Entre vulnérabilité et nécessité d’une nouvelle politique de gestion durable de l’eau, « la simple adaptation ponctuelle ne suffira pas ». C’est ce que révèle le rapport spécial 2026 du GIEC des Pays de la Loire. « C’est le paradoxe du plus d’eau précipitée mais moins d’eau disponible » pour Ludovic Amy, Artisan du vivant et Fondateur d’URBANOÉ. Les 26 chercheurs de ce rapport spécial sur l’eau réaffirme les projections, à savoir : davantage de précipitations et moins de ressources en eau pour les besoins agricoles, démographiques, touristiques et économiques, compte tenu des caractéristiques hydrogéologiques du territoire.

Les caractéristiques hydrogéologiques des Pays de la Loire

« Les caractéristiques hydrogéologiques du territoire, avec la géologie du massif armoricain, induisent moins de nappes phréatiques.
La demande pour les besoins agricoles, démographiques, touristiques et économiques se superpose à des contraintes naturelles fortes et de faibles réserves souterraines.
Les étiages marqués et l’artificialisation des sols réduisent la résilience du territoire face aux sécheresses comme aux excès d’eau.«
Des caractéristiques qui aggravent une qualité des eaux déjà médiocre : seuls 11 % des masses d’eau superficielles atteignent le bon état écologique.
Ludovic Amy – Artisan du vivant | Fondateur URBANOÉ
« D’ici 2050, la hausse des températures et l’augmentation de l’évapotranspiration induite, occasionnera une baisse des débits d’étiages, une augmentation des inondations et des assecs, à la fois en fréquence et en intensité.«

La nécessaire transformation des modes de gestion de l’eau
Le rapport met en lumière « l’urgence d’une gestion plus sobre et plus solidaire de la ressource, conciliant usages humains et besoins des milieux naturels.[…] » : il s’agit désormais d’anticiper collectivement les tensions, de renforcer les solidarités entre territoires, de préserver les écosystèmes régulateurs et de promouvoir une véritable culture de sobriété.
Seule une planification territoriale intégrée, conciliant besoins humains, résilience écologique et adaptation aux changements climatiques, permettra de garantir un avenir viable pour l’eau dans la région.
Ludovic Amy – Artisan du vivant | Fondateur URBANOÉ

Changer la politique de l’eau avec l’Hydrologie régénérative
Véritable plaidoyer pour un changement vers une nouvelle politique de l’eau et organiser l’habitabilité du territoire, ce rapport partage constats et intentions avec l’Hydrologie régénérative, à retrouver dans le manifeste à paraître en librairie le 4 février prochain :
Eaux Vives, Pour une hydrologie régénérative écrit par Charlène Descollonges , pour l’association Pour une Hydrologie Régénérative.
Ce rapport, publié quelques jours après celui de l’ONU évoquant une « faillite mondiale de l’eau », résonne comme un appel à l’action dans les territoires.
Le 22 Mars Journée mondiale de l’eau 💧 et « rendez-vous démocratique du second tour des élections municipales pour élire celles et ceux qui auront le mieux compris ces enjeux » rappelle Ludovic Amy.
Eaux vives – Pour une Hydrologie Régénérative
L’association Pour une Hydrologie Régénérative annonce la sortie, en libraire début février, de son manifeste « Eaux vives – Pour une Hydrologie Régénérative« , sous la plume de Charlène Descollonges, Ingénieure hydrologue engagée, dans la collection du Domaine des possibles aux éditions Actes Sud.
Ce manifeste marque une bascule culturelle, un retournement philosophique profond qui dépasse les frontières de l’hydrologie.
Des éléments fondateurs ont été posés avec Baptiste Morizot, dans la continuité de son travail initié avec Suzanne Husky dans leur ouvrage Rendre l’eau à la Terre (Actes sud).
Rendre l’eau à la terre
Alliances dans les rivières face au chaos climatique

Pour Charlène Descollonges, « en renouvelant notre perception des cycles de l’eau par le prisme du vivant, en supposant que les rivières sont vivantes, en considérant les nombreuses pressions que nos activités exercent sur elles, en rappelant l’urgence posée par le changement climatique, l’hydrologie régénérative ouvre une troisième voie pour éviter de s’enfermer dans la mal-adaptation«
- Que se passe-t-il si on pense les cycles de l’eau à l’aune des processus évolutifs et dynamiques du vivant ?
- Que se passerait-il dans notre rapport aux hydrosystèmes si les sociétés humaines se ré-encastrent dans un monde façonné par les interdépendances, variations et la régénération, toutes inhérentes à la vie terrestre ?
« L’hydrologie régénérative n’est pas une nouvelle technique, ni une solution d’ingénierie, ni un remède miracle pour dissoudre toutes les altérations que nous perpétuons sur les hydrosystèmes. Elle vient donner un sens à de nombreuses approches qui se pratiquent déjà en France et à travers le monde.
Concrètement, elle offre la possibilité d’engager les citoyen•nes, élu•es, agriculteur•rice, gestionnaires de la forêt, des rivières, urbanistes et paysagistes, pour prendre part à des actions collectives sur les territoires.

L’hydrologie régénérative rend visible les difficultés qu’il est possible de dépasser, comme le facteur humain ou le foncier, en mettant au cœur de ces démarches, un processus ancestral et fondamental : le dialogue. »
Je suis heureuse d’avoir été la plume de cet ouvrage qui traduit une vision collective portée par l’association
Charlène Descollonges, Ingénieure hydrologue engagée
Le rapport spécial 2026 du GIEC des Pays de la Loire




