Décryptage par Les Amis de La Terre

Textile et fast-Fashion : Pour en découdre avec la surproduction

L’industrie textile est responsable d’environ 10% des émissions mondiales de CO2

Pendant les soldes d’hiver, les Amis de la Terre France mettent en lumière la course effrénée de l’industrie textile – responsable d’environ 10% des émissions mondiales de CO2 – à toujours plus produire et donc toujours plus détruire. Dans un décryptage, ils dressent le constat d’une offre de textile largement supérieure à la demande et de niveaux de production dépassant les limites planétaires et les normes sociales. Recommandations et chiffres à l’appui, ils invitent les décideurs à prendre enfin des mesures efficaces pour encadrer ce phénomène de surproduction.

Mise à jour 2026 avec le point de vue du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan « Fast-fashion : un remède en trompe l’œil au problème du pouvoir d’achat » et le guide 2024 de l’Ademe « Tout comprendre : les impacts de la mode et de la fast-fashion« 

Fast-fashion : un remède en trompe l’œil au problème du pouvoir d’achat

La consommation de vêtements de fast-fashion est un trompe-l’œil : si ce modèle apparaît à court terme comme une réponse aux contraintes budgétaires des ménages, il est en réalité l’ennemi du pouvoir d’achat. Le point de vue du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan met en évidence les coûts cachés de cette consommation de masse, tant pour les ménages que pour l’économie nationale et les territoires.

La fast-fashion coûte plus cher
au portefeuille des ménages,
tout en accroissant les risques de dépendance commerciale et en fragilisant la filière textile française
et les commerces de proximité.

La note1 formule plusieurs propositions visant à réorienter les comportements de consommation, soutenir les ménages modestes et favoriser la réindustrialisation durable de la filière textile.


Tout comprendre avec l’Ademe :
les impacts de la mode et de la fast-fashion

La mode, un secteur en constante évolution, pose à chacun d‘entre nous de nombreuses questions sur la durabilité et l‘éthique.  L‘industrie textile génère de nombreux impacts négatifs sur l‘environnement : émissions de gaz à effet de serre, pollution de l‘air, de l‘eau et des sols, contribution à la déforestation et atteinte à la biodiversité. De plus, les conditions de travail dans les usines de certaines régions du monde restent très préoccupantes.

Le phénomène de l‘ultra fast-fashion aggrave ces problèmes. Ce modèle repose sur la production rapide et à très bas coût de vêtements, avec des collections sans cesse renouvelées et des techniques de marketing qui poussent à l‘achat sans prise en compte de nos besoins réels, tout en exerçant une pression considérable sur les ressources naturelles et les droits humains.

En quelques années, nous sommes passés de deux collections par an à plusieurs milliers de nouveaux modèles par jour.

Il est essentiel de comprendre les impacts de l‘industrie de la mode et d‘explorer les moyens d‘agir en tant que consommateurs responsables.

Découvrons avec l’Ademe les enjeux de la mode actuelle et les solutions pour un avenir plus durable.

Ressources

Refashion : Rapport d’activité ECO TLC 2019

Chaque année en France, 42 vêtements par personne sont mis en vente [[- Refashion, Rapport d’activité 2019 (2,88 milliards de pièce divisées par le nombre d’habitant en France)]] alors que pour respecter l’Accord de Paris, il faudrait abaisser ce chiffre à seulement 5 vêtements par personne et par an[[- Hot or Cool Institute. « Unfit, Unfair, Unfashionable – Resizing Fashion for a Fair Consumption Space », 2022.]] . C’est donc trop, mais surtout trop court, avec en moyenne 7 utilisations par vêtement – payé en moyenne le prix dérisoire de 13 euros – avant qu’il finisse à la poubelle ou sur une plage à Madagascar. Ce système appelé surproduction[[- La surproduction désigne un système où les niveaux de production et de mise en marché dépassent la demande et les limites planétaires.]] fait partie intégrante des stratégies économiques des leaders de la fast-fashion comme Shein, Zara ou H&M.

