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COMPTE-RENDU DE LA JOURNEE DEBAT DU 11 mai 07

« Mieux vivre dans les quartiers »

« Comment faire vivre au quotidien la solidarité, la citoyenneté, la responsabilité ? »

juin 2007
Posté par Cyrille

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Dans le cadre des rencontres du sud d’Avignon, la journée débat a été organisée en partenariat avec les organismes de formation et la Régie de Quartier du Grand Avignon.

Après l’accueil et l’introduction de la journée animée par Brigitte FINE et Catherine HONNORE, Yazid KHERFI l’intervenant de la journée a expliqué son parcours difficile mais sa volonté de vouloir s’en sortir. Auteur du livre « Repris de justesse », il est algérien d’origine ; sa jeunesse au Val Fourré lui fait vivre misère, malheur, danger : Il connait des problèmes de délinquance avec 5 ans de prison (une expérience du temps, de la privation de liberté, de promiscuité) et est expulsé ; moment « déclic » : ses voisins plaident sa cause, disent du bien de lui : « c’est l’étonnement radical : un changement de regard, ça change tout dans une vie ». Il fait le choix de devenir éducateur parce que c’est « important de s’occuper des petits ».

Diplômes, parcours :

· sciences de l’Education
· directeur de maison des jeunes (comprend qu’ « il ne faut pas travailler en fonctionnaire » : ouverture de 9h du matin à 2h du matin…
· responsable de prévention de la délinquance dans une ville
· diplômé de la Sécurité civile : « il faut entrer dans le système policier pour l’améliorer ».

Actuellement, il est consultant en politiques urbaines.

Bilan : on l’a aidé : le changement viendra d’en bas et pas d’en haut. Il fait appel à la communication entre les groupes sociaux qui peuvent réfléchir ensemble. Chacun est porteur d’espoir. D’autres attendent de l’aide et chacun à son niveau peut agir.
Sa présence ainsi que son discours sont utiles voire indispensables pour les jeunes, particulièrement les jeunes délinquants, à l’image de ce qu’il a lui-même été.

De 10h30-12h, le travail en sous groupes s’est fait selon le fil conducteur suivant :

Constats :

- Qu’est-ce qu’un quartier pour vous, comment le définir ?
- Qu’est-ce qui fait qu’on y vit bien ?
- Qu’est-ce qui fait qu’on y vit mal ?
- Connaît-on d’autres quartiers ?

Propositions :

- Comment chacun peut-il améliorer la vie de tous les jours dans son quartier ?
- Comment individuellement et collectivement développer la citoyenneté, la responsabilité ?
- Comment développer le lien social ?

Après la paëlla partagée, le débat a eu lieu en dialogue avec Yazid KHERFI.

 I - LES CONSTATS

QU’EST-CE QU’UN QUARTIER ?

- Définition géographique : C’est un ensemble de rues dans la ville ; cela peut être aussi un grand village où l’on peut faire ses courses à pied ; mais cela peut être également « une montagne de maisons tassées » avec regroupement d’une certaine population, un monde à part (ghetto).

- Définition humaine : C’est un ensemble de gens qui partagent ces lieux
C’est un lieu de vie, de rencontre et d’échanges, avec des gens que l’on n’a pas choisis, mais avec lesquels il faut vivre. C’est un lieu où il peut y avoir de la solidarité, où les voisins sont des amis.

- Caractéristiques : Il y a ambivalence du mot « quartier » : circonscription urbaine ou zone à problèmes. Un quartier peut être calme ou agité ;
De nos jours, le quartier a parfois un concept négatif par rapport à quelques décennies.

QU’EST-CE QUI FAIT QU’ON Y VIT BIEN ?

- Les bonnes relations avec des voisins, avec l’entraide, le calme, le respect, la communication ; Ce sont les habitants qui font vivre le quartier ; « le quartier a une âme » dit un jeune. Certains jeunes veulent s’en sortir, devenir autonomes, être respectueux, des autres et d’eux-mêmes. La présence des enfants est importante aussi.

