La société civile internationale s’oppose à un nouveau projet d’extraction de sables bitumineux à ciel ouvert par le géant pétrolier français Total au Canada

Plus de 30 associations du Canada, des États-Unis et de France ont fait part de leurs objections à la mine “Joslyn North”, un nouveau projet d’extraction de sables bitumineux situé dans le nord du l’Alberta et proposé par le géant pétrolier Total auprès de la commission d’examen conjointe Canada-Alberta. Cette Commission, qui a achevé la consultation publique sur le projet le 24 août dernier, a été mise en place par les gouvernements du Canada et de l’Alberta afin de conduire l’évaluation environnementale du projet.

« La France prétend jouer un rôle moteur dans la lutte contre les changements climatiques mais l’une de ses plus grosses entreprises remet en cause ce discours par ses activités au Canada », selon Aloys Ligault, chargé de campagne sur la responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre France.

Selon les propres chiffres de Total, ce projet contribuera aux dérèglements climatiques, détruira les terres et produira des déchets toxiques, parmi d’autres impacts environnementaux.

  • Le projet générera 1,5 million de tonnes de gaz à effet de serre par an, soit l’équivalent de 270 000 voitures en circulation.
  • Il détruira 7 000 hectares de terres, soit l’équivalent de presque six fois la taille des jardins du Château de Versailles, sans espoir réaliste de ramener ces zones à leur état initial.
  • Il produira 12,5 milliards de litres de résidus toxiques chaque année. Au niveau de l’ensemble de la durée de vie du projet, cela représente un volume assez important pour remplir plus de 100 stades, sans qu’aucun plan attesté n’existe pour empêcher ces résidus de pénétrer les terres et les eaux de la région.
  • Il émettra chaque année 2 740 tonnes de substances polluantes, responsables de pluies acides.
  • Il provoquera chaque année le prélèvement et la pollution de 22 milliards de litres d’eau douce provenant de la rivière Athabasca.

Les gouvernements du Canada et de l’Alberta n’ont placé dans les faits aucune limitation aux émissions globales de gaz à effet de serre, à la pollution de l’air, de l’eau, à l’utilisation de l’eau douce et à la destruction des terres dues à l’exploitation des sables bitumineux.

Les Amis de la Terre France, Environmental Defence Canada, Equiterre, Greenpeace, le Natural Resources Defense Council et l’Echêché anglican de Nouvelle-Ecosse et de l’Ile du Prince Edouard s’opposent à ce projet. Les Amis de la Terre France demandent l’abandon de ce projet contraire à l’intérêt public, et le redéploiement des investissements vers des économies d’énergie et le développement des énergies propres, renouvelables et équitables.

Lire aussi

Pourquoi les alertes environnementales sont elles si difficiles à entendre ?

Les dernières canicules en Europe ont pris de court...

Adopter une Stratégie Nature pour le territoire départemental : l’exemple des Hauts-de-Seine

Le Département des Hauts-de-Seine mène une politique volontariste de...

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

France Design Impact Award : l’impact positif du design, capable de transformer durablement la société

Le prix France Design Impact Award met en lumière des réalisations qui démontrent que le design est aujourd'hui un véritable levier de transformation économique,...

Une grille de compréhension de l’évolution de l’histoire humaine

Comprendre l'histoire humaine constitue l'une des ambitions intellectuelles les plus anciennes : existe-t-il des régularités suffisamment profondes pour éclairer le devenir des civilisations ?...

Peut-on mesurer l’impact écologique d’un euro déposé sur un compte bancaire ?

« Les émissions financées représentent en moyenne 97 % de l’empreinte carbone totale des institutions financières, mais leur interprétation reste délicate en raison du...