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A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau

(E)au secours ? Vérifiez la qualité de l’eau du robinet de votre commune avec l’UFC-Que Choisir

mercredi 21 mars 2012
Posté par David Naulin

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Au lendemain du forum mondial de l’eau à Marseille sur l’accès à la ressource aquatique et à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, l’UFC-Que Choisir rend publique aujourd’hui une analyse préoccupante de la qualité de l’eau du robinet distribuée en France.



Si 97,5% des Français ont accès tout au long de l’année à une eau de bonne qualité, en revanche près de deux millions de consommateurs paient, eux, pour une eau non conforme aux critères règlementaires. Le cocktail des principaux polluants décelés (pesticides, nitrates, sélénium) met en évidence les graves menaces que la pression agricole fait peser sur la ressource.

Les pesticides et les nitrates inondent les cultures… mais aussi l’eau du robinet

Plus d’un million de consommateurs reçoivent une eau contaminée en pesticides, en nitrates et en sélénium. Les départements les plus touchés se retrouvent dans les zones où l’agriculture est la plus intensive : Bassin Parisien (Eure-et-Loir, Loiret, Seine-et-Marne, Yonne), le Nord et la Champagne (Pas-de-Calais, Marne, Aube).

L’agriculture : un pollueur récidiviste

Loin d’être ponctuel, le problème de la pollution d’origine agricole est structurel. L’utilisation des pesticides n’a pas diminué en 10 ans. L’explication tient au fait que le principe pollueur-payeur est inversé. Alors que l’agriculture est à l’origine de la pollution en nitrates et pesticides respectivement pour 74% et 90%, ce sont les consommateurs qui supportent, via la redevance pollution, l’essentiel (près de 90%) de la facture. Au final, les pollutions agricoles génèrent sur la facture d’eau des dépenses supplémentaires annuelles au minimum comprises entre 640 et 1 140 millions d’euros, soit de 7% à 12% de la facture d’eau des ménages français [1].

Traitement de l’eau et contamination naturelle : des défauts de réglage à la marge…

Source : UFC Les contaminations liées au défaut de traitement (qualité bactériologique, aluminium) et aux contaminations naturelles (radioactivité) sont nettement moins marquées. Si elles ne représentent que 31% de la pollution de l’eau, elles touchent néanmoins 1 500 communes et 500 000 consommateurs. Les associations locales de l’UFC-Que Choisir, situées dans ces secteurs, sont donc intervenues auprès des maires des communes concernées pour leur demander de prendre, sans délai, des mesures d’information des consommateurs et de traitement des non-conformités.

L’enjeu d’une eau de qualité est primordial, tant du point de vue du pouvoir d’achat, que de l’environnement. Il faut en effet rappeler que, comparée à l’eau en bouteille, l’eau du robinet remporte le match haut la main. Elle est ainsi à qualité équivalente, jusqu’à 130 fois moins chère que sa rivale en bouteille plastique et contribue près de mille fois moins à l’effet de serre [2].

L’UFC-Que Choisir ne peut plus tolérer le recours aux mesures palliatives où l’eau polluée est diluée avec de l’eau conforme, ni encourager la fuite en avant consistant à percer toujours plus de captages. Afin que les pollutions agricoles soient stoppées à la source, l’UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics nationaux et européens :

  • Une protection efficace de tous les captages ;
  • Une application du principe constitutionnel pollueur-payeur dans le domaine des pollutions agricoles pour dissuader les pratiques agricoles polluantes ;
  • Que les aides de la Politique Agricole Commune (PAC) soient réservées aux modes de production s’inspirant des principes des agricultures intégrées et biologiques.

En tout état de cause, décidée à informer les consommateurs sur la qualité de leur eau du robinet et les bons réflexes en matière d’eau potable, l’association a mis à disposition sur son site les résultats, commune par commune, de ses relevés.

