Le déferlement Nord > Sud

Les exportations de produits vers les pays en voie de développement ont des impacts importants sur leur économie.

Un exemple au Burkina Faso : 1 Litre de lait local coûte 50% plus cher qu’un litre de lait en poudre importé de France. Comment est-ce possible ? Le coût de la vie en France est bien supérieur à celui du Burkina Faso. Et bien c’est assez simple : les états européens (et surtout la France) subventionnent massivement leur agriculture même pour les produits destinés à l’export vers les pays moins riches le litre de lait est donc vendu à perte par l’agriculteur qui sera payé par les subventions. D’autre part, les méthodes de sélection et d’élevage intensif font qu’une vache française produit entre 6000 et 10 000 Litres de lait/an contre moins de 300 Litres pour la vache locale. Avec plus de 500 tonnes de lait en poudre envoyé par l’Europe au Burkina c’est un raz de marée de 4 300 000 Litres de lait reconstitué qui se déverse sur le pays. Au final, les éleveurs burkinabé ne parviennent pas à vendre leur lait, ils ne peuvent pas en vivre. L’économie locale est court-circuitée par cette arrivée massive de matière première à bas prix. Il en va de même pour de nombreux autres produits (volaille, etc.). Ce fonctionnement dégrade non seulement les économies locales mais aussi la balance commerciale de ce pays plombée par les importations. Pour faire rentrer des devises et équilibrer la balance commerciale, le Burkina Faso exporte des matières premières (majoritairement du coton) mais elles sont à nouveau mises en concurrence avec les producteurs subventionnés qui tirent les prix du marché vers le bas. Pour résumer, nos subventions détruisent les économies locales et accentuent les déficits macro-économiques des pays en voie de développement. Ce processus est d’autant plus vicieux qu’en limitant le développement des moyens de production locaux, la dépendance aux importations est accrue… Et ce n’est pas en acheminant des centaines de tonnes de denrées alimentaires par le biais des programmes humanitaires que le problème se réglera… Les gouvernements des pays riches devraient arrêter de fausser le marché avec leurs subventions (Pascal Lamy y travaille à l’OMC mais ce n’est pas gagné) et les consommateurs français se demander si, faire produire jusqu’à 40 Litres de lait par jour à une vache est vraiment raisonnable… Gaëlle B. www.iddd.blogspot.com Cet article a été inspiré par le livre « Les pieds dans le plat » -La face cachée de notre alimentation » aux édition Elka. Un livre pour enfants passionant (pour les adultes aussi).

 

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