misère grandit au rythme du sable, qui avance et dessèche les cultures, où faute de pouvoir gagner leur pain, les hommes ne trouvent plus à se marier et où les jeunes ne rêvent que d’une chose : partir. Les deux hommes se battent ensemble pour que leur rêve se réalise : faire sortir du désert une pépinière.

Au-delà de la performance horticole : faire pousser des arbres malgré les tempêtes de sable l’été et le gel l’hiver, au-delà de la performance matérielle : déployer des trésors d’ingéniosité pour bricoler des machines plutôt que de compter sur l’argent qu’ils n’ont pas pour les acheter, leur plus grande fierté serait à terme de donner du travail aux fils des fellahs de cette région déshéritée et de les empêcher ainsi de partir au péril de leurs vies vers les mirages de la riche Europe. En effet, l’aîné des Mostafa, sous son allure joviale, cache une fêlure : il y a quelques années, il a tenté de vivre dans un village de l’Essonne en reprenant le seul café du coin. Le racisme ordinaire a fini par l’en faire partir. Depuis, il considère son intégration en France comme un échec. Il veut désormais tout faire pour créer une alternative à l’immigration de plus en plus hasardeuse vers les pays riches, à fortiori depuis qu’ils sont en crise. « On va enraciner les jeunes en leur faisant aimer la terre » résume Mostafa le jeune. L’histoire se déroule au Sud-Est du Maroc, à quelques kilomètres de la frontière algérienne, dans le désert du Mengoub dont on a parlé il y a quelques années dans la presse parce qu’on y avait abandonné des africains qui tentaient de franchir clandestinement les barbelés des enclaves espagnoles pour rejoindre l’Europe. Avec leur pépinière, la contribution de ces deux hommes à l’arrêt de l’immigration est aussi minuscule qu’un grain de sable dans l’immense désert marocain mais c’est bien en cela que réside aussi la grandeur et la folie de leur projet qui ne tient qu’à leur seule volonté. A travers les tribulations de l’un entre la France et le Maroc et les péripéties que connaît l’autre sur place, le documentaire suit ces Don Quichotte des temps modernes qui n’ont pour lutter contre un problème d’économie mondiale que leur amour du travail de la terre, leur foi en l’homme, et en Dieu pour l’un d’entre eux, leur amitié profonde et leur optimisme chevillé au corps. Le réalisateur : Après l’École Louis Lumière, Laurent Chevallier devient assistant caméra notamment pour René Allio (« Retour à Marseille », 1980) et Jean-Jacques Beinex (« Diva », 1981). Il est ensuite cadreur puis, à partir de 1986, directeur de la photographie sur des films tels que « La Vengeance du serpent à plumes » (Gérard Oury, 1984) et « Les Spécialistes » (Patrice Leconte, 1985). Passionné de montagne, il fait de la traversée de l’Antarctique par Jean-Louis Etienne le sujet de son premier long métrage documentaire, « Au sud du sud » (1990). Il réalise ensuite aussi bien des documentaires (« Djembefola », 1991 ; « Circus Baobab », 2000 ; « Momo le doyen », 2007 ; « Expérience africaine », 2009) que des longs métrages de fiction (« L’Enfant noir », 1995 et « Ma vie sans Brahim », 2003).

 

Documents joints

Production : Arte France, Gedeon Programmes – Durée : 90′

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

Lire aussi

Les propositions d’Équilibre des Énergies pour une économie décarbonée, résiliente et compétitive

À l’approche de l’élection présidentielle, Équilibre des Énergies appelle...

Écologie préventive : pourquoi attendons-nous la catastrophe pour dépenser ?

Tribune Cdurable à Brice Masseix, entrepreneur, ancien élu local...

Ni assistés, ni profiteurs mais Citoyens à égalité de droits et devoirs : le temps est venu

Tribune Cdurable à Jaouad Zemmouri, physicien, professeur émérite à...

Newsletter

Sur Cdurable

Éric Viard, fondateur de Biovie, pour une alimentation végétale et vivante

Ni injonction à devenir végétarien, ni grand bouleversement du...

La consommation responsable est-elle morte ? Le discours s’essouffle, les pratiques résistent

Alors que chaque jour le volume des emballages recyclables...

Le mouvement ECHO sème les graines d’un nouveau paradigme

Comment impulser une évolution des mentalités et des comportements...

Les propositions d’Équilibre des Énergies pour une économie décarbonée, résiliente et compétitive

À l’approche de l’élection présidentielle, Équilibre des Énergies appelle les candidats à faire de l’énergie un pilier de leur projet économique, industriel et social....

Écologie préventive : pourquoi attendons-nous la catastrophe pour dépenser ?

Tribune Cdurable à Brice Masseix, entrepreneur, ancien élu local et citoyen engagé en Seine-et-Marne. Pourquoi attendre la catastrophe et l'urgence pour dépenser ? Il...

Ni assistés, ni profiteurs mais Citoyens à égalité de droits et devoirs : le temps est venu

Tribune Cdurable à Jaouad Zemmouri, physicien, professeur émérite à l'Université de Lille, auteur de Citoyens, pas assistés. Parce que le temps est venu d'être...