Dans l'actualité :

Quelles perspectives sur les ressources mondiales 2024

Le monde est confronté à une triple crise planétaire...

Quand la permaculture inspire l’habitat et l’entreprise

Notre mode de développement n’est plus viable. Il creuse...

Nouvelles bouteilles de lait non recyclables : les citoyens se mobilisent, Eco-emballages se défile

A l’ère de l’économie circulaire, les nouvelles bouteilles de lait font scandale. Non recyclables, ces millions de bouteilles en plastique vont désormais terminer leur vie en incinérateur ou en décharge. Plus grave encore, elles perturbent aussi les chaînes de tri et donc le recyclage des autres types de bouteilles. Après plusieurs interpellations des acteurs responsables de ce retour en arrière, restées sans réponse, Zero Waste France accentue sa mobilisation avec le soutien de collectifs citoyens à travers toute la France. Ce samedi à Paris, Nantes, Strasbourg, Lille, Rouen, Poitiers, Rochefort et d’autres villes, ils iront à la rencontre des clients des supermarchés pour dénoncer cette situation et diffuser la pétition à l’adresse des principaux acteurs de la grande distribution, les premiers à avoir changé le matériau de leurs bouteilles. halte_aux_bouteilles_non_recyclables.jpg

Inaction coupable d’Eco-Emballages

Au-delà de la responsabilité directe des producteurs et distributeurs de lait, Zero Waste France souligne que la situation révèle les manquements d’Eco-emballages et du ministère de l’environnement, qui l’agrée et le contrôle. Dans le cas de ces nouvelles bouteilles en plastique PET opaque, Eco-Emballages n’a en effet pas rempli l’une de ses principales missions : empêcher le développement d’emballages non-recyclables ou perturbateurs de tri par l’application de malus sur les contributions obligatoires payées par les entreprises. Interpellée par Zero Waste France en décembre (voir notre courrier), la Ministre de l’environnement Ségolène Royal n’a pour l’heure apporté aucune explication sur fait que ses services n’aient pas exercé leur pouvoir de contrôle d’Eco-emballages. “Nous sommes mis devant le fait accompli, avec des responsables qui nous expliquent que l’on va trouver une solution de recyclage, dans les prochaines années… Ce manque d’anticipation et cette façon de repousser le problème à plus tard ne correspond pas à notre vision ni de l’innovation ni de la “responsabilité élargie des producteurs” (REP)” dénonce Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France.

L’Oeil du 20H sur France 2


L’Oeil du 20h: 13/12/2016

Ça ne vous a peut-être pas sauté aux yeux mais dans vos rayons de supermarché, il y a une nouvelle bouteille de lait : plus brillante, elle se vend déjà par millions. Problème: à l’heure où l’on cherche à tout recycler, elle, elle n’est pas recyclable !

Contrairement à l’ancienne, plus connue en plastique PEHD, la nouvelle en PET opaque est plus brillante, elle n’a plus d’opercule en aluminium ! Et contrairement à l’ancienne, recyclable, la nouvelle, avec son plastique blanc à l’extérieur, gris à l’intérieur, pose problème !
En premier lieu, aux recycleurs qui ne savent plus quoi en faire ! Dans l’usine France Plastiques Recyclage à Limay, les bouteilles en plastique sont triées : on en fait de petites billes pour créer de nouvelles bouteilles ou des fibres vestimentaires. Mais nos nouvelles bouteilles de lait, en plastique PET opaque, elles, prennent un tout autre chemin : « Le PET opaque tombe aux déchets, il va aller à l’incinération ou à la décharge », explique Frédéric Bonamy, le directeur d’exploitation.
Difficile à recycler, quel est le problème? « Pour fabriquer de la bouteille transparente, j’ai besoin d’avoir une bouteille claire, bleue. Et la bouteille de lait va me faire un produit laiteux non conforme pour mon client. Et dans la fibre vestimentaire, ça fait une fibre cassante » précise-t-il.