- L’identité : on n’est alors pas anonyme et l’on fait partie d’un tout ; on appartient à son quartier, un quartier aide en effet à exister lorsque l’on a pas assez d’assurance On peut manquer d’identité en dehors du quartier, avoir le sentiment d’être perdu tellement l’identité liée au quartier est forte. Car dans un quartier l’ancienneté de vie permet de connaître les gens par l’école les commerces. C’est un moyen d’identification « je suis de … » Mais ce lieu de relation conviviale peut cacher de vieilles haines et de l’exclusion. Pour être accepté il faut connaître certaines règles.

- Les aménagements des lieux avec le confort des bâtiments, l’accès aux commerces et les équipements sportifs, les aires de jeux.

Les recettes pour vivre heureux dans un quartier : c’est se satisfaire de ce qu’on a, avoir des amis, s’impliquer dans des actions sur le terrain, autour de l’école, des loisirs, par exemple.

QU’EST-CE QUI FAIT QU’ON Y VIT MAL ?

- Une image négative

· les quartiers quand on n’y habite pas, on peut y aller en passant mais en général, on les évite par peur. L’image des quartiers est celle de problèmes avec le sentiment que ça va nous exploser à la figure. L’équation est : Quartier= jeunes= délinquance. Certains se valorisent par la violence et la délinquance devient un statut (ex : les caïds de quartier).

· Le quartier peut être un lieu de vie, de rencontres et d’échanges MAIS aussi un dortoir anonyme. L’image défavorable du quartier vient de l’extérieur, de ceux qui ne le connaissent pas et ce regard crée un mal-être, des réactions de peur et de défense. Même à l’école un a priori négatif domine et fait souffrir. Or ce sont les habitants qui donnent de la qualité à la vie dans les quartiers et certains d’entre eux veulent S’EN SORTIR ce qui ne signifie pas « quitter le quartier ».

· Les jeunes certains du moins sont mal vus par d’autres jeunes. Le regard des uns par rapport aux autres entraîne un mal être, des peurs (peur de l’autre). Les jeunes sont souvent sur la défensive.

- La dégradation des relations sociales

· Avant, le quartier ressemblait à un village où tous les gens se connaissaient, les professionnels allant au devant des habitants du quartier (les grands s’occupaient des petits). Chacun avait un rôle bien précis. On est passé de la sérénité au danger, les pressions, le repli communautaire. On est obligé de faire attention à tout ; on a un manque général de confiance, toujours la peur, la crainte de la violence, la drogue ;

· Lorsqu’un quartier se dégrade, quelles en sont les raisons ? L’éducation des enfants, l’incompréhension entre populations d’origines différentes, la crainte de représailles, la loi du quartier.

· La traduction de ce malaise : Les jeunes (garçons) ont un langage à eux qui excluent ceux qui ne le pratiquent pas et les exclue eux-mêmes.Les gens dans les zones pavillonnaires ne se connaissent même pas ; il n’y a pas de mixité sociale, et beaucoup de méfiance. Ceci dit, tout le monde met en avant la mixité mais l’on n’est y pas prêt et ce n’est pas si simple que ça.
Le quartier est parfois (souvent) vécu comme un territoire dont on est propriétaire avec affrontement de bandes rivales entre quartiers, rejet des nouveaux arrivants.

- Les violences

Dans le quartier, elles se transposent dans les écoles .Elles se manifestent par la présence de la drogue faute de travail, les enfants dans la rue mal encadrés (ils veulent un portable, et être bien habillés pour être comme les copains),les incivilités (voitures brûlées), des gens en difficultés, les cultures différentes, le manque de tolérance et de concessions, les vols, les immeubles mal entretenus ; le manque d’argent conduit à la violence, la délinquance.
L’économie souterraine existe mais il ne faut pas parler compte tenu des risques de représailles)

- L’enfermement

· le rôle de la pauvreté : on s’y installe parce qu’on est pauvre, on y reste parce qu’on est pauvre et on subit quotidiennement les conséquences de cette pauvreté.

· on s’y connaît, on s’y aide, mais on peut aussi s’y ignorer. Le racisme est réciproque : une jeune française peut être rejetée parce qu’elle n’est pas maghrébine.

