L’influence des récits sur les transformations sociétales

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La Fabrique Ecologique
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Dans le cadre de sa rubrique « L’Oeil de La Fabrique Ecologique« , présentant dans une fiche courte un document international aux idées novatrices, peu ou pas commenté dans le débat public de notre pays, La Fabrique Ecologique a le plaisir de vous présenter l’Oeil n°31 : L’influence des récits sur les transformations sociétales Publié dans la revue Sustainability le 14 octobre 2019 par Ilan Chabay, Larissa Koch, Grit Martinez et Geeske Scholz, l’article : « Influence of Narratives of Vision and Identity on Collective Behavior Change«  s’intéresse à l’influence des récits dans les transformations de communautés vers une société durable. Face à l’urgence climatique, la question du récit comme vecteur de mobilisations individuelle et collective est devenue omniprésente. C’est en partant du constat de la non-durabilité des modes de vie actuels, que cet article entend analyser l’influence des récits identitaires et de vision de la société de demain sur les dynamiques de transformations des sociétés. L’analyse porte d’abord sur le concept de récit et détaille son lien à une culture et une identité donnée (1) en revenant sur la méthode adoptée par les chercheurs pour comprendre l’impact et la transférabilité de ces récits (2). Les chercheurs déclinent par la suite trois études de cas de communautés au sein desquelles un récit a eu une incidence sur les pratiques des individus: Le « Jardin Créole » dans les Caraïbes, le « Tamil Resources Conservation Trust » en Micronésie et la Gestion communautaire des ressources halieutiques au Malawi dans la région de Salima. Ces études de cas permettent aux chercheurs de développer un modèle pour mieux comprendre l’influence des récits dans les mouvements sociaux vers la durabilité (3).1. En analysant notamment des récits d’actions, l’article affirme leur importance dans la formation d’une connexion émotionnelle à l’origine des transformations sociétales. Les chercheurs y conceptualisent une forme de récit qu’ils nomment une expression narrative concise et effective (CANE), autrement dit une phrase ou une expression qui contient un implicite culturel et identitaire suffisamment fort pour se transmettre facilement et incarner une vision de l’avenir. Pour un des exemples traités dans les études de cas, il s’agirait du mot « lyannai » associé à la culture du « jardin créole » signifiant la convivialité. – 2. Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont réuni des personnes de douze pays afin d’élaborer un modèle de catégorisation voué à analyser différents récits et leur impact. L’article relève 5 catégories d’analyse : la plausibilité du récit au regard des informations et de l’expérience d’un individu, le lien avec l’environnement de l’individu, la conformité du récit à ses normes, l’identification émotionnelle et les incitations motivationnelles liée à son identité. Toutes ces catégories permettent ainsi de juger de l’efficacité d’un récit sur l’action collective. – 3. Chacun des trois récits étudiés sont construits autour de la prise en compte d’enjeux environnementaux et de résilience des communautés qu’ils concernent. Pour les trois cas, le récit mettait en lumière des figures et des savoirs traditionnels, de la pratique du « jardin créole » à l’éthique de préservation des ressources naturelles chez les Tamouls en passant par la reprise du discours d’un chef traditionnel Makanjira. L’étude montre que ces récits ont été diffusés par un canal de transmission moderne qui participe à son écho, création d’une ONG, rapport officiel ou média radiophonique. Ainsi cette méthode et ces études de cas participent à une meilleure compréhension des dynamiques au sein des mouvements sociaux sous l’angle de l’influence du récit. L’avis de Thierry Libaert, Vice-président de La Fabrique Ecologique La sensibilisation en matière de dérèglement climatique est largement inefficace car elle se base sur la peur, l’injonction et une communication trop technique (émissions de CO2 ; élévation de 2 degrés, nombre de PPM…). L’article mentionné nous rappelle l’intérêt de construire un récit réellement attractif pour mobiliser un changement de comportement. Il nous montre que cette nouvelle histoire peut être uniforme et qu’elle doit s’ancrer dans nos cultures. Seul le lien avec une histoire culturelle peut donner force au nouveau récit climatique dont nous avons fortement besoin. L’influence des récits sur les transformations sociétales

 

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