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Une série documentaire en huit volets diffusée sur Arte du mardi 27 au jeudi 29 novembre 2012

L’initiative Why Poverty ? entend susciter un débat mondial autour de la pauvreté au XXIe siècle

Huit heures qui démêlent les causes de la misère aux quatre coins du globe et recherchent des solutions...

mercredi 21 novembre 2012
Posté par David Naulin

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Cinq ans après la collection Why democracy ?, ARTE s’associe de nouveau à un projet international pour, cette fois, interroger la pauvreté qui touche la planète par le biais de huit documentaires riches d’enseignements.



"Tant que subsiste la pauvreté, il n’y a pas de vraie liberté." Si Nelson Mandela, qui a inlassablement combattu l’apartheid en Afrique du Sud, s’est depuis longtemps engagé dans la lutte contre la pauvreté, les Nations unies ont choisi la symbolique année 2000 pour définir les "objectifs du millénaire pour le développement" et y inscrire l’endiguement de la misère dans le monde. Une décennie plus tard, où en est-on ? Quels progrès a-t-on pu observer ? Quel chemin reste-t-il à parcourir ? Initié par l’ONG Steps International (dont le siège est au Danemark) et un groupe de chaînes de télévision publique rassemblant notamment ARTE, la BBC, la ZDF, l’ORF, DR (Danemark), NHK (Japon) ou encore SVT (Suède), le projet Why poverty ? entend susciter un grand débat sur ces questions, partout autour du globe.

Du mardi 27 au jeudi 29 novembre 2012 sur Arte

De la marchandisation de l’éducation en Chine au pillage des ressources naturelles de l’Afrique par les multinationales en passant par l’activisme de certaines célébrités ou la naissance d’initiatives prometteuses comme le Barefoot College, qui forme des femmes à l’ingénierie solaire, cette collection documentaire réunit huit films, confiés à des réalisateurs du monde entier. Seule manquait une dimension européenne : pour y remédier, ARTE a spécialement coproduit le documentaire de Lourdes Picareta, La fabrique de pauvres, qui met en lumière l’inquiétante explosion du nombre de démunis sur l’Ancien Continent.

Une série documentaire en huit volets diffusée sur Arte du mardi 27 au jeudi 29 novembre 2012

Afin de créer une véritable dynamique internationale, ces films seront retransmis simultanément, fin novembre, par plus de soixante-dix chaînes de télévision sur les cinq continents. ARTE, qui les diffuse du mardi 27 au jeudi 29 novembre, a par ailleurs conçu un dispositif crossmedia pour leur donner le maximum de visibilité. Sur le site Internet de la chaîne, de nombreux dossiers informatifs, avec interviews, vidéos et graphiques interactifs, seront mis en ligne, mettant l’accent sur la pauvreté en Europe.

 Mardi 27 novembre à partir de 20h50

Une soirée animée par Emilie Aubry. Bande annonce :

20h50 : DONNEZ VOTRE ARGENT ! – BOB GELDOF ET BONO : Un examen contradictoire du lobbyisme artistique en faveur du développement du tiers-monde.

Bono

Stars du rock et de l’humanitaire depuis trente ans, Bob Geldof et Bono décrivent le lobbyisme, les manifestations artistiques et les discussions de couloir auxquels ils se livrent pour attirer l’attention des hommes politiques sur la misère du tiers-monde. Tantôt graves, tantôt amusés, les deux musiciens irlandais, auxquels se joint le milliardaire Bill Gates, racontent comment les people exploitent le goût des responsables politiques pour les paillettes et les feux de la rampe. Mais alors que leur influence grandit, des critiques s’élèvent. L’économiste Dambisa Moyo et l’opposant éthiopien Gebru Asrat font entendre une voix différente. Des campagnes comme "Live aid" ou "Make poverty history" ont permis la levée de milliards de dollars contribuant à l’annulation des dettes des pays en développement. Mais ces chefs-d’œuvre de communication ont-ils réellement favorisé le développement des économies africaines ? Les militants du continent noir sont-ils prêts à voler de leurs propres ailes et... dans les plumes de leurs dirigeants corrompus ?