CONNAIT-ON D’AUTRES QUARTIERS :

Il n’y a rien pour attirer les gens dans d’autres quartiers, à part si l’on connaît quelqu’un. On peut aller dans un autre quartier pour une raison précise, par exemple : aller au marché, voir des connaissances, pour des associations.
Il y a la peur des autres quartiers et de leur réputation

 II - LES PROPOSITIONS

CREER DU LIEN SOCIAL

- Notre attitude personnelle

· Changer notre mentalité et vouloir connaître la mentalité de l’autre est déjà une première chose. Avoir des gestes de civilité comme avertir pour une fête, ou ne pas faire de bruit, comme de rappeler à chacun partout, la nécessité du respect est également important.

· Il faut se sentir responsable des autres : créer des évènements (fêtes, pique-nique), aller au marché, profiter de l’école pour rencontrer d’autres parents ou encore participer aux associations sportives.

- Les initiatives collectives

· Favoriser les sorties vers d’autres quartiers, l’échange des repas (cuisine des voisins).

· Mettre les gens en communication et mettre en valeur les habitants pour leur donner confiance. Créer des lieux et trouver des moyens pour se confronter autrement que par le conflit et où les gens peuvent s’exprimer sans crainte d’être jugés et avec des personnes compétentes. Organiser des lieux de rencontre entre les familles et les mairies. Utiliser l’humour pour désamorcer les conflits. La stabilité d’une population fait que le quartier se bonifie et sert d’exemple pour les quartiers moins équilibrés.

· réfléchir au statut des galeries marchandes : peut-on accepter qu’elles soient le seul lieu d’échange entre habitants du quartier ? cependant les grandes surfaces pourraient très bien devenir des lieux d’échange de paroles moyennant quelques initiatives culturelles bien ciblées.

· Organiser des chantiers humanitaires

· Organiser une information à la portée de tous sur la vie du quartier et sur ce qui se fait ailleurs de positif : repas de quartier avec concours de jardin et balcons fleuris

· faire connaître l’histoire de chaque quartier ;

· être persévérant dans les actions conduites, mettre en avant devant les jeunes les aspects positifs de la vie sociale, les progrès dont ils bénéficient.

- La formation des personnels

La formation de tous les acteurs qui interviennent dans les quartiers est indispensable : évaluer les actions, promouvoir la citoyenneté, travailler en réseau, mutualiser les compétences ; il faudrait également revoir le fonctionnement des centres sociaux, les créneaux horaires et les périodes de vacances, avoir plus de temps libre, moins d’activités et travailler à l’accès à la culture ;

ETRE UN CITOYEN ACTIF

- Il y a beaucoup de « citoyens » mais pas beaucoup de civisme. Il faut fournir des efforts de civilité avec les comportements fondamentaux ; les droits et les devoirs pour que chacun puisse être acteur de sa vie d’habitant de quartier, le civisme étant de partager ensemble ce qui nous est propre.

- participer aux décisions qui concernent de près la vie des quartiers : couper un arbre, changer un revêtement…

- participer à titre individuel aux événements collectifs du quartier et participer à des associations de locataires, de quartier ;

SOUTENIR LES PARENTS

- Aider les parents en difficulté, les valoriser et les encourager à devenir des modèles en les détectant et les soutenant discrètement. Comment l’autorité peut retrouver sa légitimité ? Il faudrait multiplier les groupes de parole

- Avoir un plus grand nombre d’éducateurs de rue.

TRAVAILLER A LA REUSSITE SCOLAIRE

- promouvoir la réussite scolaire et les modèles positifs.

- remettre de la présence adulte devant les établissements scolaires qui se trouvent dans les quartiers (surveillants, parents).