- Télécharger l’étude complète " Qualité de l’eau potable en France : (E)au secours ? " (PDF - 790 Ko)

Source : UFC

Protocole

Synthèse réalisée à partir des résultats d’analyse de l’eau des 36 568 communes de France métropolitaine, publiés sur le site du ministère de la Santé, pour six critères : pesticides (quantité totale de pesticides, atrazine et ses métabolites), nitrates, sélénium, qualité bactériologique (bactéries coliformes), aluminium, radioactivité. Pour un critère donné, l’eau d’une commune est considérée comme non conforme si plus de 25 % des analyses pour ce critère sont supérieures à la norme.

En fonction de la proportion d’analyses non conformes, et pour chaque critère, nous avons défini les appréciations suivantes :

- Qualité de l’eau "Bonne" : aucune analyse non-conforme
- Qualité de l’eau "Passable" : moins de 25 % d’analyses non-conformes
- Qualité de l’eau "Dégradée" : entre 25 % et 50 % d’analyses non-conformes
- Qualité de l’eau "Mauvaise" : entre 50 % et 75 % d’analyses non-conformes
- Qualité de l’eau "Très mauvaise" : plus de 75 % d’analyses non-conformes.

Limites maximale pour chaque polluant :

- atrazine et ses métabolites : ≤ 0,1 µg/l ;
- total des pesticides analysés : ≤ 0,5 µg/l ;
- critères bactériologiques (bactéries coliformes) : absence dans 100 ml ;
- nitrates : ≤ 50 mg/l ;
- radioactivité (dose totale indicative) : ≤ 0,1 mSv/an ;
- aluminium : ≤ 200 µg/l ;
- sélénium : ≤ 10 µg/l.

[1Commissariat général au Développement durable « Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau », septembre 2011.

[2Etude SSIGE – Dr N. JUNGBLUTH (Esu-Services) 2006.

Article lu 1916 fois

lire aussi :
  • 2013 : Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau


  • forum

    • Transporter l’eau du robinet
      3 avril 2012, par transporter eau du robinet

      L’eau du robinet gagne la bataille contre l’eau minérale. Il reste juste de trouver une solution durable pour la transporter :-)

    • "Qualité de l’eau potable du réseau : la situation est bien plus préoccupante que l’on ne croit !
      24 mars 2012, par OLIVAUX

      COMMUNIQUE DE PRESSE du 24 mars 2012 :

      "Qualité de l’eau potable du réseau : la situation est bien plus
      préoccupante que l’on ne croit !

      Le constat alarmant lancé par l’UFC Que choisir sur la qualité de l’eau du réseau repose sur des données fournies par le Ministère de l’écologie. Ces données officielles, basés sur des normes obsolètes, livrent une vision incomplète de l’étendue des dommages. Cala fausse
      l’analyse de l’UFC Que Choisir qui passe ainsi sous silence d’autres pollutions existantes. Notamment celles liées aux résidus pesticides, génétiques et médicamenteux présents dans l’eau.

      L’association CriiEAU (Comité de Recherches et d’Informations Indépendantes sur l’Eau), en cours d’enregistrement et dont l’un des objectifs est d’informer correctement le public sur la qualité de l’eau du robinet, souhaite compléter l’analyse de l’UFC Que Choisir.

      Au sujet des pesticides :
      "Le risque entraîné par les pesticides est celui de l’exposition à long terme, à des doses très faibles mais répétitives, avec des interactions possibles entre les différents pesticides. Les risques suspectés, sans qu’ils aient pu être démontrés à ce jour, pourraient être des cancers (leucémies notamment), des troubles du système nerveux ainsi que de troubles de la reproduction."

      Le danger réel des pesticides est bien plus grand que ne l’indique l’UFC Que Choisir. Pour beaucoup de pesticides présents dans l’environnement, seuls 10 % du produit se trouvent sous sa forme moléculaire d’origine. 90 % du produit ont plus ou moins été dégradés
      par les UV et les bactéries de l’environnement. Ces molécules dégradées ne sont plus détectables simplement par les méthodes physico-chimiques conventionnelles. Ces résidus possèdent pourtant très fréquemment une toxicité similaire aux molécules d’origine. C’est pourquoi l’effet biologique réel des pesticides est très mal évalué par les méthodes physicochimiques conventionnelles. Seuls des tests biologiques (test d’inhibition de la synthèse d’ARN, test d’ancrage cellulaire...) permettent d’en mesurer directement la toxicité. Ces tests biologiques, normalisés depuis 10 ans, ne sont hélas pas pris en compte par les normes réglementaires mesurant la qualité de l’eau.

