Nouvelle étude et nouvelle polémique sur les effets du Roundup

Le Roundup® est l’un des herbicides les plus vendus au monde. Et la marque phare de la firme américaine Monsanto, qui s’est depuis spécialisée dans la commercialisation de semences OGM résistantes… à son propre produit. Pour la première fois nous signale cette semaine le MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) , les mécanismes de la toxicité de quatre différentes formulations de Roundup® ont été mis en évidence dans une enquête publiée cette semaine par la revue scientifique américaine « Chemical Research in Toxicology » [[“Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells.” Nora Benachour and Gilles-Eric Seralini . Chem. Res. Toxicol -2008 En ligne le 23/12/2008 sur : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n.]]. Gilles-Eric Séralini, professeur de biochimie à l’université de Caen, affirme avoir « élucidé les mécanismes de la toxicité du produit sur des cellules humaines ».

L’étude montre que ces formulations [[Les formulations de Round Up® sont des herbicides répandus sur la majorité des OGM cultivés qui en contiennent des résidus, comme le soja au Roundup, le principal OGM importé en Europe.]] de Round Up® agissent à des doses infinitésimales (dilués jusqu’à 100.000 fois ou plus) et elles programment la mort cellulaires en quelques heures, ainsi que des dommages des membranes et de l’ADN, et empêchent la respiration cellulaire. Différents types de cellules humaines ont été étudiées : des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, ou de lignées moins sensibles spécialement utilisées pour mesurer la toxicité des polluants. L’étude montre également que le mélange de différents constituants adjuvants [[Un des principaux adjuvants est le polyethoxylated tallowamine ou POEA . Ces adjuvants sont considérés comme inertes.]] des Roundup® amplifie l’action du principe actif de l’herbicide, le glyphosate; et qu’un de ses produits de transformation (l’AMPA) peut être encore plus toxique. Cela est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle qui ne tient pas compte de ces phénomènes et fixe par exemple des Limites Maximales en résidus pour le glyphosate, quelle que soit sa formulation de vente.

Le MDRGF salue cette nouvelle étude. L’association demande aux autorités en charge de l’évaluation des pesticides de réévaluer les diverses formulations de Round Up® en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants. De plus « le MDRGF s’associe au CRIIGEN pour demander que les analyses de sang détaillées de chaque mammifère ayant reçu de l’herbicide lors des tests réglementaires avant autorisation commerciale soient immédiatement rendues publiques, car elles pourraient masquer des effets indésirables. » déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF qui s’inquiète également de la présence de ces résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe servant à l’alimentation animale.

« Le Roundup est un herbicide et il n’a pas été conçu pour autre chose, rétorque une porte-parole de Monsanto dans les colonnes du Parisien (édition du 26 décembre 2008). Pourquoi vouloir détourner son usage normal pour dénigrer systématiquement le produit ? »
Le Parisien nous apprend ainsi que la multinationale a d’ailleurs édité un guide des bonnes pratiques du désherbage à l’intention de ses usagers, par exemple de ne jamais le pulvériser « quand il y a du vent, pour éviter toute projection sur vous-même et sur les plantes voisines que vous souhaitez préserver ». « Concernant les OGM tolérants au Roundup, reprend sa porte-parole, les exigences fixées aux industriels en matière de résidus de pesticides autorisés sont de haut niveau ». Le Parisien rappelle que la Commission européenne vient d’ailleurs d’autoriser l’importation dans l’Union européenne d’un nouveau soja OGM de Monsanto (le MON 89788). Conçu à des fins alimentaires par la firme américaine, cette espèce de soja est aussi appelée Roundup Ready 2. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire estime qu’il ne présente « aucun risque pour la santé humaine ou animale »…

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