Dans l'actualité :

Les 11 principes de l’entreprise régénérative pour aller vers des impacts positifs nets pour le vivant

Régénérer, c’est pour l’entreprise s’engager vers la génération d’impacts...

Pollution de l’air et nuisances sonores empoisonnent encore la vie des citadins européens

La pollution urbaine reste une menace environnementale majeure pour...
Un rapport des Amis de la Terre International

Jatropha : en Afrique, la plante miracle des agrocarburants est un échec

Les Amis de la Terre International publient aujourd’hui le rapport Jatropha : l’argent ne pousse pas sur les arbres, qui étudie les performances du fameux jatropha et concluent que cette plante n’est pas à la hauteur des promesses de ses partisans.

Jatropha
Jatropha
Le jatropha est un arbuste de plus en plus cultivé pour ses fruits riches en huile et pour sa capacité à survivre dans des conditions arides. Le rapport des Amis de la Terre International avertit les investisseurs qui voudraient se lancer dans cette aventure et confirme que cette plante est loin de remplir les attentes placées en elle. Le jatropha ne participe ni à la lutte contre les changements climatiques, ni ne contribue à un développement en faveur des plus pauvres. Le jatropha a été lancé par les compagnies d’investissement comme la plante miracle : elle produit un agrocarburant, peut être cultivée sur des terres marginales – c’est-à-dire non agricoles – en Afrique, Asie et dans les Amériques du Sud et centrale, et en plus, elle peut rapporter gros. Plusieurs recherches des Amis de la Terre montrent que les investissements à grande échelle sont un échec, car les rendements attendus ne sont pas au rendez-vous. L’échec du jatropha est illustré dans ce rapport par les déboires d’entreprises : Parmi les compagnies connues pour investir dans le jatropha, D1 Oils (R-U) et Flora EcoPower (Allemagne) ont de mauvais résultats boursiers. BP s’est retiré de sa joint venture avec D1 Oils car les résultants étaient décevants. Comme autre exemple, on a les Suédois de la compagnie BioMassive qui avaient loué des terres en Tanzanie pour y faire des plantations de jatropha. Ils ont annoncé des pertes jusqu’en 2009 et on n’en a pas plus entendu parler depuis. La compagnie hollandaise BioShape qui avait aussi acquis des terres en Tanzanie a fait officiellement faillite en 2010. La viabilité économique de cette plante est donc plus que sujette à caution.
Un rapport des Amis de la Terre International
Un rapport des Amis de la Terre International
Pour Paul de Clerck, coordinateur du programme Justice économique des Amis de la Terre/Friends of the Earth Europe : « Les compagnies européennes d’investissement font de la publicité pour le jatropha, en promettant une garantie de retour sur investissements avec une culture sur des terres marginales, mais ces promesses ne sont absolument pas réalistes. De nombreux projets ont déjà été abandonnés car les rendements étaient bien en-dessous des promesses, même sur de bonnes terres. Investir dans de grandes plantations de jatropha n’est ni rentable économiquement, ni durable environnementalement. Les entreprises devraient arrêter de s’accaparer de terres pour faire du jatropha ». De plus, ces investissements sont très controversés, car ils participent activement à l’ accaparement des terres en Afrique et provoquent l’expulsion des petits paysans, des communautés rurales, tout en rentrant en compétition avec les cultures vivrières et les ressources en eau. Pour Christian Berdot animateur de la campagne Agrocarburants des Amis de la Terre France : « Après les émeutes de la faim de 2008, la filière des agrocarburants croyait avoir trouvé la plante miracle, celle qui pousse sur des terres arides, ne rentre – prétendument – pas en concurrence avec les terres agricoles et l’eau et permet de mettre un peu « d’éthique » dans votre moteur. Malheureusement, les entreprises européennes qui se sont abattues sur l’Afrique comme un nuage de criquets déchantent. Tous les problèmes subsistent, les rendements sont souvent déplorables et les criquets restent sur leur faim… » Pour Mariann Bassey, coordinatrice du programme Alimentation et Agriculture du groupe Environmental Rights Action / Amis de la Terre Nigeria : « En Afrique, on prend la terre aux communautés rurales et on les prive ainsi de leur moyens de subsistance. Tout cela pour une fausse solution avec comme alibi la lutte contre les changements climatiques. Les prix alimentaires augmentent de nouveau et nos terres nous sont volées pour faire des carburants pour les voitures. Nous voulons une agriculture qui permette de nourrir d’abord les humains ». – Consultez le rapport complet « Jatropha : l’argent ne pousse pas sur les arbres » en cliquant ici. – Le résumé est accessible en cliquant ici.

 

A lire

Comment mieux parler d’écologie ? Ce que nous dit la recherche

"Parler d’écologie, c’est bien. Être écouté, c’est mieux". Dans...

Comment mobiliser la société grâce au prisme de l’imaginaire ?

« Les récits qui nous paralysent sont ceux qui...

170 actions pour lutter contre le changement climatique

Parce que "nos actions pour sauver la planète ne...

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

La nature développe l’empathie, un pilier indispensable pour bâtir une société bienveillante et harmonieuse

"L'empathie doit devenir un des piliers de l'éducation pour...

Veganuary 2025 : c’est le mois de janvier pour tester le véganisme

Depuis sa création en 2014, Veganuary a inspiré et...

AMULETTE : des jeux d’imagination éducatifs pour les enfants de 3 à 10 ans

Amulette sort pour Noël un nouveau kit "Si j'étais...
David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

COOP’TER soutient des coopérations territoriales dont les modèles économiques répondent aux enjeux de transition sociale et environnementale

COOP’TER est un programme qui soutient des coopérations économiques territoriales fondées sur des modèles économiques répondant aux enjeux de transition sociale et environnementale. Son...

Les 11 principes de l’entreprise régénérative pour aller vers des impacts positifs nets pour le vivant

Régénérer, c’est pour l’entreprise s’engager vers la génération d’impacts positifs nets pour les écosystèmes et la société. Concrètement, comment une entreprise peut-elle contribuer à...

Pollution de l’air et nuisances sonores empoisonnent encore la vie des citadins européens

La pollution urbaine reste une menace environnementale majeure pour la santé dans l’UE, alerte la Cour des comptes européenne dans son rapport. Les villes...