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ADEME
Transition(s) 2050 : 4 scénarios pour atteindre la neutralité carbone
Génération frugale, coopérations territoriales, technologies vertes, pari réparateur
vendredi 15 avril 2022
par Cyrille

La neutralité carbone à l’horizon 2050 appartient désormais au langage commun. Si sa définition est à peu près partagée, le chemin pour l’atteindre reste encore flou, voire totalement inconnu, pour la plupart des décideurs et des citoyens. Face à l’urgence climatique, les changements à opérer sont d’une telle ampleur qu’il est pourtant indispensable d’accélérer les débats sur les choix de société à conduire mais le chemin pour l’atteindre reste encore flou, voire inconnu, pour les décideurs et les citoyens. C’est pourquoi l’ADEME a souhaité soumettre au débat quatre chemins « types », cohérents et contrastés pour conduire la France vers la neutralité carbone.

Cet exercice de prospective inédit repose sur deux ans de travaux d’élaboration, la mobilisation d’une centaine de collaborateurs de l’ADEME et des échanges réguliers avec un comité scientifique et des partenaires et prestataires extérieurs, spécialistes des différents domaines.

Les 4 scénarios

Imaginés pour la France métropolitaine, ils reposent sur les mêmes données macroéconomiques démographiques et d’évolution climatique (+2,1 °C en 2100). Ils aboutissent tous à la neutralité carbone du pays, mais empruntent des voies distinctes et correspondent à des choix de société différents.

S1- Génération frugale : LE 1ER SCÉNARIO POUR ATTEINDRE LA NEUTRALITÉ CARBONE

Des transformations importantes dans les façons de se déplacer, de se chauffer, de s’alimenter, d’acheter et d’utiliser des équipements, permettent d’atteindre la neutralité carbone sans impliquer de technologies de captage et stockage de carbone, non éprouvées et incertaines à grande échelle.

De nouvelles attentes des consommateurs, mais surtout de nouvelles pratiques s’expriment rapidement dans les modes de consommation. La croissance de la demande énergétique qui épuise les ressources et dégrade l’environnement s’interrompt, grâce à des innovations comportementales, organisationnelles et technologiques. La transition est conduite principalement grâce à la frugalité par la contrainte et par la sobriété.

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S2 Coopération territoriales : LE 2E SCÉNARIO POUR ATTEINDRE LA NEUTRALITÉ CARBONE

La société se transforme dans le cadre d’une gouvernance partagée et de coopérations territoriales. Organisations non gouvernementales, institutions publiques, secteur privé et société civile trouvent des voies de coopération pragmatique qui permettent de maintenir la cohésion sociale.

Pour atteindre la neutralité carbone, la société mise sur une évolution progressive mais à un rythme soutenu du système économique vers une voie durable alliant sobriété et efficacité. La consommation de biens devient mesurée et responsable, le partage se généralise.

 Découvrir en détail le scénario Coopérations terriutoriales

S3 Technologies vertes : LE 3E SCÉNARIO POUR ATTEINDRE LA NEUTRALITÉ CARBONE

C’est le développement technologique qui permet de répondre aux défis environnementaux plutôt que les changements de comportements vers plus de sobriété.

Les métropoles se développent. Les technologies et le numérique, qui permettent l’efficacité énergétique ou matière, sont dans tous les secteurs. Les meilleures technologies sont déployées largement et accessibles de manière généralisée aux populations solvables.

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S4 Pari réparateur : LE 4E SCÉNARIO POUR ATTEINDRE LA NEUTRALITÉ CARBONE

Les modes de vie du début du XXIe siècle sont sauvegardés. Mais le foisonnement de biens consomme beaucoup d’énergie et de matières avec des impacts potentiellement forts sur l’environnement.

La société place sa confiance dans la capacité à gérer voire à réparer les systèmes sociaux et écologiques avec plus de ressources matérielles et financières pour conserver un monde vivable. Cet appui exclusif sur les technologies est un pari dans la mesure où certaines d’entre elles ne sont pas matures.

