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L’agroécologie peut-elle garantir la sécurité alimentaire ? L’Oeil de La Fabrique écologique

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« L’agroécologie peut-elle garantir la sécurité alimentaire ? »

L’article original présenté par cet Œil (« Can agroecology improve food security and nutrition? ») entend montrer à travers un état de la littérature à grande échelle, que l’utilisation de pratiques agroécologiques peut améliorer la sécurité alimentaire dans les pays à faible et moyen revenu. Après avoir défini le concept d’agroécologie, il explique comment certaines pratiques agroécologiques par des effets de synergies permettent d’améliorer significativement la sécurité alimentaire des paysans. capture_d_e_cran_2022-09-02_a_17.53_24.png « Can agroecology improve food security and nutrition? A review » est un article publié en 2021 dans la revue Global Food Security et écrit par R. Bezner Kerr et al. L’agroécologie a gagné en reconnaissance scientifique et politique pour ses bienfaits environnementaux et sociaux, mais des doutes subsistent quant à ses implications pour la sécurité et diversité alimentaire. À travers un état de la littérature à grande échelle, cet article montre que l’utilisation de pratiques agroécologiques peut améliorer la sécurité alimentaire dans les pays à faible et moyen revenu.
  • #1 Le terme agroécologie peut désigner une discipline scientifique, une pratique agricole ou un mouvement social et politique. Dans le cadre de cet article, il s’agit d’une approche de l’agriculture qui vise à optimiser les processus écologiques, la santé et le bien-être tout en réduisant les coûts sociaux et environnementaux de l’agriculture. Elle repose sur différents principes, tels que la diversification économique, la santé des animaux et des sols, la réduction des intrants, la biodiversité, le recyclage et l’équité, etc. Compte tenu de la diversité des systèmes et des contextes socio-culturels, sa mise en pratique peut prendre différentes formes. À l’échelle du champ on trouve entre autres la diversification et l’association de cultures, la polyculture et l’agroforesterie. L’intégration de l’agriculture et de l’élevage se fait à l’échelle de la ferme, tandis qu’aux échelles communale et régionale peuvent se développer des marchés locaux et des réseaux d’entraide entre paysans.
  • #2 La grande majorité des fermes dans le monde (80 %) sont des petites exploitations agricoles (inférieures à 2 hectares), lesquelles nourrissent une grande partie de l’humanité. Les ménages propriétaires de ces fermes sont néanmoins régulièrement en situation d’insécurité alimentaire. Il est donc essentiel d’améliorer directement leur situation. Parmi les 56 articles scientifiques retenus par les auteurs, 78% ont montré que l’adoption de plusieurs pratiques agroécologiques tend à améliorer la sécurité alimentaire et la diversité nutritionnelle. Pour mieux appréhender l’ensemble de ces pratiques, les auteurs considèrent la transition vers l’agroécologie comme un continuum, de l’adoption de pratiques agricoles à une refonte plus complexe et compréhensive des systèmes agroalimentaire. Ainsi, grâce à des effets de synergie, les effets bénéfiques de l’agroécologie sont d’autant plus importants que les pratiques adoptées sont nombreuses et mises en place à des échelles différentes.
  • #3 Dans les fermes où l’agroécologie se matérialise par une diversification des cultures, l’amélioration de la sécuri­té alimentaire passe principalement par la consommation directe d’une plus grande diversité de nourriture. Au Mexique par exemple, un système agroforestier relevant de cette pratique permet aux ménages de consommer en moyenne 60 produits différents : les cultures associées de maïs, légumineuses et courges offrent une base de nourri­ture tout au long de l’année, et un jardin potager complète en apportant l’essentiel de la diversité nutritionnelle. La diversification des cultures peut aussi se combiner à d’autres pratiques, comme la gestion agroécologique des sols (paillage, amendements organiques, etc.), l’intégration de l’élevage et des cultures, et la mise en place d’organisations de paysans. L’adoption de plusieurs de ces pratiques permet de multiplier les potentiels chemins par lesquels la sécurité alimentaire peut s’améliorer. En effet, l’amélioration passe non seulement par une plus grande consommation de produits variés, mais aussi par la vente de certains produits, la baisse des dépenses en intrants de synthèse, et une plus grande entraide entre paysans.

L’agroécologie en France

En France, La loi d’avenir promulguée en 2014 vise à promouvoir les pratiques agroécologiques, notamment grâce à la création de collectifs d’agriculteurs et l’introduction de l’agroécologie dans l’enseignement agricole. Si cette loi marque une première étape, on est loin d’un vrai cadre législatif exigeant. La PAC prévoit par ailleurs des subventions pour certaines pratiques agroécologiques, mais celles-ci ne sont pas proportionnelles au niveau d’engagement de l’agriculteur. En effet, une exploitation qui a mis en place un système agroécologique poussé ne recevra pas forcément plus d’aides qu’une exploitation qui a simplement réduit l’utilisation d’intrants de synthèse. Pourtant, les bénéfices pour la société et les coûts pour l’agriculteur ne sont pas les mêmes. L’avis de Pauline Bureau, vice-présidente de LFE «Modulable selon les contextes, l’agroécologie pourrait être une approche pertinente pour faciliter l’adaptation du secteur agricole au changement climatique, qui pèse de plus en plus sur la sécurité alimentaire » L’article source en anglais est disponible ici.

[ŒIL] au format .pdf

oeil_44_agroeocologie-2.pdfTélécharger l’Oeil de la Fabrique Ecologique au format .pdf
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