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Revue de presse du Développement Durable N°36 : la guerre du pétrole en Amazonie

Semaine du 15 au 21 juin 2009

samedi 20 juin 2009
Posté par David Naulin

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Symbole de la véritable guerre du pétrole qui se déroule actuellement en Amazonie, nous avons choisi d’ouvrir cette revue de presse avec la photo de l’un des nombreux Indiens blessés à Bagua (Pérou) en état d’arrestation. Nous consacrons largement cette revue de presse à cet événement peu médiatisé en France (hormis Marianne, Rue89 ou Mediapart). Mais nous reviendrons aussi sur les difficultés financières de Solidar’monde et Artisans du Monde dévoilées par Politis et sur le bonheur intérieur brut, le film Home ...



Cette semaine dans la revue de presse de Cdurable.info : la guerre du pétrole en Amazonie, graves difficultés financières pour Solidar’monde et Artisans du Monde, cinq questions sur l’écotaxe, le Grenelle de la mer va-t-il aboutir à de véritables engagements ? Home, l’écologie à grand spectacle ? A quand le bonheur intérieur brut ? M6 lance à la rentrée un nouveau magazine écolo présenté par Guy Lagache ... Bonne lecture et n’oubliez pas que vous êtes invités à réagir sur le forum de cet article.

 Amazonie : la guerre du Pétrole

Marianne (N°634 - Semaine du 13 au 19 juin 2009) Journaliste à Mediapart François Bonnet, signe le dessous des cartes de Marianne (N°634 - Semaine du 13 au 19 juin 2009). "De ces dizaines de morts, personne ou presque n’a parlé. Or, une guerre vient de se réveiller dans les forêts d’Amazonie et dans quelques villes du Pérou : celle du pétrole. Elle est une réplique d’une multitude de conflits, principalement au Pérou et en Equateur, pays voisins, qui mettent aux prises des dizaines de communautés indiennes et quelques grandes multinationales du pétrole et des exploitations minières. En cause : les expropriations sauvages, la déforestation massive et les désastres environnementaux". Le 5 juin dernier, l’armée péruvienne a ouvert le feu sur des milliers de manifestants. Les affrontements ont déjà fait des dizaines de morts. "Certains témoins des communautés indiennes ont même décrit des exécutions sommaires, des fosses communes, des tirs depuis des hélicoptères sur des villages. Le gouvernement du président Alan Garcia a imposé un couvre-feu dans tout l’Etat amazonien et accuse les manifestants d’avoir provoqué ce bain de sang. Depuis deux mois, protestations, blocus et manifestations se multiplient sur fond de campagne internationale. Le pouvoir péruvien veut ouvrir de nouvelles zones de la forêt amazonienne à l’exploitation pétrolière, forestière et minière. L’influente église catholique s’est rangée aux côtés des populations locales, dénonçant "un désastre à venir et le mépris de communautés indiennes oubliées". Les concessions accordées aux groupes multinationaux, dont le pétrolier franco-britannique Perenco, pèsent plusieurs milliards de dollars". [...] Si le gouvernement péruvien ne fait prend pas les gants, "en arrière-plan, les multinationales bataillent devant les tribunaux, harcelés de plaintes. Le "développement durable" est ici une sinistre farce. Chaque exploitation s’accompagne de saccages environnementaux, de violences et de désastres sanitaires. C’est la malédiction du pétrole, ce pétrole que le Vénézuelien Alfonso, définissait par cette formule dans les années 70 : "il est l’excrément du diable"."

- Pour en savoir plus, vous pouvez lire sur le site de Rue 89 l’article de Yvon Le Bot et Jean-Patrick Razon : La course au pétrole tue en Amazonie péruvienne (06/06/09).

Une équipe de la télévision péruvienne se trouvait au barrage de la route près de Bagua où de nombreux Indiens et des policiers ont trouvé la mort début juin. Leur reportage (en espagnol) révèle l’extrême violence avec laquelle la police a levé le blocus.

Massacre à Bagua 7 juin 2009 (1ère partie)

Massacre à Bagua 7 juin 2009 (2ème partie)

- Réagissez ! Ecrivez une lettre au président Péruvien

- Consulter le site de Survival International, le mouvement des peuples indigènes qui revient largement sur la situation en Amazonie.

 Commerce équitable : il faut sauver Solidar’monde et Artisans du Monde !

 Politis (N°1057 - Semaine du 18 au 24 juin 2008) Cette semaine Philippe Chibani-Jacquot signe dans Politis (N°1057 - Semaine du 18 au 24 juin 2008) un plaidoyer pour la Fédération Artisans du Monde qui doit faire face à de graves difficultés financières avec sa centrale d’achat Solidar’monde. Ce qui n’entame pas sa volonté de faire vivre un commerce alternatif.