21h50 : PAUVRES DE NOUS. Du Néolithique à la crise actuelle du capitalisme, une histoire de la pauvreté éclairée par les propos d’experts renommés. Dans ce documentaire de Ben Lewis, historiens et économistes, dont Joseph Stiglitz, lauréat du Nobel d’économie, décrivent les multiples facettes de la misère selon les époques et les régions du monde. Aux temps préhistoriques, l’extrême précarité était le lot commun de tous les chasseurs-cueilleurs tandis qu’au Moyen Âge, elle semble devenir le moteur du système, avec la charité comme seul remède. La pauvreté seraitelle la conséquence des déprédations et de la colonisation ? L’internationalisation des échanges et l’industrialisation seraient-elles à la racine du mal ? Des séquences d’animation viennent illustrer cette odyssée chronologique. Le film met en scène de multiples personnages plus pauvres les uns que les autres, et nous confronte à la misère moderne et à son origine principale : les inégalités...

22h45 : LA FABRIQUE DE PAUVRES. Comment expliquer l’explosion du nombre de pauvres en Europe ?

11 millions en Allemagne, 9 millions en France : c’est le nombre de personnes, comprenant de nombreux enfants, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté dans ces deux pays, pourtant parmi les plus riches d’Europe. Cette misère n’est ni un choix ni une fatalité. Elle est le produit d’un changement de paradigme économique et politique ayant débouché sur un nouveau système. En Allemagne, des mères de famille jonglent entre des allocations chômage dérisoires et des "minijobs" à 400 euros. Dans les cités françaises, l’ascenseur social est en panne. En Espagne, les services sociaux sont asphyxiés par la baisse des crédits et des familles endettées se retrouvent à la rue alors même que les banques ne parviennent plus à vendre les logements vacants qu’elles ont saisis. Autant de témoignages qui illustrent une pauvreté "héritée" dès l’enfance et le sentiment d’impuissance et de honte de ceux qui en sont victimes. Sociologues et politologues mettent en garde : dans des sociétés européennes "en situation d’urgence", le démantèlement de l’État providence pourrait bien être une bombe à retardement.

 Mercredi 28 novembre

22h55 : L’AFRIQUE, LE CUIVRE ET LES VAUTOURS. Une analyse fouillée du pillage des ressources naturelles en Zambie.

Depuis l’arrivée du milliardaire Ivan Glasenberg, président du géant des matières premières Glencore, la petite ville suisse de Rüschlikon a diminué ses taux d’imposition. Elle peine même à dépenser tout l’argent versé par le nouveau venu. Glasenberg et sa compagnie doivent notamment leur fortune aux mines de cuivre zambiennes. En 2000, l’État africain, surendetté, a été forcé de vendre à des compagnies privées ses précieux gisements – en signant des contrats léonins. Les sociétés minières comme Glencore, qui profitent d’un régime fiscal excessivement avantageux, pratiquent en outre l’optimisation fiscale via leurs nombreuses filiales. Résultat : malgré la richesse de son sous-sol, la Zambie compte parmi les vingt pays les plus pauvres de la planète, 60 % de ses habitants survivant avec moins d’un dollar par jour. Des experts, dont la députée européenne Eva Joly et le vice-président zambien Guy Scott, dénoncent ce pillage délibéré de tout un pays.

23h50 : ÉDUCATION : LE CASSE-TÊTE CHINOIS. À travers trois témoignages, une immersion dans le système éducatif chinois, devenu un business lucratif.

Trois témoignages, livrés sans commentaires en voix off ni avis d’experts, dévoilent une réalité cruelle : en Chine, l’éducation est devenue une activité lucrative, excluant les plus démunis. L’essor économique et la considération des Chinois pour ceux qui travaillent dur entretiennent l’illusion qu’étudier protège de la misère. Mais les notes moyennes de Wang Pan à la sortie du secondaire ne lui permettent pas d’entrer dans les meilleures universités, subventionnées par l’État. Travailleurs manuels, ses parents doivent solliciter l’aide de la communauté villageoise et s’endetter pour lui payer une école privée. Wang Zehziang, professeur dans un de ces établissements, explique avec une franchise qui confine au cynisme leur mode de fonctionnement : recruter des élèves de milieux ruraux en leur faisant miroiter une amélioration de leur condition, prendre leur argent et les envoyer sur le marché du travail bardés de diplômes sans valeur. Quant à Wan Chao, qui vient de terminer une formation reconnue, il peine à trouver un employeur. Chaque année, deux millions de jeunes diplômés chinois restés sans emploi rejoignent ainsi la tribu des "fourmis".

