Banques et environnement : presque tout reste à faire

Un nouveau rapport des Amis de la Terre rendu public aujourdhui met en évidence l’absence de politique environnementale digne de ce nom dans les huit plus grandes banques françaises. Face à ce constat consternant, les Amis de la Terre demandent un renforcement de la loi sur le reporting, et la mise en place de véritables politiques environnementales au sein des banques, surtout concernant leurs impacts indirects.

Le rapport « Banques françaises et environnement : presque tout reste à faire » est le premier rapport rendu public en France en la matière. Il anayse les politiques environnementales des banques selon quatre grands critères : le système de management environnemental, le système d’évaluation des politiques environnementales, les impacts environnementaux directs, et enfin les impacts indirects (politiques d’investissement et de financement).

Quatre éléments majeurs se dégagent :
– L’opacité est la règle, la transparence reste l’exception : une loi exigeante est nécessaire ;
– Les résultats les plus faibles concernent les politiques d’investissement et de financement, qui ont pourtant de loin les impacts environnementaux les plus importants ;
– Les objectifs environnementaux sont particulièrement flous ou peu ambitieux ;
– Enfin, la formation interne en matière environnementale est nettement insuffisante.

Sébastien Godinot des Amis de la Terre explique : « Au final, il n’est pas possible de dire quelles banques sont les meilleures en matière environnementale, mais plutôt lesquelles sont les moins catastrophiques, tant leurs pratiques actuelles sont loin des enjeux et même de leurs propres engagements. Ainsi, HSBC n’a aucune politique spécifique en matière d’énergies renouvelables ; BNP-Paribas et la Société générale n’ont aucune politique sur les industries extractives malgré leur implication internationale majeure en la matièrele. Le Crédit Agricole n’a pas de politique en matière agricole alors qu’il représente 80% de ce marché. La Caisse d’Epargne ne fait pratiquement aucune analyse environnementale de ses entreprises clients. Dexia et la Banque Populaire n’ont aucune politique concernant les forêts ou la chimie. Enfin le Crédit Mutuel-CIC reçoit la palme de la banque la pire pour son son rapport annuel déplorable et son refus de répondre à nos sollicitations ».

Dans la notation finale sur 10, quatre groupes de banques se distinguent : HSBC, Dexia et le Groupe Banque Populaire (2,6 à 2,9 sur 10) ; puis la Société Générale, le Crédit Agricole et BNP-Paribas (1,7 à 2) ; suit la Caisse d’Epargne (1,3) ; enfin le Crédit Mutuel-CIC( 0,2).

Sébastien Godinot poursuit : « Notre rapport met en avant de nombreuses bonnes pratiques, autant françaises qu’internationales, et précise quelles sont les meilleures normes internationales que les banques doivent suivre. Si la volonté témoignée par plusieurs banques est réelle, celles-ci devraient s’inspirer dès 2006 de ces éléments. C’est ce que nous suivrons de près. »

Note : Les huit banques étudiées sont les suivantes : BNP-Paribas, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC, Dexia, HSBC, Groupe Banque Populaire, Société Générale.

Lisez le rapport et ses annexes ou le résumé du rapport

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