[CDURABLE.info l'essentiel du développement durable] : Changer le monde, c’est possible constate l’hebdo Marianne
La grande crise peut déboucher sur le pire ou... le meilleur
Changer le monde, c’est possible constate l’hebdo Marianne
40 pages d’initiatives dissidentes, viables et reproductibles
dimanche 30 novembre 2008
par David Naulin

La grande crise peut déboucher sur le pire ou... le meilleur, constate cette semaine l’hebdomadaire Marianne. Partout dans le monde, des initiatives, viables et reproductibles, montrent qu’une alternative à la loi du plus fort est toujours possible. En cinq chapitres, Eric Conan et Hervé Nathan proposent avec des reportages, des portraits, des débats et des enquêtes un tour du monde de celles et ceux qui agissent ici et maintenant. Lecture indispensable ce week-end.

 Un autre monde ? Chiche ! Par Hervé Nathan

La « pensée unique », celle qui dit : « il ne peut en être autrement » sévit toujours, hélas. Dorénavant, elle a même une héritière : « l’esprit du G20 » qu’on peut résumer par : « le marché aura toujours raison ». De fait, que nous ont proposé les chefs d’Etats et de gouvernements réunis il y a deux semaines à Washington ? De « préserver le libre marché », ou encore de « sauver le commerce et l’investissement libres ». Selon les hommes les plus puissants de la Planète Terre, la crise qui menace de se transformer chaque jour un peu plus ne serait que le fruit des « excès » qui « ont perturbé les marchés ». Il suffirait donc, si on les écoute, de corriger les détails forcément marginaux, pour retrouver les chemins de la croissance. Et tout reviendrait comme avant ?

Cette fable ne tiendra pas. La crise financière est devenue économique, sociale et morale. Elle appelle donc des solutions globales, bien au-delà des rafistolages que tentent des gouvernants qui, depuis 30 ans, n’ont eu, eux ou leurs prédécesseurs, de cesse de concéder aux marchés et à la marchandisation une place de plus en plus large. C’est ce mouvement qu’il s’agit, pour Marianne, d’interrompre. Rompre avec la « société de marché », selon le mot de Lionel Jospin, nécessite qu’on ait l’ambition de dominer les marchés, de leur imposer les lois de la démocratie et de l’intérêt commun, de retrouver le chemin d’une véritable égalité entre les hommes, d’un commerce entre les pays et les continents qui ne mette pas en concurrence les conditions de vie des hommes et des femmes. Cela passe aussi par la remise en question fondamentale de l’injonction de consommer toujours davantage. Cet « autre monde » dont l’avènement apparaît de jour en jour plus indispensable n’est pas du tout une utopie. Il existe même, de façon parcellaire, sous nos yeux, enfoui sous la montagne des préjugés ultra-libéraux. Oui, le travail solidaire, la finance responsable, le commerce respectueux, tout cela existe déjà. Il suffit de le mettre en valeur. De le développer. C’est ce que Marianne a décidé de proposer cette semaine avec son dossier : « Un autre monde ? Chiche ! »

 Au sommaire de ce dossier

Eric Conan et Hervé Nathan résument le message véhiculé dans ce dossier : "Un autre monde, c’est aussi ici et maintenant. Jacques Ellul, un autre penseur fécond des années 70, redevient précieux. Précurseur de l’écologie, il invitait à dépasser la contradiction qui tenaillait au lendemain de 1968 tous ceux qui espéraient un autre monde : s’en remettre au combat collectif, ou, à la conversion individuelle et morale ? Il répondait qu’il fallait "avancer sur les deux jambes" : ne pas délaisser l’action politique, mais commencer à agir, à tous niveaux, pour changer ce qui peut l’être à la portée de chacun, dans la famille, le quartier, l’entreprise, la commune, la région. Des expériences, des initiatives ont ainsi montré qu’il était possible d’échapper à l’empire de l’argent. Hors du marché mais aussi en son milieu. Des initiatives non pas marginales mais dissidentes, viables et reproductibles, comme ce numéro de Marianne en présente quelques exemples". Les journalistes de conclurent : "Le marché n’est pas que spéculation. Il y a une vie en dehors du marché. La crise ouvre à nouveau l’horizon : elle nous permet autant qu’elle nous oblige à avancer. sur les deux jambes."

Au sommaire :

- Un marché contrôlé et une finance responsable : reportage en Suède sur Holmen, l’entreprise où équité rime avec efficacité ; entretien avec Edmond Maire, l’ex-secrétaire général de la CFDT, qui a mis en place un réseau très actif qui permet de financer l’économie solidaire ; reportage en Norvège sur le fonds pétrolier NBIM, premier investisseur du CAC 40 qui réforme au pas de charge les mœurs capitalistes au nom de l’éthique ; débat entre Paul Jorion, anthropologue et Jean-Luc Gréau, économiste autour de ce qu’il faut vraiment réformer du capitalisme...
- Une autre mondialisation est possible : reportage dans le Jura, où l’industrie lunetière traditionnelle oppose tant bien que mal son savoir-faire à la concurrence chinoise ; reportage au Brésil où le gouvernement et les ONG luttent contre l’esclavagisme moderne au grand dam de certains industriels ; interview de Pierre Larrouturou, le délégué national chargé de l’Europe au Parti socialiste demande à Pékin de mettre ses pratiques sociales à un niveau acceptable.
- Investir dans l’environnement peut rapporter gros : reportage en Allemagne dans la ville de Fribourg qui a fait le pari gagné de limiter ses déperditions d’énergie et de miser sur le solaire ; reportage en Californie sur la politique économique du Governator Schwarzenegger qui mise sur l’écologie pour attirer avec succès des investisseurs et créer des emplois ; débat entre Jean-Paul Fitoussi et Agnès Sinaï autour de la question développement durable ou décroissance ?
- Choisir le local plutôt que le global : reportage en France sur une initiative à Lorient qui privilégie le bio et les produits locaux, reportage en Espagne sur des artisans de Galice, qui contre la surexploitation maritime, se battent pour une pêche responsable ; débat entre Yve Cochet et Pierre Ferrère : agriculture de proximité ou filières longues ?
- Il n’y a pas que le marché dans la vie : Oui, il existe une autre façon de consommer. Daniel Bernard à rencontrer hors des supermarchés, les consommateurs qui réinventent la notion de commerce.

Ce numéro de Marianne (N°606) est en vente en kiosques à partir du samedi 29 novembre au matin jusqu’au vendredi 5 décembre inclus, au prix de 2,50 euros. Vous pouvez également acheter la version numérique sur le site de Relay (PC) ou sur celui du Kiosque.fr (PC, Mac et Linux).