Fabricants automobiles et entreprises agroalimentaires pour la première fois classés selon leurs émissions de CO2

Grâce à la méthode Envimpact, l’agence de notation environnementale et sociale Centre Info, à Fribourg, est désormais capable de classer des centaines d’entreprises cotées en Bourse en fonction de l’intensité en CO2 de leur activité. Dans son numéro 24 de mars-avril-mai 2007, LaRevueDurable rend pour la première fois public – dans deux secteurs : l’automobile et l’agroalimentaire – ce classement de plus en plus stratégique pour les investisseurs. Et relance l’idée de créer des étiquettes CO2 pour les titres cotés en Bourse.

Avec le changement climatique, la taxation du carbone devient inévitable et les normes sur les émissions de CO2 de tous les produits industriels vont se renforcer. L’intensité en CO2 d’une entreprise se révèle ainsi une donnée sensible pour les actionnaires : plus elle est faible, plus l’entreprise est en position de force.

Dans le secteur automobile, les fabricants qui privilégient les petites voitures arrivent en tête du classement de Centre Info. C’est le cas des sociétés européennes Renault, Fiat et PSA Peugeot-Citroën, qui montent sur les trois marches du podium. Compte tenu de l’ensemble du cycle de vie de leurs voitures, ces entreprises génèrent plus de 2 kg de CO2 par euro moyen de ventes.

Son modèle hybride Prius ne totalisant que 3,4 % de son chiffre d’affaires avant tout bâti sur la vente de modèles voraces, Toyota est relégué à la sixième place. De même, Honda reste au pied du podium, son modèle hybride Civic ne représentant que 1 % de ses ventes. En queue de classement, on trouve les fabricants Ford, General Motors et Porsche. L’intensité en carbone de Porsche se monte à plus de 4 kg de CO2 par euro moyen de ventes.

Dans le secteur agroalimentaire, les sociétés qui font l’impasse sur les produits d’origine animale arrivent en tête du classement. Focalisées sur les sucreries, Unilever et Cadbury Schweppes se hissent respectivement aux première et deuxième places avec un peu plus de 0,6 kg de CO2 par euro moyen de ventes. Leader mondial de la transformation de viande, Tyson Foods, bon dernier, en génère près de 1,6 kg. Du fait de ses produits laitiers, Danone arrive avant dernière. Nestlé ne fait guère mieux à cause de son alimentation très carnée pour animaux de compagnie.

Ces données révèlent l’existence d’énormes marges de manœuvre. Entre Renault et Porsche, ou entre Unilever et Tyson Foods, l’intensité en carbone varie du simple à plus du double. Un système d’étiquettes CO2 pour les titres cotés en Bourse permettraient aux investisseurs de minimiser leurs risques en intégrant le paramètre intensité en carbone à leurs décisions. Et donnerait un précieux levier à la société toute entière pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

(…)

Lire l’intégralité de l’article sur le site de LaRevueDurable

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