Affichage publicitaire : plus d’actes pour moins de bâches

Alors que la consultation publique qui s’est déroulée en mars 2011 a donné lieu à une forte mobilisation de nos concitoyens, excédés par les débordements de l’affichage publicitaire, l’Etat n’a toujours pas annoncé les mesures qu’il comptait engager pour prendre en compte le résultat de cette consultation. Pire : le décret ne cesserait d’être modifié… pour satisfaire les demandes des sociétés d’affichage ! FNE et Agir pour les paysages demandent la remise à plat complète du projet.

Une mobilisation massive contre la pollution visuelle

Au cours de la consultation publique et bien que celle-ci n’ait duré que trois semaines, plus de 6 500 citoyens se sont adressés au ministère de l’Écologie pour lui demander une meilleure protection du cadre de vie et une prise en compte des propositions formulées par les associations, dont FNE et Agir pour les paysages. Les messages dénonçant l’omniprésence de l’affichage représentent près de 90 % de l’ensemble des messages reçus par le ministère ! Ces résultats sont impressionnants mais sans surprise : depuis plusieurs années, des enquêtes d’opinion montrent qu’une large majorité de Français juge la publicité « envahissante ».

Les publicitaires tiennent la plume

Alors que ces résultats sans appel auraient dû conduire le ministère de l’Écologie à revoir son projet dans le sens d’une meilleure protection de l’environnement, celui-ci garde depuis deux mois un silence gêné. Les rares informations parvenues aux associations font état… d’un assouplissement du projet, qui était pourtant déjà peu ambitieux (maintien des panneaux publicitaires de grand format y compris scellés au sol, possibilité de recouvrir entièrement un mur par une bâche publicitaire…). A croire une source au ministère de l’Écologie citée par le Canard enchaîné du 1er juin, l’explication serait simple : « Les gens du groupe JCDecaux ont littéralement tenu notre stylo pour écrire le décret. Dès qu’un truc ne leur plaisait pas, ils nous le faisaient réécrire. »

Une refonte complète s’impose

France Nature Environnement et Agir pour les paysages demandent donc à rencontrer Nathalie Kosciusko-Morizet et invitent celle-ci à réexaminer point par point le projet de décret, en tenant compte des observations des associations et de l’avis de nos concitoyens. Pour Cyril Ronfort, président de l’association Agir pour les paysages : « Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, l’actuel projet permettrait une aggravation de la pollution visuelle au lieu de renforcer la protection des paysages. » Pour Raymond Léost, secrétaire national de FNE : « Le Grenelle ne doit en aucun cas conduire à un affaiblissement d’une réglementation destinée à protéger l’environnement. »

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