La situation écologique de l’Irak reste désastreuse

« Saddam Hussein se comportait comme un terroriste de l’écologie. » C’est d’un ton posé que la ministre de l’environnement du gouvernement irakien, Narmin Othman, attribue à l’héritage du « régime précédent » une « situation écologique de l’Irak exécrable » . Sous l’ancien régime, il n’existait pas de ministère de l’environnement, qui a été créé en 2003. La guerre de 1991 a laissé plus de 300 sites contaminés par l’uranium appauvri utilisé par les armées occidentales, tandis que la guerre de 2003 a entraîné le pillage de nombreuses usines et stations d’épuration.

L’eau est le problème le plus urgent.
Si seulement 60 % de la population recevait de l’eau en 2003, ce chiffre est désormais monté à 67 % affirme les Irakiens. Pourcentage oprimiste ? Les coupures d’eau existent et le tiers restant de la population est approvisionné par des citernes acheminées dans les bourgs et villages. La qualité de l’eau laisse à désirer : selon un rapport de 2004 du Programme des Nations unies pour le développement, plus de 10 % des enfants ont connu au moins un épisode de diarrhée.

Autre préoccupation cruciale : la quantité d’eau disponible. Si l’approvisionnement pour les populations est suffisant, celui pour les autres usages, notamment agricoles, est sévèrement contraint. Cela est dû à la position du pays en aval de ses voisins, Turquie, Syrie et Iran, qui captent une grande partie des eaux du Tigre et de l’Euphrate. « L’Irak recevait 30 milliards de mètres cubes dans les années 1970, nous n’en sommes plus qu’à 10 milliards, dit Latif Rachid, ministre des ressources en eau. Nous avons rouvert des discussions avec la Turquie et la Syrie sur la question du partage de l’eau. Mais il n’y a pas encore d’accord en vue. «  Les eaux polluées et les déchets solides sont par ailleurs rejetés presque intégralement sans épuration préalable. Quant à la qualité de l’air, elle est également très mauvaise : les usines ne disposent pas de filtre, les voitures d’occasion roulent sans pot catalytique et l’essence importée ne subit aucun contrôle de qualité.

« Il faut faire des lois et des projets sur l’environnement, dit Mme Othman, mais l’éducation des jeunes est le plus important. Pour les Irakiens, l’environnement est une question très nouvelle. »

Source : Le Monde – Article paru dans l’édition du 10.11.05

Lire aussi

Quand l’ancrage local sur le territoire devient un levier de compétitivité et de résilience pour l’entreprise

Chaînes de valeur fragilisées, tensions sur les ressources, transitions...

La catastrophe qui tarde : comprendre le paradoxe de l’environnementaliste

Changement climatique, effondrement de la biodiversité, pollution de l’air,...

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

La catastrophe qui tarde : comprendre le paradoxe de l’environnementaliste

Changement climatique, effondrement de la biodiversité, pollution de l’air,...

Protéines végétales : le marché français progresse de 21% en deux ans et atteint 572 M€ en 2025

L’organisation à but non lucratif Good Food Institute Europe,...

Score Carbone Finance : Quelle entreprise cotée peut vraiment payer sa facture carbone en 2025 ?

L'Indice Vérité40 est fondé sur le Score Carbone Axylia®, validé scientifiquement par François Gemenne, co-auteur du GIEC et conseiller scientifique d’Axylia, cabinet pionnier de...

Santé et Climat : la fièvre monte et le changement climatique menace notre santé

Alors que la France connait la 2ème vague de chaleur la plus précoce de son histoire, Oxfam France a publié le 18 juin un...

Vers une nouvelle vision du vivant : et si tout n’était que vibration ?

Imaginez un instant que la vie ne soit pas seulement une question de gènes, de cellules ou d’écosystèmes, mais avant tout une symphonie de...