Unfit, Unfair, Unfashionable … Resizing Fashion for a Fair Consumption Space

Si un tel système est possible, c’est uniquement grâce à des coûts de production extrêmement faibles, dûs à une production délocalisée exploitant de manière systématique les travailleurs et l’environnement[[- Le Point. « De grandes marques accusées de pratiques abusives au Bangladesh ». Le Point, 11 janvier 2023.

Au niveau environnemental, l’industrie textile est responsable de potentiellement 10 % des émissions mondiales de CO2. Ses impacts sur l’eau et les sols sont immenses également, avec 11 % des pesticides utilisés au niveau mondial et jusqu’à 1/5e de la pollution des cours d’eau.]]. Aussi, 98% des émissions de CO2 issues de l’industrie textile françaises sont importés et proviennent des pays du Sud[[- Haut Conseil pour le Climat, Maîtriser l’empreinte carbone de la France, 2020]].

Maîtriser l’empreinte carbone de la France

La fabrication et l’exploitation des matières premières nécessaires à la production d’un vêtement représente 95% de ses émissions de gaz à effet de serre[[- Croisement des données de l’étude Mc Kinsey, FASHION ON CLIMATE HOW THE FASHION INDUSTRY CAN URGENTLY ACT, 2020 et Quantis & The Climate Works Foundation, Measuring Fashion, 2018]] . En clair, la surproduction est un désastre environnemental et humain auquel il faut mettre fin de toute urgence.

Fashion on Climate : How the fashion industry can urgently act to reduce its greenhouse gas emissions

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Measuring Fashion : Environmental Impact of the Global Apparel and Footwear Industries Study


Décryptage Les Amis de la Terre

“Face à ce constat, les réponses du gouvernement manquent leur cible, favorisant des mesures concentrées sur la fin de vie des produits et servant de caution verte aux enseignes de la fast-fashion” dénonce Pierre Condamine, chargé de campagne surproduction aux Amis de la Terre France.

Or la filière française n’est pas en capacité de gérer les énormes quantités de vêtements usagés collectés : en France, 95 % des textiles collectés en vue de réemploi sont exportés, soit plus de 13 000 tonnes par mois. Une grande majorité de ce textile est exporté dans des pays du Sud – Pakistan, Tunisie, Haïti – où il finit souvent brûlé ou enfoui sans traçabilité.

Si le réemploi, la réparation et le recyclage doivent certes être soutenus, cela ne doit se faire que dans un contexte de réduction croissante et importante des quantités de produits mis en marché.

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Textile et fast-Fashion : Pour en découdre avec la surproduction

A travers ce dossier, les Amis de la Terre France dressent une liste des solutions à mettre en œuvre pour remettre l’industrie textile sur la bonne voie. Des mesures de réduction et d’encadrement de la production doivent impérativement être adoptées et aller de pair avec de réelles incitations à la relocalisation.

Pierre Condamine conclut : “Il faut mieux et moins produire. Cela passe par un plafonnement des quantités de textile produit mais aussi et surtout par une production plus locale, respectueuse de son environnement et de ses salariés”.

 

  1. FASAN, Marc, avec la contribution de BEAUMONT, Diego, 2026. Fast-fashion : un remède en trompe-l’œil au problème de pouvoir d’achat. Point de vue. Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, janvier. ↩︎

 

Les Amis de la Terre militent pour une transition vers des sociétés soutenables au Nord comme au Sud. Notre approche intègre à la fois des problématiques sociales, économiques et environnementales.

La fédération des Amis de la Terre France a été créée en 1970. A l’époque, une poignée de citoyen·ne·s prend conscience des impacts néfastes de la société de consommation et décident de s’engager pour changer le système.

Quelle est la vision du monde dans laquelle s’inscrit l’action des Amis de la Terre ? Ce manifeste expose les racines de la crise écologique et sociale et propose les alternatives pour un monde meilleur !

– www.amisdelaterre.org

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttps://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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