L’affichage environnemental réussira-t-il à provoquer un déclic collectif ?

Les achats des ménages représentent 40 à 70 % de la contribution totale au changement climatique[[Commissariat général au développement durable, le point sur n° 39 (janvier 2010) : L’affichage des caractéristiques environnementales des produits un enjeu majeur du Grenelle Environnement en matière de consommation durable]]. Changer les habitudes de vie et agir par la consommation sur la production a donc toute sa place dans notre société actuelle. « Ce qui nous conduit à modifier nos habitudes et à adopter des comportements écologiques est moins lié à notre personnalité ou à nos valeurs qu’à un contexte propice à l’action » explique le psychologue social Robert-Vincent Joule[[Interview de Robert-Vincent Joule dans Psychologies magazine (janvier 2010) : Ecologie, les clés du déclic, p. 128]].

Changer de cadre pour changer le monde, c’est l’ambition de l’affichage environnemental.

Mais faire connaître le « prix écologique » des produits suffira-t-il à provoquer un déclic collectif ? Sans doute pas.

Dès 2011, de manière progressive, l’affichage de l’équivalent CO2 ainsi que d’autres indicateurs pertinents par catégorie, fera son apparition sur l’emballage ou l’étiquette des produits de grande consommation. Le consommateur pourra prendre conscience de l’impact environnemental de ses achats puis comparer ces indicateurs pour, idéalement, choisir le produit le plus vertueux de sa catégorie, voire réorienter complètement son achat. Toutefois, cette mesure instaurée par le Grenelle de l’environnement ne changera pas directement la conception des produits. L’effet incitateur peut rapidement s’essouffler en l’absence d’une offre de produits plus respectueux de l’environnement.
Si l’obligation d’affichage environnemental a le mérite de contribuer à éduquer et à informer le citoyen-consommateur dans un monde de plus en plus complexe, le Cniid demande qu’il soit précédé d’une démarche intégrée d’éco-conception obligatoire. « L’information des consommateurs et l’étiquetage ont nécessité 10 ans pour conduire à des changements. La législation peut le faire en 10 jours »[[Traduit de l’anglais. EEB 2008 annual conference report (septembre 2008) : Turning the tide: Sustainable Consumption et Production in Europe, p. 7]].

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A lire aussi sur CDURABLE.info :

Affichage progressif de l’impact environnemental des produits d’ici fin 2010

Publicité : Cristaline boit la tasse et la position commune de 5 associations dont la Fondation Danielle Mitterand, AGIR pour l’environnement et le CNIID

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