- modifier la carte scolaire,

MAINTENIR UNE QUALITE DE L’ENVIRONNEMENT

- Veiller au respect et à la protection de l’environnement commun de son quartier

- Nécessité des équipements fondamentaux : jardins, transports, commerces, poubelles (hygiène)

Il faut une vraie volonté politique de faire bouger, changer les choses ; travailler sur l’image des quartiers pour qu’ils ne soient plus stigmatisés ;

 III - LES DEBATS

LA VIOLENCE EN GENERAL

Pour Yazid KHERFI, la violence est un signe d’espérance, le signe que la volonté de dire « non » est toujours là. Il faut des drames pour qu’il y ait réaction (cf. 1981 et la 1ère politique de la ville). Il est personnellement adepte de la non-violence, mais pour lui il faut aussi se méfier des quartiers calmes.
De plus la violence est un moyen de sortir de la dévalorisation que ces populations subissent « dans la vie honnête ». Etre délinquant, c’est acquérir un statut de caïd : on rêve de devenir Zidane ou Scarface. C’est pourquoi il faut proposer des modèles positifs. Plus on abandonne les quartiers, plus on laisse la place à d’autres qui occuperont le terrain : c’est une responsabilité sociale et politique à assumer.

LES POINTS PRECIS D’ACTION

Voici les quinze points sur lesquels il faut que la collectivité soit attentive :

1. la violence de l’environnement matériel et moral

2. la stigmatisation de la population : elle engendre des radicalismes en retour

3. l’échec scolaire

4. les fréquentations dangereuses des adolescents

5. l’oisiveté (chômage, pas de vacances « ailleurs »)

6. discrimination pour l’embauche selon le critère de l’adresse : elle engendre les replis communautaires

7. la pauvreté : la délinquance est le seul moyen de s’enrichir un peu pour les pauvres

8. la défaillance de la famille : pas de cadrage des enfants et adolescents

9. le dysfonctionnement des pratiques de la vie sociale : on s’ignore, on ne s’intéresse plus aux autres, on n’intervient plus pour défendre les règles de la vie collective

10. la négligence des politiques plus soucieux de préserver leur électorat que de tenter d’améliorer la situation du quartier

11. la politique du logement qui encourage les regroupements ethniques et par conséquent incite à la discrimination sur le territoire : le Val Fourré est la plus grande ville communautaire d’Europe.

12. la politique de mixité sociale qui reste encore à faire

13. des acteurs sur le terrain qui sont mal formés à la réalité sociale : 80% des policiers sont issus de la province et 80% sont nommés en région parisienne pour leurs premières affectations. Même chose pour les enseignants : on nomme les plus jeunes et les plus fragiles sur les postes les plus difficiles et les plus exposés.

14. la prison : 75% de récidive pour les jeunes. On y parle d’ « e -business » qui paraît plus valorisant que l’école ou le travail. On s’y fait des copains et les délinquants apprennent à aimer la délinquance. Ils se valorisent entre eux. La sanction « intelligente » reste encore à inventer.

15. les centres sociaux : les horaires sont à revoir (nuit) et il faudrait qu’ils s’appuient davantage sur des besoins locaux particuliers. Il ne faut pas y attendre les jeunes, mais gagner leur confiance. La formation des éducateurs est inadéquate : tout comme celle que dispensent les IUFM et les Ecoles de police.

LA POPULATION

- Une composition qui n’est pas uniforme.

Il n’y a pas que des jeunes. Il y a aussi des personnes âgées, des femmes isolées dans les quartiers. Il ne faut pas oublier les pathologies liées au mal-être et à l’isolement comme celle de l’alcool.
Il faudrait aider à mieux accueillir les nouveaux arrivants ailleurs que dans les centres sociaux qui sont déjà saturés de tâches à accomplir.
Il faudrait demander aux habitants de trouver un élément de valorisation spécifique de leur quartier.
Les habitants ont des difficultés, qui les anéantissent. Il faut s’intéresser à eux et retravailler là.
Un Centre social souligne la difficulté à solliciter la population sur le terrain.