 Jeudi 29 novembre

23H50 : 740 PARK AVENUE. Une promenade contrastée le long de Park Avenue, artère new-yorkaise symbole des inégalités qui divisent l’Amérique.

Park Avenue a deux visages. Au sud, dans Manhattan, elle est le cœur battant d’un des plus riches quartiers de New York. Dix minutes de voiture plus au nord commence le Bronx. La moitié des habitants y vivent de distributions de nourriture et les risques de mort violente atteignent des niveaux record. Les super-riches ont depuis longtemps jeté leur dévolu sur le numéro 740 de l’avenue. Dans leurs appartements aux allures de palais, ils reçoivent les hommes politiques pour les convaincre d’abaisser le taux d’imposition des plus favorisés. Résultat : depuis trente ans, le fossé entre riches et pauvres n’a cessé de se creuser. La redistribution recule dans des proportions qui alarment les experts. Les impôts sont pourtant le prix à payer pour la civilisation, affirme l’économiste Jeffrey Sachs. De son côté, le psychologue Paul Piff compare la société américaine à un Monopoly où toutes les propriétés seraient concentrées entre quelques mains avant même le début de la partie. Qu’est devenu le rêve américain ?

00h50 : BIENVENUE AU MONDE. Pour les 130 millions de bébés qui viennent au monde chaque année, la naissance est une loterie qui détermine leurs conditions de vie.

Au Cambodge, beaucoup de familles survivent avec moins d’un dollar par jour, comme celle de Neang, séropositive, divorcée et enceinte de son troisième enfant. Aux États-Unis, le bébé de Starr risque fort de rejoindre le 1,6 million d’enfants sans abri. "C’est le tiers-monde aux USA", s’indigne Martha Ryan, directrice d’un programme d’aide aux SDF enceintes de San Francisco. Pour les pauvres, les difficultés d’accès aux soins se doublent souvent d’un manque d’éducation. Au Sierra Leone, les sages-femmes recourent donc à des chansons pour apprendre les règles d’hygiène aux jeunes mères illettrées. Dans ce pays, les chances de survie d’un bébé sont équivalentes à celle d’un nouveau-né européen en 1760. Pourtant, expliquent les obstétriciens de Médecins sans frontières, réduire la mortalité des mères et des nouveau-nés demande relativement peu de moyens.

 Vendredi 30 novembre

00H45 : LES APPRENTIES SOLAIRES. La marche vers l’indépendance d’une Jordanienne sans qualification, formée à l’ingénierie solaire au Barefoot College, une institution indienne réservée aux femmes.

Rafea est la seconde épouse d’un bédouin sans travail. Cette Jordanienne, qui a quitté l’école très tôt, subvient seule à ses besoins et à ceux de ses quatre filles. Elle est alors sélectionnée pour passer six mois au Barefoot College, au Rajasthan. Avec vingt-six autres femmes venues du Burkina Faso, du Kenya, de Jordanie, toutes d’âge mûr, de milieu pauvre et sans qualification, elle va être formée à l’ingénierie solaire : circuits électroniques, soudure, cellules photovoltaïques… Un programme ambitieux pour des mères et des grands-mères qui, pour la plupart, ne savent ni lire ni écrire. Mais pourquoi les femmes ? Contrairement aux hommes qui quittent leur village une fois formés, elles mettent leurs connaissances et leurs ressources financières au service de la famille et de la communauté, explique Bunker Roy, le fondateur du Barefoot College. Mais la marche de Rafea vers l’indépendance économique et l’autonomie sociale se heurte au poids des traditions et aux réticences de son mari.

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