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Le 16 décembre prochain, le Parlement européen se prononcera sur la nouvelle Directive européenne Jouets

Scandale sur fond d’achats de Noël : quand les jouets peuvent rendre malade

Participer à la campagne « Stop aux mauvais joueurs ! » de WECF- Women in Europe for a Common Future

jeudi 27 novembre 2008
Posté par David Naulin

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Noël, c’est la saison du jouet. Parents et grands-parents se lancent dans des achats en masse pour faire la joie de leurs petits. Mais savent-ils que parmi les jouets qu’ils vont acheter, beaucoup de poupées, ours en peluche, puzzles en bois et jouets en plastique contiennent des substances qui peuvent être dangereuses pour la santé ? La plupart du temps les consommateurs n’ont pourtant pas le choix, à cause de l’absence d’informations sur les ingrédients que contiennent les jouets – contrairement à d’autres produits, comme les cosmétiques, par exemple.
Le 16 décembre prochain, le Parlement européen se prononcera sur la nouvelle Directive européenne Jouets ; c’est pour les députés la première opportunité depuis 20 ans d’interdire les substances dangereuses dans la composition des jouets. Malheureusement la proposition actuelle de révision continue d’autoriser comme avant des substances hautement toxiques. WECF – Women in Europe for a Common Future s’interroge : l’Union Européenne est-elle donc, elle aussi, indifférente à la santé des enfants ?



 Comprendre : Directive européenne Jouets – Une protection réelle des enfants contre les produits chimiques présents dans les jouets ?

Nous vous proposons de découvrir la position de WECF - Women in Europe for a Common Future concernant la Directive européenne Jouets.

- Des jouets néfastes pour la santé ? Nous vivons avec la présomption que les jouets achetés chez nous, en Europe, sont sûrs pour nos enfants. Pourtant, les rappels à grande échelle (1605 tonnes
rappelés en 2007 dans l’UE) de jouets de fabricants connus (Matel, Fisher-Price, Toys R Us, Disney) sont là pour nous prouver le contraire. WECF rappelle que les jouets que nous achetons dans l’UE sont susceptibles de contenir des substances chimiques hautement toxiques ou allergènes. 90% des jouets présents sur le marché européen sont importés. Ces jouets sont contrôlés de manière aléatoire, et à ce jour il
n’existe pas de logo européen commun pour permettre aux parents de faire des choix éclairés et d’éviter les jouets néfastes pour la santé de leurs enfants.

- Une Directive Jouets dépassée : L’actuelle directive européenne sur la sécurité des jouets a 20 ans. Le 25 janvier 2008, la DG Entreprise de la Commission européenne a présenté une proposition de révision de cette directive Jouets intitulée “Proposition de Directive du Parlement
européen et du Conseil sur la sécurité des jouets ”. Le 6 juin 2008, la député Marianne Thyssen, membre du Comité IMCO a présenté un rapport modifiant la proposition de la Commission. Cette révision apparaît d’autant plus urgente si l’on considère les récents rappels, les
avancées technologiques de l’industrie du jouet et le nombre croissant
d’importations de jouets en provenance de pays aux exigences très faibles en matière de sécurité et d’environnement (75% des jouets présents sur le marché européen viennent de Chine).

- Mettre en place des normes internationales de sécurité pour les jouets : Aux Etats-Unis comme en Europe, les discussions concernant une nouvelle règlementation sont en cours suite au choc provoqué par certains rappels de jouets : on peut citer le cas d’Aquadots en 2007 : le
fabricant chinois avait par erreur remplacé l’adhésif utilisé par un produit chimique similaire à la drogue du viol, le Rohypnol, et plusieurs enfants avaient souffert de crises après ingestion de l’adhésif.
Les discussions ont commencé entre le Parlement européen et la commission américaine pour la sécurité des produits de consommation (CPSC). L’Europe et les Etats-Unis sont probablement les plus gros marchés pour les fabricants de jouets, et une meilleure règlementation de la sécurité des jouets dans ces deux zones permettra de mettre en place des normes applicables dans le monde entier.

- Normes à deux vitesses : WECF constate que les mêmes jouets destinés à plusieurs pays sont fabriqués avec des matériaux de nature et de qualité différente selon la règlementation applicable dans les pays
concernés. Pour WECF, il faut supprimer ces normes à deux vitesses pour assurer la protection des enfants de tous les pays contre les jouets dangereux. A ce jour il n’existe pas de règlementation concernant l’avenir des jouets rappelés en Europe et aux Etats-Unis. Il est très probable que ces jouets réapparaissent sur le marché de pays aux normes de sécurité moins exigeantes, comme les pays d’Europe de l’Est hors UE. Des organisations membres de WECF en Azerbaïdjan et au Belarus font état de problèmes liés à des produits chimiques contenus dans des jouets.