- Les jeunes

· Les causes des problèmes

Le problème des jeunes dans les quartiers, c’est notre faute aussi ; si on ne fait rien, l’extrémisme prend la place. L’attitude des élus, la création de ghettos, le repli communautaire, les dysfonctionnements des centres sociaux, celui des institutions (police, enseignement, animateurs) où l’on met les moins expérimentés en première ligne, des horaires des services publics inadaptés : Ces facteurs sont aggravants pour les jeunes violents et délinquants qui vivent dans un quartier. Il existe d’autres facteurs comme l’oisiveté, les discriminations, les dysfonctionnements des habitants qui n’interviennent pas pour rétablir les règles. Il faudrait beaucoup plus d’intervenants extérieurs : les jeunes des quartiers manquent de modèles positifs.

La prison est une école du crime où l’on apprend tous les différents métiers.

A la sortie, il y a plus de haine et rien n’a changé. On en sort un caïd.
La famille / l’école / la rue : actuellement trois lieux que fréquentent les enfants et qui se discréditent mutuellement alors que la rue nous a tous formés et qu’il y une époque encore assez proche où ces trois lieux étaient globalement complémentaires.

· L’attitude à avoir

Il y a une peur éprouvée par les adultes face à des jeunes agressifs de plus en plus tôt dans leur vie : Comment l’adulte pourra-t-il reprendre sa place d’autorité ?
Il faut aller vers les jeunes ; il faut travailler en gagnant leur confiance et voir comment on travaille avec ceux qu’on n’aime pas.
Yazid KHERFI prend l’exemple du hall d’immeuble : on peut établir un dialogue avec « la bande au pied de l’escalier » en profitant du temps où tout va encore bien. On acquiert ainsi un peu de crédit à leurs yeux (petits service réciproques) : quand la situation se dégrade, ce crédit peut permettre de désamorcer l’agressivité.

Il faut

1. privilégier les missions locales
2. décloisonner les missions sociales
3. travailler l’animation de quartier et l’accompagnement scolaire

Il est pointé le fait que la transmission culturelle et religieuse n’est en général pas faite. Cette tâche (indispensable pour que les jeunes s’identifient par rapport à leur lignée) revient aux familles mais aussi à l’Education Nationale.

LES INSTITUTIONS

- Les centres sociaux

· Certains sont favorables à des solutions radicales, notamment la fermeture des Centres sociaux : ils sont un « couteau suisse à tout faire qui ne sait rien faire ». Il faut cesser d’enfermer les personnes dans les quartiers et élaborer une politique globale de la ville.

· Mais les Centres sociaux ont fait du bon travail. Implantés au pied des immeubles, ils ont compensé l’absence de liens entre éducateurs (enseignants inclus) / parents / enfants. « On leur a tout « fourgué » et les institutions se sont défaussées sur eux de leur mission d’insertion. Ils ont évité bien des émeutes et ont servi de soupapes de décompression. C’est une troisième génération de jeunes qui les fréquentent, des jeunes qui parlent français sans problème et sont plus impliqués dans la vie politique. Tant qu’on n’a pas de solution sérieuse et de remplacement à proposer, il faut maintenir les centres sociaux. La fermeture des centres sociaux comme celui de la Croix des Oiseaux pose de lourds problèmes.

· Il faut aller de l’avant, ne pas ressasser les griefs sur ce qui a pu être subi dans le passé et noter toutefois que les éducateurs des centres sociaux ont fait de l’excellent travail.

· Il faut éviter les grandes structures et multiplier plutôt les petites, en les adaptant mieux aux particularités du terrain. Il faudrait évaluer l’efficacité du travail des Centres sociaux.

- Les travailleurs sociaux

Il y a des milliers de travailleurs sociaux qui s’occupent des enfants et des familles afin qu’ils se réapproprient leur vie ; il faut rappeler la modestie de la figure du travailleur social qui pousse des gens en difficulté à se prendre en main. Il s’efface devant ceux qu’il promeut. Or il n’y a jamais de travailleurs sociaux interviewés à la télé : ils ne savent pas mettre en valeur leur activité.

Il faut sortir du sentiment d’impuissance que donne l’action sociale dans les quartiers.

· Il y a SEPT éducateurs de rue à Avignon dont 3 à la Rocade. Il faut savoir qu’un éducateur de rue ne peut travailler efficacement qu’en réseau (police / école / MJC /Centres sociaux) d’où l’importance des choix politiques dans les budgets sociaux. Le jeune doit sentir un message collectif à travers l’éducateur de rue.

