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La Conférence des Nations Unies sur les PMA réclame une transformation numérique plus équitable

La Conférence des Nations Unies sur les Pays les moins avancés (PMA) à Doha a examiné lundi la question de la réduction de la fracture numérique entre les pays riches et les pays pauvres, alors qu’un rapport révèle que deux tiers de la population des PMA sont toujours hors ligne.
Des filles utilisent une tablette alimentée par l'énergie solaire dans un centre d'apprentissage en ligne à Jabalain, au Soudan.
Des filles utilisent une tablette alimentée par l’énergie solaire dans un centre d’apprentissage en ligne à Jabalain, au Soudan.
Lundi, une série de tables rondes a permis aux dirigeants mondiaux de discuter de deux des obstacles les plus fondamentaux auxquels sont confrontés les PMA : comment mieux utiliser la science, la technologie et l’innovation (STI) et comment promouvoir les transformations structurelles qui peuvent aider à surmonter les obstacles réels auxquels sont confrontés les personnes en marge de la société. Les « STI » jouent un rôle essentiel dans les efforts déployés par les PMA pour éradiquer la pauvreté, passer au développement durable et devenir compétitifs au niveau mondial. Toutefois, ces pays vulnérables sont souvent incapables de tirer pleinement parti des avantages économiques et sociaux du développement technologique en raison de contraintes structurelles, car il existe des disparités importantes entre les PMA et les autres pays. La réalité et l’impact des inégalités existantes est brutale pour des millions de personnes vivant dans les PMA : l’Internet n’est d’aucune utilité si vous ne pouvez pas vous connecter et peu importe que vous puissiez vous connecter si vous ne savez pas comment utiliser un navigateur. Selon de nombreux intervenants lundi, la solution consiste à trouver des moyens non seulement de connecter les personnes laissées-pour-compte, mais aussi de combler durablement le fossé et de favoriser les conditions d’un accès numérique plus inclusif.

Un fossé numérique qui se creuse

Le nouveau rapport de l’Union internationale des télécommunications (UIT) montre qu’en effet, la fracture numérique entre les PMA et le reste du monde ne montre aucun signe de réduction. Si la proportion de la population des PMA utilisant l’Internet est passée de 4% à 36% depuis 2011, il demeure que les deux tiers de la population sont toujours hors ligne. Selon les recherches présentées dans l’étude de l’UIT intitulée Faits et chiffres sur les Pays les moins avancés, environ 407 millions de personnes dans les PMA ont utilisé l’Internet en 2022. Les 720 millions de personnes encore hors ligne dans les PMA représentent 27% de la population mondiale hors ligne, alors que la population des PMA ne représente que 14% de la population mondiale. Le rapport révèle également que le défi de mettre les communautés en ligne est devenu plus complexe au cours de la dernière décennie que la simple mise en place de connexions physiques. Même parmi ceux qui pouvaient accéder à l’Internet, beaucoup ne le font pas en raison d’obstacles allant de la sensibilisation aux compétences en passant par le coût.
Les progrès de la technologie ont aidé ce centre d'emploi de Nouakchott, en Mauritanie, à toucher davantage de demandeurs d'emploi.
Les progrès de la technologie ont aidé ce centre d’emploi de Nouakchott, en Mauritanie, à toucher davantage de demandeurs d’emploi.

Rendre la transformation numérique durable

Le Programme d’action de Doha (DPoA) constitue un point de repère dans ce contexte. Ce plan directeur pour un engagement renouvelé entre les PMA et leurs partenaires de développement, y compris le secteur privé, la société civile et les gouvernements à tous les niveaux, exhorte ces partenaires à fournir un soutien supplémentaire et substantiel aux PMA « pour garantir un accès abordable et fiable aux réseaux à large bande et mobiles et au Wi-Fi ». « Le développement numérique des PMA par la science, la technologie et l’innovation n’est pas seulement une opportunité, c’est un impératif moral », a déclaré Doreen Bogdan-Martin, la Secrétaire générale de l’UIT, lors de l’une des principales tables rondes organisées lundi dans le cadre de la conférence LDC5. « Je crois qu’il est de notre responsabilité de donner un sens à la connectivité et de rendre la transformation numérique durable », a-t-elle ajouté. L’UIT compte souligner l’importance de la coopération numérique pour accélérer la réalisation du Programme d’action de Doha et des Objectifs de développement durable (ODD), notamment par le biais de partenariats public-privé tels que la Coalition numérique Partner2Connect, tout au long de Conférence qui prend fin le 9 mars. Cette coalition a déjà mobilisé plus de 600 promesses de dons d’une valeur de près de 30 milliards de dollars.

