Y a-t-il des OGM au Burkina ?

Emmanuel Siambo, s’est chargé de faire l’état des lieux des OGM au Burkina Faso. Il a révélé que les OGM ont été introduits officiellement au Burkina en 2003, précisément dans les exploitations agricoles de Farakoba (Bobo-Dioulasso) et Kouaré (Fada N’Gourma).

Une équipe de la Coalition de veille face aux OGM (CVOGM) qui regroupe une quarantaine d’organisations de la société civile a effectué une visite sur ces sites d’expérimentation. Elle a constaté, selon M. Siambo, que le confinement des espèces végétales n’y est pas réel et qu’aucune étude d’impact n’est faite. Pour le conférencier, les moyens de contrôle des produits importés font défaut au niveau des frontières, particulièrement en ce qui concerne les OGM. « Fort de ce constat, il est risqué de proclamer qu’au Burkina, il n’existe pas d’OGM dans des lieux autres que Farakoba et Kouaré », a indiqué Siambo.

En effet, la plupart des semences maraîchères proviennent de pays développés fabriquant des OGM ; il en est de même de la plupart des produits agroalimentaires transformés et conditionnés industriellement. Par ailleurs, des organisations internationales d’aide alimentaire comme le Programme alimentaire mondial (PAM) font parfois appel (dans le cas ou l’achat des vivres dans le pays bénéficiaire est impossible) à l’appui en aliments des pays riches producteurs d’OGM.

CVOGM a découvert la présence de produits fabriqués avec des OGM dans les rayons de certains supermarchés et boutiques. M. Siambo a exhibé aux participants dont des étudiants fonctionnaires et acteurs de la société civile, un bidon d’huile à base de soja génétiquement modifié. CVOGM qui se donne pour mission d’informer la population sur les OGM, trouve que le gouvernement devrait faire l’état des lieux des OGM dans le pays et prendre les précautions requises pour leur utilisation ou consommation. « L’association n’est pas contre l’utilisation des organismes modifiés. Elle souhaite une maîtrise de leur technologie et une expérimentation précautionneuse. Cela dans le but de protéger l’environnement, la santé des populations et préparer l’avenir des générations futures », a précisé le président de CVOGM, Jean Didier Zongo. Les participants ont salué la tenue de la conférence. Ils ont suggéré la continuation et l’intensification des activités de sensibilisation des populations.

Séraphine SOME

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