· La notion d’ « intelligence collective » est à mettre en œuvre pour établir un dialogue dans les zones difficiles. A Nantes et à Basse Terre, des réussites ont découlé de la mise en oeuvre de ce concept. Malheureusement, dans toutes les formations de métier du public, il n’y a rien sur les rapports humains.

L’IDEOLOGIE AMBIANTE

- Il faut rappeler le rôle structurant et fédérateur de l’idéologie ambiante : elle est souvent fondée sur une vision erronée du monde (le PC ou la paroisse) mais elle crée des liens sociaux forts. Or il n’y a plus d’idéologie.

- En fait,il y a toujours une idéologie ambiante qui peut être celle du foot de la TV… Autre chose fait défaut : Les identifications se font avec les vedettes, des médias.

L’ENVIRONNEMENT DES QUARTIERS

· Yazid KHERFI a vécu dans le 93 et en déduit que les quartiers sont en général mis en autarcie par manque de transports ; l’urbanisme peut également défavoriser la vie du quartier : or il faut les mettre en relation avec d’autres espaces urbains. Les mairies de quartier permettent ce maillage de relations.

· Le quartier est stigmatisé, lieu de mauvaises rencontres. On accepte des nuisances et des incivilités qu’on ne tolèrerait pas ailleurs : bruit de motos, tapage nocturne (la police hésite à poursuivre un motard à cause des risques encourus par les personnes engagées dans la course-poursuite). Il y a création de ghettos : Un responsable dans la ville dit qu’il n’intervient pas sur les quartiers qui ne sont pas bien tenus pour que les habitants décident de progresser.

· Tous les constats montrent cependant le quartier comme une entité. On a l’image des habitants qui pleurent quand il y a destruction d’immeubles, de bâtiments dans le quartier. Les habitants ne veulent pas en partir (à partir d’un bon nombre d’années) même si au début, on n’a pas le choix.

L’architecte Roland Castro a travaillé beaucoup sur la réhabilitation des quartiers et il a proposé que les Ministères soient implantés dans les quartiers difficiles afin de « donner une fierté à ces quartiers ». Il voulait créer ainsi autour de Paris une ceinture de lieux de réhabilitation et non plus de lieux d’émeutes potentielles.

 PARTICIPANTS

1er groupe
BENSALEM Slimane
BRAHMIA Messouda
DE QUEYLARD Véronique
FABRE Jocelyne
GAURET Aurélie
HAFRAOUI Naoual
KHELIFA-SENOUCI Houaria
MASTIO Zhora
OUAMEUR Michel
TORRES Pierre

2ème groupe
AGENSI Jérémy
BETIS Christine
Camille
DI NATALE V
Fatima
GUILLET Céline
Kassim
PERNEZ Annie
TONY
ZAROURI Houria

3ème groupe
BRUNEL Pierrette
CARRE Nezha
FINE Brigitte
LAMBERT Virginie
MENHANE Sahouda
MISSAOUI Séréna
NOUADRIA Zhora
PEYRONNET Jeanne
PLACE Caroline
RAJAE Fathi
SAINT LEGER Renaud

4ème groupe
AGIMI Alima
AGGOUN Sofia
BOURAS Dalila
CHARLERY Isabelle
Coralie
GHELIS Dalila
JONARD Nicole
Richard
TAKHTOUKH Yassine

5ème groupe
AGYEMAN Fostine
AMEUR Chérifa
BOUAZIZI Aïcha
COLIOLO Fabien
DEJEAN Ghislaine
DUPONT Jean Christophe
GUITEL Elizabeth
PREZVOSTO Michelle
SALVAN Michaël
STRINTZY Virginie

6ème groupe
AJBILOU Laaziza
ALLOUCH Fatima
ARNOUX Michel
CERQUERIA Brigitte
DE GUILHERMIER Madeleine
KERGROAS Yves
JOLIVALD Fabien
RAFFY Joël
YAHYA BEN Samira

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