Un partenariat pour une numérisation inclusive

« Il y a tellement de jeunes… plus de 50% des PMA ont moins de 19 ans. Il s’agit de la future main-d’œuvre mondiale », a déclaré à ONU Info Justin Spelhaug, Vice-président et responsable mondial/Tech for Social Impact de Microsoft Philanthropies. « Il est important que des entreprises comme Microsoft et d’autres entreprises du secteur privé examinent vraiment le développement de ces pays avec l’ONU en partenariat avec les gouvernements pour faire la différence », a-t-il ajouté. M. Spelhaug a signalé le programme de partenariat pour le développement numérique de la Banque mondiale, qui vise à accroître l’accès à la technologie, aux biens publics numériques, au haut débit et aux services de renforcement des capacités numériques dans les pays les moins développés du monde.
« Le programme rassemble quelques éléments clés et un modèle économique abordable pour créer un meilleur accès à la technologie. Il rassemble les biens publics numériques sous l’égide de GitHub afin de fournir aux gouvernements les services dont ils ont besoin, des solutions open source ou autres », a-t-il déclaré.
Ce partenariat permettra également à l’ONU de poursuivre ses objectifs de création d’un monde plus prospère. M. Spelhaug pense qu’avec l’aide de ce programme, la prochaine conférence des PMA verra une réduction significative du nombre de pays appartenant à cette catégorie.

Une nouvelle génération de partenariats pour les PMA

Le Forum du secteur privé, qui a débuté dimanche à la conférence LDC5, vise à améliorer l’accès au financement, à créer des emplois, à transférer des technologies et à promouvoir la durabilité à long terme dans les PMA. Lundi, le Forum s’est également concentré sur l’amélioration de la connectivité numérique en tant que moteur du progrès dans les PMA, ainsi que sur l’amélioration du développement agricole et rural. « Dans l’esprit de ne laisser personne de côté, le Forum du secteur privé représente une occasion importante de mobiliser le soutien du secteur privé pour que les pays les moins avancés atteignent leur plein potentiel », a déclaré Rabab Fatima, la Secrétaire générale de la LDC5. « En encourageant la collaboration et les partenariats, nous pouvons tirer parti des ressources, de l’expertise et de l’esprit d’entreprise du secteur privé pour aider les pays les moins avancés à surmonter les problèmes de développement auxquels ils sont confrontés et à construire un avenir plus prospère pour leurs citoyens », a ajouté Mme Fatima, qui est également la Haute-Représentante pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (UN-OHRLLS). Au cours du Forum, des discussions de groupe et des sessions interactives ont porté sur les partenariats avec le secteur privé dans les domaines de l’énergie durable, de l’agriculture, de la connectivité numérique, du changement climatique et du tourisme durable. Les possibilités de mise en réseau permettront aux participants de partager les meilleures pratiques, d’échanger des idées et d’identifier des solutions pour promouvoir l’engagement du secteur privé dans les PMA. De nouveaux partenariats pour les PMA seront également annoncés lors du Forum par la communauté internationale des affaires, des responsables gouvernementaux et des représentants des Nations Unies. Le Forum LDC5, qui est placé sous le thème « Du potentiel à la postérité », est l’occasion, une fois par décennie, d’accélérer le développement durable là où l’aide internationale est la plus nécessaire, et d’exploiter pleinement le potentiel des 46 pays les moins avancés. L’action à Doha se poursuit mardi 7 mars, lorsque la Conférence doit examiner la question de la participation des PMA au commerce mondial, ainsi que les questions d’éducation et de développement de la jeunesse. capture_d_e_cran_2023-03-06_a_15.14_44.png

 

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