Copenhague : le coup de force des Danois

La proposition danoise, rendue publique par une fuite hier, est
déjà dénoncée comme un texte injuste et insuffisant. Pire, dénonce Les Amis de la Terre, négocié « entre pays riches », il biaise les discussions dès le deuxième jour des négociations sur le climat en tentant de courtcircuiter les discussions avec les pays en développement. Les Amis de la Terre International dénoncent l’attitude du Danemark qui, en tant qu’organisateur de ce sommet capital pour la planète, devrait au contraire se placer dans une position neutre pour engager la discussion entre tous les États du monde. C’est le seul moyen d’obtenir un accord ambitieux, équitable et contraignant.

Meena Raman, des Amis de la Terre Malaisie commente la proposition danoise : « La proposition d’« Accord de Copenhague » divulguée viole les principes démocratiques des Nations Unies et menace les négociations de Copenhague. En ayant une discussion secrète dans une arrière chambre
avec seulement quelques pays sélectionnés, les Danois font exactement le contraire de ce qu’on attend d’eux en tant que pays hôte. Le gouvernement danois doit arrêter de conspirer avec les pays riches. Au contraire, il doit baser les discussions sur les positions des pays en développement, qui sont les moins responsables et pourtant les plus touchés par les changements climatiques. »

La proposition danoise est attaquée parce qu’elle est le fruit d’une négociation entre un petit groupe de pays riches outrepassant le processus des Nations Unies. En outre, ses objectifs sont insuffisants
par rapport aux données scientifiques actuelles, et surtout, elle veut imposer des obligations aux pays en développement alors qu’ils ne sont pas responsables historiquement des changements climatiques.

Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre France précise : « Cette proposition ne respecte pas la justice climatique. La seule façon d’obtenir un accord fort et juste à Copenhague est d’inclure tous les pays, en accord avec les principes de la CCNUCC. L’accord des pays riches » danois doit être enterré et le processus des Nations Unies doit reprendre. »

– Plus d’informations ainsi que le texte danois complet (en anglais) en cliquant ici

Pour les Amis de la Terre International :
– les pays riches et industrialisés doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020. Ces réductions doivent être faite sur leur territoire sans compensations. Les compensations, y compris celles du ‘Mécanisme de Développement Propre’, sont de fausses solutions et doivent être écartées.
– les pays riches et industrialisés ont une dette climatique envers les pays en développement qui résulte de dizaines d’années de pollution. Cette dette doit être reconnue et remboursée par une réduction drastique des émissions et par la constitution démocratique via les Nations Unies de fonds publics suffisants pour combattre les changements climatiques et aider les pays les plus démunis à y faire face.
– la Banque Mondiale et ses financements climatiques doivent être rejetés car ils augmentent la dette des pays pauvres et promeuvent les énergies sales telles que le soi-disant « charbon propre ».
– Les forêts ne doivent pas être inclues dans les marchés carbone. Le lutte contre la déforestation doit passer par des fonds publics et doit préserver les droits des populations autochtones. Les plantations ne doivent pas être considérées comme des forêts.

– Plus d’informations ainsi que le texte danois complet (en anglais) en cliquant ici

Lire aussi

L’eau n’attendra pas : pour réussir la transition hydrique de la France

À moins de six mois de l’élection présidentielle, les Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle (ATEP) interpellent les candidats sur la gestion de l’eau en publiant « L’eau n’attendra pas », un manifeste qui formule dix propositions concrètes pour la période 2027-2032.

Cinq associations lancent un Pacte national pour faire des sols vivants une priorité

Alors que 89 % des sols agricoles de l'Union...

Investir dans notre avenir : L’innovation sociale par la preuve

"Investir dans notre avenir" : ce thème de la...

La transition écologique à l’âge des preuves, une évolution inévitable pour 68% des français

Que font les crises successives à l'opinion et à...

Newsletter

Sur Cdurable

Réseau des Ordonnances Vertes : unir les territoires pour protéger la santé dès la grossesse

Le Réseau Ordonnances Vertes veut faciliter l'accès à une alimentation bio, sensibiliser aux perturbateurs endocriniens et renforcer la prévention en santé environnementale.

Immobilier : après le DPE, la qualité environnementale du quartier devient un nouveau critère de choix !

Deux appartements affichent le même DPE, la même surface...

De la théorie du donut à l’outil pour une approche durable de l’avenir

Comment concilier la satisfaction des besoins humains fondamentaux avec...

Et si nous faisions simplement de la place ?


Le vide n’est peut-être pas si vide… Nous avons souvent tendance à vouloir remplir. Nos journées, nos maisons, nos agendas, nos silences, nos pensées....

L’eau n’attendra pas : pour réussir la transition hydrique de la France

À moins de six mois de l’élection présidentielle, les Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle (ATEP) interpellent les candidats sur la gestion de l’eau en publiant « L’eau n’attendra pas », un manifeste qui formule dix propositions concrètes pour la période 2027-2032.

Paul de Vulpian, cofondateur de Villa Hélène, voit le potentiel thérapeutique des champignons pour la médecine de demain

Saviez-vous que trois des plus grandes révolutions médicales du XXe siècle doivent leur existence … aux champignons ? Et ce n'est pas une plaisanterie...