Extrait : "Un grave péril menace Artisans du Monde. Solidar’monde, la centrale d’achat du réseau de commerce équitable, voit ses comptes plonger dans le rouge pour la troisième année consécutive et les ventes stagnent sur la même période". Le journaliste précise que le déficit atteint en 2008 "780 000 euros soit 8,8% du chiffre d’affaires". La centrale d’achat début 2009 était même au bord de la cessation de paiement et a du procéder à 6 licenciements. Un nouveau directeur a été nommé il y a deux mois, Jean-Marc Brunet, dont l’objectif est de "redéfinir et de préciser le modèle économique de Solidar’Monde, en lien avec le mouvement et sans échanger notre approche du commerce équitable". Une feuille de route qui se veut rassurante de la part d’un ancien de l’agroalimentaire (il a travaillé pour Lavazza) et de Max Havelaar-France, où il était en charge entre 2003 et 2007 du développement et de la commercialisation. L’approche ne change pas, mais la gestion se veut plus rigoureuse et plus réaliste : "Si un produit ne se vend pas, il est de la responsabilité de l’entreprise et d’Artisans du Monde de le dire au producteur. Le taire a un effet encore plus néfaste", explique le nouveau directeur à Politis. Sa première mission sera de renflouer la trésorerie de l’entreprise qui sollicite l’aide de la Nef et des associations locales pour recapitaliser Solidar’Monde. La centrale d’achat doit aussi se défaire d’un lourd stock d’invendus : une braderie aura lieu les 4 et 5 juillet prochains à Paris (au 9-11 Cour Debille dans le 11ème arrondissement).

Pour comprendre cette situation, "il faut remonter à 2005. Cette année-là, les quelques 140 associations Artisans du Monde votent en assemblée générale une décision capitale : refuser la compromission avec la grande distribution et développer une filière équitable de bout en bout du producteur au distributeur." En 2006, le mouvement s’engage financièrement en devenant actionnaire majoritaire de Solidar’Monde avec 51% du capital. "La notoriété croissante du commerce équitable et le plan de développement des ventes (aménagement des boutiques et embauche de salariés) laissent espérer une croissance annuelle de 6% du chiffre d’affaires." Malheureusement les ventes n’atteignent pas les niveaux escomptés, le déficit se creuse. La fédération Artisans du Monde découvre tardivement l’ampleur des difficultés. L’assemblée générale d’Artisans du Monde qui se déroule les 20 et 21 juin à Metz s’annonce tendue. La priorité est de sauver la centrale d’achats car c’est le maillon central du réseau de distribution Artisans du Monde. L’une des voies envisagées est la transformation en société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Stéphane Le Borgne, président de la Fédération se veut rassurant : "Nous devons être plus clairs sur nos différences. Notre objectif est de construire un commerce équitable, pas uniquement de vendre des produits étiquetés équitables."

 Ecologie : Ecotaxe et Grenelle de la mer

- Cette semaine dans Politis, je vous conseille aussi la lecture de l’article de Thierry Brun intitulé cinq questions sur l’écotaxe. Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde ont en effet relancé le débat autour d’une future contribution "climat et énergie". Mais selon Politis, cet impôt vert risque d’avoir une efficacité limitée.

- Enfin lisez l’article de Patrick Piro consacré au Grenelle de la mer dont le résultat risque d’être nuancé. Si la concertation nationale montre des avancées, au chapitre des engagements cela ne suit pas. "Tout le monde admet que la mer va mal, mais de là à agir..." résume le journaliste... L’occasion de vous rappeler que vous avez jusqu’au 24 juin prochain pour participer à la phase concertation en vous rendant sur les forums de discussion du site Internet du Grenelle de la mer.

 Economie : A quand le bonheur intérieur brut ?

Tout le monde dénonce la dictature du PIB. Reste à inventer d’autres indicateurs de développement. Et les projets ne manquent pas, constate Weronika Zarachowicz dans Télérama (N°3101 - Semaine du 20 au 26 juin 2009). La journaliste signe un article complet sur cette question dont voici l’introduction : "Quarante années à se battre. quarante ans que des économistes, des philosophes, des ONG du monde entier cherchent à détrôner LE référent star de l’économie, le roi des statistiques : le fameux PIB, ou produit intérieur brut. Mais rien n’y fait. A Bercy comme ailleurs, les yeux restent rivés sur cet indicateur de richesse et décortiquent la moindre de ses fluctuations. La bataille a jusqu’ici été inégale. D’un côté les contestataires, certes de plus en plus nombreux, mais jugés "hétérodoxes" ou anecdotiques, à l’image de l’exotique royaume du Bhoutan qui imagina dès 1972 le "bonheur national brut". Face à eux, une icône des temps modernes, le PIB, conçu pour évaluer la production d’une économie nationale et sacré symbole de la mesure du "progrès" des sociétés. Mais le vent tourne. Avec la crise écologique aiguë, le hiatus criant entre croissance économique et bien-être, et l’explosion des inégalités, on redécouvre cette évidence : le PIB n’a jamais été pensé comme un thermomètre de la qualité de vie. il n’a même rien à y voir. Résultat, la fronde anti-PIB "sofficialise", notamment en France."

