Une majorité de la population, en faveur d’une règlementation européenne plus stricte en matière d’émissions des voitures, se dit prête à en payer le prix

Le public réclame les voitures les plus propres possible, au moment où la Commission européenne étudie le texte réglementaire sur les émissions des véhicules.
Selon un nouveau sondage YouGov, une large majorité de la population soutient la mise en œuvre de règles européennes plus strictes à destination des constructeurs automobiles en matière de pollution atmosphérique. Plus des trois quarts (76 %) des sondés de France déclarent que les constructeurs devraient être légalement tenus de réduire les émissions des voitures neuves autant que techniquement possible. YouGov, mandaté par Transport & Environment (T&E), a interrogé plus de 8 000 personnes dans sept pays de l’UE – l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, la Roumanie et la République tchèque. Plus de la moitié (56 %) des personnes interrogées en France se déclarent prêtes à payer 500 € de plus lors de l’achat d’une voiture neuve – soit la somme maximale déboursée par les fabricants afin de réduire la pollution d’une voiture[[54 % des sondés se déclarent prêts à payer 500 € de plus lors de l’achat d’une voiture neuve ou d’occasion.]]. La Commission européenne évalue actuellement des propositions réglementaires sur les émissions des véhicules afin d’améliorer la mauvaise qualité de l’air de nombreuses villes européennes, qui cause des milliers de morts prématurées chaque année. La Commission estime qu’il en coûterait entre 100 et 500 € par voiture, mais le secteur automobile craint que ces véhicules plus propres n’entament leur marge de bénéfice, et militent pour affaiblir les nouveaux règlements[[Témoignage oral de Kerstin Jorna, directeur général en charge du marché intérieur, de l’industrie, de l’entreprenariat et des PME à la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (15 juin 2021).]]. 72dfc1bd-648b-df58-230f-8040b580fc70.jpg eb65f655-5449-3462-f0f5-4c064fe1b4fd.jpg Diane Strauss, directrice du bureau français de T&E a déclaré : « Le secteur automobile prétend que la réduction d’émissions des véhicules coûte trop cher quand, en réalité, cela représente un budget moindre que la peinture d’une voiture. Le grand public se déclare prêt à payer la différence et défend des normes plus strictes, sur toute la durée de vie du véhicule et dans toutes les conditions, y compris pour les trajets courts en ville. » Le sondage montre également que le public réclame largement que l’on impose aux fabricants de réduire les émissions des véhicules en tout temps, et non seulement dans des conditions de circulation idéales. Les trois quarts (75 %) des sondés en France s’accordent sur le fait que les voitures doivent s’en tenir à un minimum légal de pollution quel que soit le moment, l’endroit, ou les circonstances de conduite[[En réponse à la question suivante, 48 % des personnes interrogées se déclarent « fortement d’accord » et 29 % sont « plutôt d’accord » : « Dans quelle mesure êtes-vous d’accord avec l’énoncé suivant ? « Les voitures devraient s’en tenir à un minimum légal de pollution quel que soit le moment, l’endroit, ou les circonstances de conduite. »]]. En effet, les limitations actuelles en matière de pollution ne s’appliquent pas aux courts trajets en ville – dans le cadre desquels les voitures s’arrêtent et redémarrent plus souvent – ou aux fortes accélérations, malgré une émission plus importante dans ces contextes.
Diane Strauss, Directrice du bureau français de T&E : « L’an dernier, le Conseil d’Etat [[ Site du Conseil d’Etat.]] a condamné la France à payer 10 millions d’euros pour les mesures insuffisantes en matière de qualité de l’air. Malgré cela, certains membres du gouvernement continuent de réclamer des normes peu contraignantes, au profit des constructeurs et au dépend de la santé des français. »
En avril, la Commission européenne doit proposer les nouvelles règles « Euro 7 », qui établiront un cadre légal pour les 100 millions de voitures au diesel et à l’essence qui seront vendues en Europe après 2025. La réduction de la pollution atmosphérique est une priorité absolue du Green Deal européen, et la Commission étudie actuellement des recommandations de normes après consultation d’experts indépendants dans le but d’examiner les meilleures technologies disponibles. Les émissions liées au transport routier constituent une source majeure de pollution atmosphérique, ce qui cause une grande variété de maladies graves, notamment des affections du cœur et des poumons, ainsi que des cancers. Chaque année en UE, la pollution liée au transport routier est responsable de dizaines de milliers de morts prématurées, ce qui représente des dizaines de milliards en dépenses de santé. De plus, la mauvaise qualité de l’air nuit davantage aux foyers à faibles revenus et aux minorités. 30d2d02a-607e-5127-d526-0db6b3282c72.pngwww.transportenvironment.org

 

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