- Un sentiment de sécurité trompeur, l’illusion du logo CE : Tous les enfants devraient pouvoir jouer avec des jouets sûrs, sans mettre leur santé en danger. Pourtant, parents et enfants ne savent pas si les jouets qu’ils achètent sont sûrs et exempts de substances dangereuses. Le logo jouet CE que la majorité des parents voit comme un gage de sécurité et de qualité, ne signifie rien. WECF l’affirme : le logo européen CE est apposé sur les jouets par les fabricants de jouets eux-mêmes et ne fait pas l’objet d’un contrôle impartial. Les parents sont induits en erreur lorsqu’ils croient que l’UE contrôle ces jouets. Par ailleurs, contrairement aux produits cosmétiques, les composants
n’apparaissent pas sur les jouets, bien que beaucoup de jouets soient susceptibles de contenir des substances dangereuses connues, dont les effets à long terme sur la santé des enfants ont été prouvés, au nombre desquels le cancer, les troubles du développement cérébral et des organes de reproduction.

- La grande vulnérabilité des enfants et des bébés : Les enfants sont un groupe particulièrement vulnérable, tant avant la naissance
qu’au stade de nouveau-né et de la petite enfance. Avec un poids plus faible et un métabolisme particulier, les enfants sont beaucoup plus sensibles que les adultes aux substances chimiques dangereuses.
Les voies respiratoires des enfants, plus étroites, et leur capacité pulmonaire réduite résultent proportionnellement en une dose de contamination supérieure à celle des adultes. Les enfants ont la peau 5 fois plus fine que les adultes, elle est donc plus perméable et constitue une barrière facile à franchir pour les substances toxiques qui pénètrent ainsi dans le corps. Une étude publiée par le Lancet en novembre 2006
montre qu’un enfant sur six pourrait souffrir de troubles neurologiques suite à l’exposition de leur mère à des produits chimiques industriels neurotoxiques non réglementés et des substances dangereuses pendant la grossesse. Une dose aussi élevée dès la naissance rend
indispensable de tout mettre en œuvre pour assurer la protection des enfants contre les expositions futures à des substances portant atteinte à leur santé par la suite. Parmi les 200 substances identifiées,
beaucoup sont persistantes et bio accumulatives, elles vont donc continuer de s’accumuler au cours de leur vie et seront transmises à leurs enfants.

 Agir : Les substances dangereuses pour la santé n’ont rien à faire dans les jouets !

Devant ce constat, WECF appelle les membres du Parlement européen et du Conseil à prendre leur entière responsabilité concernant la protection des enfants en Europe, en n’autorisant pas l’exposition de nos enfants à travers les jouets à des produits chimiques dangereux qui peuvent avoir des effets néfastes sur leur santé à long terme et sur celle de leurs propres enfants. Toutes les données scientifiques existent permettant de prendre une décision responsable et de modifier la Directive Jouets pour assurer une protection complète de la santé de
nos enfants.

Pourtant, déplore l’ONG, la révision de la directive européenne sur la sécurité des jouets, proposée par la DG Entreprise de la Commission européenne, et actuellement discutée par le Parlement européen, continuera d’autoriser l’usage de perturbateurs endocriniens et de tolérer, en vertu de dérogations, des substances Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques (CMR). Elle a analysé le contenu de la directive Jouets, identifié les lacunes et formulé des propositions. Vous pouvez pour cela télécharger au format PDF ce document.

En organisant la campagne « Stop aux mauvais joueurs ! », WECF- Women in Europe for a Common Future, veut donc attirer l’attention du public sur la présence de substances dangereuses qui seront toujours présentes dans les jouets si la Directive devait être adoptée en l’état, le 16 décembre 2008.

WECF exige la prise en compte des effets de ces substances sur la santé et sur le développement de l’enfant et appelle chacun à se mobiliser auprès des parlementaires européens afin d’obtenir une législation protectrice pour tous.

- Comment agir ? Une campagne de mobilisation : du 1er au 16 décembre, tous les parents et consommateurs seront invités à signer une lettre adressée aux parlementaires européens, pour exiger une interdiction inconditionnelle des substances cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques, persistantes et bioaccumulatives, et des perturbateurs endocriniens dans les jouets. Cette lettre pourra être signée en ligne sur le site de WECF.

Participez à également à l’action « Stop aux mauvais joueurs ! » mercredi 10 décembre 2008, de 14H à 16H, Place Edmond Michelet, Paris-Beaubourg , 4ème et simultanément à Annemasse (74), sur la Place de l’Hotel de ville. Apportez vos jouets pour les faire tester ! WECF installera un stand en haut de l’esplanade Beaubourg, Place Edmond Michelet, et présentera toutes sortes de jouets : peluches, poupées, jouets pour le bain, puzzles en bois. Vous aurez ainsi la possibilité de faire tester vos propres jouets par la représentante d’un laboratoire indépendant…afin de déterminer s’ils contiennent certaines substances dangereuses pour la santé. Un dossier d’information concernant les effets de ces substances sur la santé des plus jeunes et sur l’environnement sera également disponible. Des journalistes spécialisées seront présentes : Anne-Corinne Zimmer, Pascale d’Erm, Dominique Martin Ferrari.

Sascha Gabizon, Directrice Internationale de WECF, résume l’importance de cette campagne : "Nous avons aujourd’hui l’opportunité, après 20 ans, d’interdire toutes les substances chimiques dangereuses des jouets de nos enfants. En particulier pour les jouets -qui ne sont pas des produits nécessaires à notre survie- nous devons insister pour qu’ils ne soient pas un danger pour nos enfants. C’est pourquoi tous les CMR (substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) doivent être totalement exclues, sans aucune exception. Les jouets ne sont peut-être pas une nécessité, mais la bonne santé de nos enfants en est une !"

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