Après la lecture de cet article dans Télérama, je vous invite également à lire le livre "L’empreinte écologique" d’Aurélien Boutard et Natacha Gondran et à consulter les sites suivants : www.ces.fr - www.stiglitz-senfitoussi.fr - www.idies.org

 Cinéma : Home, trop bio pour être vrai

Télérama (N°3101 - Semaine du 20 au 26 juin 2009) Mathilde Blottière revient dans Télérama (N°3101 - Semaine du 20 au 26 juin 2009) sur le succès du film Home de Yann Arthus-Bertand diffusé dans 130 Etats, sur You Tube, France 2 ou encore Al-Jazira. Elle précise que "Home n’est pas un objet politique. En refusant d’établir un lien explicite entre urgence écologique et action publique, le premier "green blockbuster" français est plutôt une grand-messe bio, au faste considérable. Au chevet de la Terre malade, le photographe reporter se contente de vagues prescriptions : un régime doux et consensuel à base de grandes idées générales et de petits gestes quotidiens. Quid de nos choix collectifs et d’une gouvernance économique dont la croissance reste le seul horizon ? Quid de la responsabilité des pollueurs massifs, gros industriels et multinationales ? C’est que YAB n’est pas un ingrat. François-Henri Pinault, président du groupe PPR (Printemps, Fnac, Gucci...) a investi 10 millions d’euros dans la production de son film. Quant aux autres sponsors, des marques qui voient là une occasion rêvée de (re)verdir leur image, leur générosité a été dûment récompensée. Au générique, c’est l’assemblage de leurs logos qui finit par former le mot "Home"....", remarque encore Mathilde Blottière. Elle poursuit "D’où vient cette impression que, décidément, ce film nous prend pour des bleus ?"[...] "La voix off qui nous tutoie et nous sermonne culpabiliserait le moins scrupuleux des conducteurs de 4X4." La journaliste de Télérama conclut : "A défaut de rappeler les spectateurs à leur devoir civique ou de contribuer à hisser le drapeau vert de Dany l’ex-rouge au fronton de l’Elysée, Home est une redoutable entreprise d’autopromotion, dont la suite se profile déjà. Et si le film est à but non lucratif, les multiples dérivés, eux, s’annoncent rentables..."

 Télex Médias

- Un magazine écolo pour Guy Lagache à la rentrée sur M6 : Bibiane Godfroid pilote les programmes de M6 depuis janvier 2007. Cette femme d’expérience a inscrit quelques belles réussites au tableau de M6 cette saison. Interrogée par Le Point, elle annonce pour la rentrée de nouvelles émissions "positives dans la manière de proposer des solutions pour s’en sortir. Par exemple, l’écologie nous intéresse. Guy Lagache présentera un magazine dans cet univers, en plus de Capital."


Sources de la revue de presse N°36 : Télérama - Marianne - Le Point - Rue 89 - Politis


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  • Revue de presse du Développement Durable N°36 : la guerre du pétrole en Amazonie
    22 juin 2009, par Solène Cordier

    Bonjour,
    Je me permets de vous signaler également un sujet en images consacré à la lutte des Indiens du Pérou mis en ligne sur le site Youphil :

  • Les Indiens d’Amazonie crient victoire ...
    20 juin 2009, par cyrille souche

    Les Indiens d’Amazonie ont obtenu gain de cause. Après deux mois de bras de fer avec l’Etat, ils ont finalement obtenu que le Parlement abroge deux décrets loi sur l’exploitation des ressources d’Amazonie par des entreprises étrangères. Le président Garcia a fait machine arrière devant l’ampleur de la contestation.

    « C’est un jour historique pour les peuples indigènes » affirment les Indiens du Pérou. Soixante-cinq ethnies d’Amazonie étaient mobilisées depuis le mois d’avril pour protéger leur terre. A l’origine de la crise, une loi adoptée l’année dernière et favorisant les investissements étrangers au Pérou, les textes autorisaient notamment l’exploitation des ressources naturelles d’Amazonie

    Devant l’ampleur de la contestation le président péruvien a finalement fait son autocritique et dans la foulée le Parlement de Lima a abrogé, jeudi 18 juin, deux décrets controversés. En échange, la minorité indienne a accepté de lever ses barrages.

    La volte face des autorités a permis de sortir d’une crise sanglante puisque 34 personnes au moins ont trouvé la mort dans les affrontements entre les forces de l’ordre et les Indiens d’Amazonie.
    Le Premier ministre péruvien a d’ailleurs annoncé son intention de démissionner car il n’a pas su éviter le bain de sang. La région de Bagua où se sont déroulés les heurts reste malgré tout en état de siège et les charges sont maintenues contre 4 dirigeants de la minorité indienne entrés en clandestinité.

 

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