Comment en est-on arrivé là? Nous sommes allés poser la question à celui qui l’a commercialisée en premier : Emmanuel Vasseneix, le patron de la laiterie Saint-Denis-de-l’hôtel. Pour lui, cette bouteille est une idée révolutionnaire, elle n’offre que des avantages. D’abord pour le client, elle est plus pratique : « on ferme la bouteille avec un bouchon aseptique, sans opercule », explique-t-il. Et surtout des avantages pour lui : il utilise moins de matière première et en plus elle est 20% moins chère!
Au moment où il lance sa bouteille, il sait que son plastique PET opaque peut être recyclé mais seulement en petite quantité! C’est précisé dans un rapport du Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques (COTREP) qui date de 2013. Mais le rapport précise : “En revanche, il n’existe pas à ce jour, ni en France ni en Europe, de débouché spécifique pour le PET opaque seul ou en forte proportion”

Mais ça n’a pas arrêté Emmanuel Vasseneix. Aujourd’hui, lui comme beaucoup d’autres utilisent de plus en plus ce nouveau plastique. Alors pourquoi en trois ans n’a-t-on pas imaginé une filière de recyclage spécifique pour ce matériau ? Nous avons posé la question à Eco-emballages, chargé d’organiser le recyclage. Son responsable reconnait avoir été un peu dépassé: «Le progrès va vite et parfois on se retrouve, comme c’est le cas aujourd’hui, avec le développement d’avec un produit qui est un peu plus rapide que ce qu’on pensait, je le reconnais tout à fait, et pour lequel nous n’avons pas encore aujourd’hui toutes les solutions. Mais nous y travaillons.»
Et le temps presse. D’après les représentants de l’emballage, 100% des bouteilles de lait pourraient être fabriquées avec ce nouveau plastique d’ici 5 à 10 ans.

Pour aller plus loin: rapport COTREP 2015 et cahier des charges éco-emballages 2016

Une situation inacceptable pour les citoyens

La décision unilatérale des producteurs et distributeurs de lait de changer de matériau pour leurs bouteilles a deux effets, qui touchent directement les citoyens : – Mise sur le marché des millions de bouteilles non-recyclables, qui seront donc incinérées ou mises en décharge, avec des impacts négatifs sur l’environnement et notre santé. – Perturbation du tri et du recyclage des autres bouteilles – car les chaînes de tri ne sont pas adaptées pour les détecter, avec des impacts environnementaux, mais aussi économiques pour les recycleurs et à terme les collectivités (ce qui pèsera sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères) “A l’heure où toutes les grandes marques prétendent s’inscrire dans l’économie circulaire, et que le tri est l’éco-geste n°1 des Français, c’est doublement inacceptable du point de vue des citoyens” résume Flore Berlingen.

qui est responsable, qui peut agir ?

qui est responsable, qui peut agir ?
qui est responsable, qui peut agir ?

Dossier complet de la campagne

 

Documents joints

A lire

Efficacité, rénovation et transition énergétique : ambition 2030

Chantier prioritaire de la planification écologique, la rénovation énergétique...

Que veut le Rassemblement national sur le climat ?

À l'approche des élections européennes, le Pacte vert est...

Élu(e)s pour agir ? Rejoignez le réseau Ademe !

Gilles Pérole est adjoint au maire de Mouans-Sartoux (06)...

Quand les agriculteurs s’impliquent dans les énergies renouvelables

Quand agriculteurs et riverains d’un territoire s’associent pour développer...

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

Quand la permaculture inspire l’habitat et l’entreprise

Notre mode de développement n’est plus viable. Il creuse...

Stockage intersaisonnier de chaleur : la solution de chauffage – climatisation durable et décarbonée

Le stockage intersaisonnier de chaleur consiste à mettre en...

Tu veux changer les choses ? Avec l’ingénierie tu peux vraiment tout faire !

En France, il manque 20 000 ingénieurs et ingénieures...

Baromètre de confiance envers les fruits et légumes frais

Avec + 4,9 % d'après l'INSEE, l'inflation des produits...

Quelles perspectives sur les ressources mondiales 2024

Le monde est confronté à une triple crise planétaire : le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution et les déchets. L'économie mondiale...

Quand la permaculture inspire l’habitat et l’entreprise

Notre mode de développement n’est plus viable. Il creuse les inégalités, consume la bio-régénérescence de la planète et accélère le dérèglement climatique. Il y...

Pourquoi bouder l’alimentation bio malgré la réduction de l’écart de prix avec les produits conventionnels ?

Choisit-on consciemment ce que l'on mange ? Chaque jour, nous favorisons, à travers nos choix alimentaires, un type d’agriculture plutôt qu’un autre. Les aliments...