La production de l’huile de palme met en péril l’écologie…

La production de l’huile de palme pose un sérieux problème aux fervents défenseurs de l’environnement, dans la mesure où celle-ci se glisse un peu partout dans les aliments qui ponctuent notre quotidien.
En effet, cette matière première incontournable de l’industrie agroalimentaire occidentale représente un tiers de l’huile végétale produite dans le monde.On retrouve l’huile de palme dans plus d’un produit de grande consommation sur dix vendus en Europe: biscuits, huile de friture, sauces, mayonnaise, chips, chocolat et barres chocolatées, etc.

La production de l’huile de palme inquiète d’autant plus qu’elle semble être omniprésente dans nos habitudes de consommation. On la retrouve notamment également dans les produits cosmétiques, mais aussi dans les agrocarburants. Elle a donc su se rendre indispensable alors que sa culture est un véritable fléau pour l’écologie. Déboisement intensif, destruction des habitats d’espèces animales déjà menacées, impact social sur les populations locales… autant de problèmes liés à la fabrication de cette huile.

La production de l’huile de palme se fait principalement en Malaisie et en Indonésie, totalisant à eux deux plus de 80% du marché mondial. Alors que la Malaisie a d’ores et déjà converti la plupart de ses forêts en plantations, l’Indonésie tente à tout prix de rattraper et dépasser sa rivale, aux dépens de ses forêts tropicales, uniques au monde. Conséquence? On déboise des forêts entières pour y installer des plantations, et la surface dévolue aux palmiers à huile en Indonésie a sextuplé depuis 1985, une progression qui ne semble pas près de ralentir.

D’autres pays tropicaux, comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Bornéo ou la Colombie, souhaitent aussi se mettre à la production d’huile de palme et aménagent de nouvelles plantations.En 2007, environ 1,3 million d’hectares de forêt seront rasés à Bornéo pour étendre la surface cultivée en palmiers à huile. Tout en comprenant le besoin de nouveaux revenus pour ces pays, les ONG environnementales dénoncent ces pratiques et le risque que les forêts en paient le prix.

Cette déforestation massive menace de plus l’extinction de certaines espèces animales, telles que les orang-outans, qui vivent dans les forêts des principaux pays producteurs. Heureusement; des solutions voient peu à peu le jour pour alléger l’impact de la production de l’huile de palme sur l’environnement. Certaines méthodes de culture ménageant les sols permettent par exemple d’éviter leur épuisement trop rapide, qui contraint au défrichement de nouvelles portions de forêt; une meilleure productivité contribue également à alléger la pression exercée sur les forêts.

Des associations environnementales, telles que Les Amis de la Terre, voire des investisseurs éthiques se mobilisent également pour demander aux entreprises agroalimentaires de s’engager sur les conditions de production de l’huile de palme qu’elles utilisent. Parmi les premiers à réagir, le distributeur suisse Migros, qui s’est tourné vers l’ONG environnementale WWF pour établir des critères garantissant une production durable d’huile de palme.

Grâce à ces efforts pour concilier la production de l’huile de palm aux enjeux écologiques, 250 acteurs importants de cette industrie ont créé, en collaboration avec le WWF, la RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil), une organisation s’engageant à promouvoir l’huile de palme de production durable et à sauvegarder la forêt tropicale.

A notre échelle, que peut-on faire? Le premier réflexe à adopter est bien évidemment de restreindre sa consommation d’huile de palme en remplaçant les biscuits, les sauces, les chips ou barres chocolatées par des produits frais, ce qui sera de toute façon bénéfique pour votre santé. Plus globalement, pour contribuer à limiter les effets de la production de l’huile de palme sur notre planète, évitez les agrocarburants, diminuez votre consommation d’énergie, afin de ne pas encourager son développement.

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