 Découvrir en détail le scénario Pari réparateur}

Comprendre les 4 scénarios en 4 minutes et en vidéo

9 enseignements pour un futur neutre en carbone

  1. Les quatre voies présentées, chacune dotée de sa propre cohérence, permettent à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais toutes sont difficiles et nécessitent une planification orchestrée des transformations, associant État, territoires, acteurs économiques et citoyens.
  2. Atteindre la neutralité repose sur des paris forts, aussi bien sur le plan humain (changements de comportements) que technologique (puits de carbone en particulier). Tous les scénarios comportent donc une part de risque. Mais tous n’entraînent pas les mêmes conséquences environnementales, sociales et économiques.
  3. Pour tous les scénarios, il est impératif d’agir rapidement : les transformations socio-techniques à mener sont d’une telle ampleur qu’elles mettront du temps à produire leurs effets. Il faut entreprendre dès cette décennie la planification et la transformation profonde des modes de consommation, de l’aménagement du territoire, des technologies et des investissements productifs.
  4. La réduction de la demande en énergie, elle-même liée à la demande de biens et de services, est le facteur clé pour atteindre la neutralité carbone. Cette réduction peut aller de 23% à 55 % par rapport à 2015 suivant les scénarios, chacun reposant sur un équilibre différent entre sobriété et efficacité énergétique.
  5. L’industrie va devoir se transformer non seulement pour s’adapter à une demande en profonde mutation mais également pour décarboner sa production. Cela nécessitera des plans d’investissements de grande ampleur et un effort de l’ensemble de la société pour accompagner les territoires en mutation et former les salariés aux nouveaux métiers.
  6. Le vivant est l’un des atouts principaux de cette transition, permettant de combiner trois leviers stratégiques : le stockage de carbone, la production de biomasse et la réduction des gaz à effet de serre. Il est donc indispensable de maintenir un équilibre entre les usages alimentaires et énergétiques de la biomasse avec la préservation des fonctions écologiques, comme la biodiversité et le stockage de carbone, grâce à une approche globale de la bioéconomie.
  7. L’adaptation des forêts et de l’agriculture devient donc absolument prioritaire pour lutter contre le changement climatique. La résilience des écosystèmes est d’autant plus cruciale qu’ils en subissent de plus en plus fortement les impacts.
  8. La pression sur les ressources naturelles varie considérablement d’un scénario à l’autre. C’est particulièrement le cas pour l’eau d’irrigation ou les matériaux de construction, dont les volumes consommés varient d’un facteur 2 entre certains scénarios.
  9. Dans tous les scénarios, en 2050 l’approvisionnement énergétique repose à plus de 70% sur les énergies renouvelables et l’électricité est le principal vecteur énergétique. Pour autant, cela ne peut en aucun cas légitimer le gaspillage d’énergies, afin de limiter la pression sur les ressources.

LE RÉSUMÉ EXÉCUTIF

5 problématiques à mettre en débat

Sobriété, puits de carbone, régime alimentaire, économie du bâtiment, modèle industriel : quels que soient les choix de société, ces 5 problématiques devront faire l’objet de débats structurants.

  1. La sobriété : jusqu’où ? : La décarbonation de l’énergie sera d’autant plus facilitée que la demande sera faible. Or, la réduction de cette demande est déterminée par deux facteurs : la démarche de sobriété et l’efficacité énergétique. Le potentiel de l’efficacité énergétique se heurtant à des limites physiques et surtout à celle des technologies disponibles, on n’échappe donc pas à une interrogation sur la sobriété.
  2. Peut-on s’appuyer uniquement sur les puits naturels de carbone pour atteindre la neutralité ? : Les quatre scénarios montrent que l’atteinte de la neutralité carbone ne peut pas se passer des puits naturels de CO2 (plantes, sols et produits) car leur potentiel est très important par rapport aux puits technologiques (captage et stockage du CO2).
  3. Qu’est-ce qu’un régime alimentaire durable ? : En France, l’alimentation est responsable du quart de l’empreinte carbone et est à la croisée de multiples enjeux de santé et d’environnement, notamment la préservation de la biodiversité, de la qualité de l’eau et des sols.
  4. Artificialisation, précarité, rénovation : une autre économie du bâtiment est-elle possible ? : Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent aujourd’hui près de la moitié de la consommation d’énergie nationale, près d’un quart des émissions de GES, consomment 51 millions de tonnes de matériaux par an pour leur construction et participent directement à l’artificialisation des sols.
  5. Vers un nouveau modèle industriel : la sobriété est-elle dommageable pour l’industrie française ? : Il est aujourd’hui communément admis que relocaliser l’industrie en France est vital pour notre économie et sa résilience. Cette relocalisation ne va toutefois pas de soi dans un monde globalisé et ne sera pas sans impact. La compétitivité de l’industrie va être développée avec deux leviers plus ou moins activés suivant les scénarios

Ce que vous trouverez dans le rapport complet

Pour chaque scénario, l’ADEME a construit un récit cohérent, décliné dans chaque secteur économique et social, au travers de variables structurantes. La description des scénarios couvre les secteurs du bâtiment, des mobilités de voyageurs et du transport de marchandises, de l’alimentation, de l’agriculture, des forêts, de l’industrie, des déchets et des services énergétiques (fossiles, bioénergies, gaz, hydrogène, chaleur et électricité).

Les paramètres étudiés couvrent notamment : la demande en énergies ; la consommation d’eau d’irrigation, de matériaux de construction, d’intrants agricoles et l’usage des sols ; la production et la gestion de déchets ; la production d’énergies et la composition du bouqueténergétique ; les importations et exportations ; le bilan des gaz à effet de serre et les puits biologiques et technologiques de CO2.

 Télécharger le rapport complet

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Le secteur de l’immobilier est déjà très exposé aux aléas climatiques. Comment cette exposition évoluera-t-elle à 2050 ? Quelles pourraient être les solutions d’adaptation mises en œuvre selon et quel serait leur empreinte carbone ?

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 Quelle adaptation des bâtiments dans les scénarios Transition(s) de l’ADEME ?