peak oil : décroissance inéluctable ou chance pour le développement durable ?

L’association 4D en partenariat avec Alternatives économiques organise

mardi 20 juin 2006 une conférence – débat sur le thème :

Sortir de l’ère du pétrole
Le « peak oil » : décroissance inéluctable ou chance pour le développement durable ?

Depuis des mois, le pétrole ne cesse d’augmenter, dépassant maintenant 70$ par baril. Il pourrait atteindre bientôt 100$. Face à ces faits, les réactions sont diverses. Les comportements immédiats changent peu (en fin de compte, le budget des ménages est encore peu affecté), mais on perçoit confusément que c’est la fin d’une époque. Ce qui nous était imposé par le besoin d’anticiper les risques de réchauffement climatique – conséquences des émissions des carburants fossiles – l’est désormais d’abord par l’économie des hydrocarbures. Nous savons désormais que nous sommes coincés « des deux bouts » (ressources, émissions).

Le pétrole est une ressource fossile, accumulée au cours des temps géologiques (plusieurs centaines de millions d’années) dans des gisements en nombre limité, que notre génération aura eu l’intelligence de découvrir, et d‘exploiter pour son profit. Sans percevoir que nous vivions de ce capital, ni relever les facilités de notre « civilisation » découlant de l’utilisation de cette ressource : carburants pour les moteurs de nos automobiles, les turbines d’avions, la navigation maritime, générateurs d’électricité, chauffages des locaux, éclairage, matières plastiques et chimie lourde ou fine…

Après les « trente glorieuses », les prévisionnistes du club de Rome avaient donné l’alerte (« halte à la croissance »). Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont donné une première perception de la réalité de ces limites, que le contre-choc de 1986 est venu effacer. Il ne s’agirait pas de limite physique de la ressource, mais de cycles liés aux conflits dans les pays producteurs. Aujourd’hui encore, on entend le même message : ce n’est pas le pétrole qui manque, ce sont les investissements qui n’ont pas été suffisants, pour anticiper notamment la demande des pays émergents (la Chine …). Pourquoi changer ses habitudes si la ressource abonde ?

A l’inverse, une vision catastrophiste de l’épuisement des ressources redonne vie aux thèses millénaristes. Notre monde est proche de sa fin ; il est déjà trop tard pour agir, et la décroissance serait inéluctable. Face à ces débats, l’approche éthique a toute sa place. Une chose est sûre : l’épuisement des hydrocarbures frappe l’économie avant l’impact climatique, et l’enjeu principal en matière d’émissions atmosphériques à partir des énergies fossiles, c’est le charbon – beaucoup plus abondant, notamment dans les NPI dont la Chine.

Nous examinerons successivement la réalité de la limitation des ressources, avec les meilleurs spécialistes de l’étude du « peak oil ». Nous vérifierons que, alors que la première partie de la courbe s’est déployée à prix décroissants, la seconde partie – et le « plateau » déjà – nous réservent des prix fortement croissants. Cette donne économique renverse l’approche des mesures à prendre en matière de politique climatique. Le coût en devises de l’augmentation de la facture pétrolière affecte lourdement l’emploi. Elle donne toute leur chance aux alternatives : renouvelables et maîtrise de l’énergie. Encore faut-il s’y préparer, en anticipant dès à présent des choix technologiques et des modes de vie adaptés et ceci, en France, en Europe, mais aussi dans les pays du Sud. On examinera notamment le cas du Brésil. En fin de compte, le « peak oil » apparaît comme une chance pour le développement durable. Encore faut-il savoir la saisir, pour éviter de subir.

Intervenants

Jean LAHERRERE, Président de l’ASPO (association pour l’étude du peak oil) France

Jean Marie CHEVALLIER, Professeur d’économie à Paris-Dauphine (à confirmer)

Ignacy SACHS, professeur à l’EHESS, Président d’Honneur de 4D

Olivier ABEL, professeur d’éthique à la faculté de théologie Protestante de Paris

Animation des débats

Débat animé par Alternatives Economiques

Introduit par : Jacques VARET, directeur de la prospective au BRGM, vice président de 4D

Date et lieu

Mardi 20 juin 2006 à 17h30

à la Maison de l’architecture (salle de la chapelle) – 148, rue du faubourg Saint-Martin, 75 010 Paris

Métro Gare de l’Est (sortie « Faubourg Saint Martin »)

Conditions d’inscriptions

Entrée pour les non-adhérents de 4D : 5 € de frais de participation à la production et à l’envoi des actes.

Pour avoir accès au lieu du débat, merci de confirmer votre présence par mail à : Aïcha Debouci – Association 4D

Lire aussi

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

Une économie sans argent est possible au 21e siècle ! Un essai gratuit de Sébastien Augé

Issu de 4 années de recherches et d’études — en anthropologie, neurosciences, économie et sociologie — "Une économie sans argent est possible au 21e...

Prendre la parole sur le vivant : l’Inrae ouvre son kit pratique à tous

À l’heure où les enjeux liés au vivant – biodiversité, alimentation, climat, santé globale – s’imposent au cœur du débat public, la parole scientifique...

Quand les pollinisateurs disparaissent, le cycle de l’eau se dérègle ​avec des conséquences pour la Résilience des territoires, l’Agriculture et la Santé

Quel est le rôle des pollinisateurs dans le cycle de l’eau, la condensation locale et la stabilité hydrique des territoires ? L’article de Nicolas...