Le rafraîchissement des villes par les arbres expliqué par l’INRAE

La préparation de la « ville durable » au changement climatique passe par une meilleure prise en compte du confort thermique dans l’espace urbain.

illustration du rafraîchissement des villes par les arbres
illustration du rafraîchissement des villes par les arbres
Parmi les stratégies d’adaptation des villes au changement climatique et notamment aux épisodes de chaleur extrême, la réintroduction d’arbres en milieu urbain est une voie prometteuse car, par leur transpiration et leur ombrage, ils ont un impact significatif sur le bilan thermique de l’atmosphère environnante. L’augmentation des surfaces végétales en ville semble une solution favorablement partagée par les habitants. L’impact positif du rafraichissement est renforcé par d’autres services écosystémiques que peut fournir la végétation aux habitants, comme par exemple la filtration de l’air, la biodiversité en ville et également l’aspect ludique et social. Mieux expliciter les interactions entre les arbres et la ville a donc constitué l’objet principal d’un projet ANR porté par l’UMR PIAF, COOLTREES, pour concevoir des villes durables où les aménagements arborés prennent tout leur sens et leur place. Les bénéfices thermiques potentiels des arbres dans un environnement urbain avaient jusqu’ici été peu étudiés, notamment pour les arbres de rue. Le feuillage constitue en fait une véritable carapace absorbante. L’impact des arbres est d’autant plus flagrant en plein soleil : la température mesurée est 7°C plus faible sous les arbres à 13 heures[[Ces valeurs sont celles modélisées pour une rue classique, bordée de bâtiments et plantée d’arbres de chaque côté.]]. Un outil de simulation, LASER.T, permettant de simuler l’impact des arbres sur le microclimat urbain et leur fonctionnement a été conçu et mis au point au cours du programme de recherche. Il simule de manière couplée les interactions thermo-radiatives entre les différents éléments d’un paysage urbain, végétation incluse, et est capable de spatialiser le microclimat au sein des houppiers. De même une base de données regroupant toutes les mesures effectuées entre 2014 et 2018 est également disponible. Le modèle sera mis à disposition en open source. Le développement d’une interface graphique permettra également son utilisation par des non scientifiques (techniciens des espaces verts et des parcs, aménageurs de l’espace urbain…), afin de leur permettre d’évaluer, par exemple, la pertinence d’un aménagement arboré.
Deux zones ombragées de la ville de Strasbourg.
Deux zones ombragées de la ville de Strasbourg.
Ce projet a donc permis d’avancer dans les connaissances des arbres en ville et de proposer un premier cadre de modélisation, mais qui reste à préciser et affiner : cela fait l’objet d’un nouveau programme de recherche ANR qui démarre, TIR4sTREEt, coordonné par l’INSA de Strasbourg et dont INRAE est partenaire (UMR PIAF et UMR Sylva). Un fascicule de vulgarisation et un site web ont été conçus pour présenter le projet COOLTREES et ses résultats, le modèle LASER.T et son utilisation, notamment pour les professionnels. Synthese_Cooltrees

 

Documents joints

Lire aussi

Pourquoi les alertes environnementales sont elles si difficiles à entendre ?

Les dernières canicules en Europe ont pris de court...

Adopter une Stratégie Nature pour le territoire départemental : l’exemple des Hauts-de-Seine

Le Département des Hauts-de-Seine mène une politique volontariste de...

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

Pourquoi les alertes environnementales sont elles si difficiles à entendre ?

Les dernières canicules en Europe ont pris de court les populations et les pouvoirs publics, mais pas les scientifiques qui alertent depuis des décennies...

6 Indicateurs de Gestion Durable des forêts françaises

La forêt en France s’étend depuis plus d’un siècle et couvre aujourd’hui 32 % du territoire national. Elle nous fournit du bois, des produits...

DPE collectif 2026 : pourquoi la rénovation énergétique des copropriétés est un enjeu de transition écologique

Le bâtiment résidentiel représente près de 27 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Parmi les leviers les plus accessibles...