      Au sujet de la bactériologie :
      "Les défauts de traitement de potabilisation (chloration) ou des canalisations endommagées dans le réseau peuvent entraîner la présence de bactéries responsables par exemple de troubles intestinaux."

      L’enquête ignore différents dangers microbiens transmis par l’eau potable, notamment :1) les Rotavirus et les Norovirus, résistants à une chloration ordinaire, et à l’origine de nombreuses épidémies de gastroentérites virales hivernales, d’après l’aveu même du Ministère de la Santé. 2) les fréquentes parasitoses transmises par l’eau potable (Giarda). 3) la transmission par l’eau potable de gènes de résistances aux antibiotique, situés sur des éléments génétiques mobiles, et transmis par des bactéries non pathogènes (germes banals de l’eau) non prise en compte par la réglementation. Ils nous sont transmis en droite ligne par l’élevage animal qui consomme les deux-tiers des antibiotiques consommés en France (rapport Afssa)

      Au sujet de l’aluminium :
      "L’aluminium est utilisé sous forme de sels pour rendre limpides des eaux naturellement troubles. Bien qu’il n’y ait pas à ce jour de lien démontré entre l’exposition à l’aluminium et la maladie d’Alzheimer, par application du principe de précaution, il est recommandé de limiter les doses ingéré"

      Concernant le lien de cause à effet entre l’aluminium et la maladie d’Alzheimer, ce sujet a fait l’objet de controverses scientifiques aujourd’hui dépassées, depuis les années 60 (Cf reportage de Sophie Le Gall « Du poison dans l’eau »- France 3 - mai 2010). Il est important de préciser que les sels de fer sont substituables avec une totale innocuité aux sels d’aluminium comme floculant pour la potabilisation de l’eau

      Au sujet des nitrates :
      "Les teneurs excessives en nitrates dans l’alimentation sont susceptibles de faire courir des risques de méthémoglobinémie (syndrome du bébé bleu) chez les nourrissons. En effet, les nitrates, transformés dans l’organisme en nitrites, peuvent par la modification des propriétés de l’hémoglobine du sang empêcher un transport correct de l’oxygène par les globules rouges. Toutefois, aucun cas de méthémoglobinémie lié à l’eau d’alimentation n’est recensé aujourd’hui en France. Plus généralement, la présence de nitrates dans l’eau potable est un indicateur de pollutions d’origine agricole, qui peut s’accompagner de la présence d’autres polluants tels que des pesticides."

      Il est tout à fait exact de signaler que la présence des nitrates dans l’eau est un indicateur de pollution d’origine agricole. Cependant la lecture détaillée de la littérature scientifique et médicale montre qu’aucun cas de méthémoglobinémie du nourrisson lié à la consommation d’eau contenant des nitrates n’est survenu en France au cours des 50 dernières années. Il convient de rappeler qu’en Australie où la concentration en nitrates peut atteindre 300 mg/l dans certaines eaux potables (Alice Springs) il ne semble pas y avoir de catastrophe sanitaire chez les nourrissons. D’ailleurs, il n’existe pas dans le tube digestif des nourrissons de bactéries capables de réduire les nitrates en nitrites. Les seules méthémoglobinémies décrites sont celles liées à l’absorption directe de nitrites ou d’un réducteur similaire.

      Notre association tient à disposition les références bibliographies scientifiques sur les problèmes soulevés par la qualité de l’eau potable en France.

      Le CriiEAU est une association pluridisciplinaire de scientifiques, de juristes et de personnes qualifiées proposant de nouvelles méthodes d’évaluation de la qualité de l’eau et diffusant une information indépendante des grands groupes de traitement et de commercialisation de l’eau.

      Contact : criieau@free.fr

     

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