Aviation et émissions de CO2 | Extrait de la Lettre Action Carbone N°3 – Décembre 2007

La démarche volontaire de compensation des passagers ou des opérateurs du secteur aérien n’est pas sans poser la question du rôle de ce secteur dans les émissions de gaz à effet de serre ainsi que des mesures à mettre en oeuvre pour le limiter.

La contribution des émissions aériennes au réchauffement de la planète serait d’environ 3 %. Depuis 1990, les émissions des vols internationaux en Europe ont augmenté de 87 % du fait de la forte croissance du trafi c. Malgré ce constat, le protocole de Kyoto n’intègre aujourd’hui que les émissions aériennes domestiques. Limiter les émissions qui pourraient représenter 5 % en 2050 ne pourra se faire qu’en comptant sur la conscience des voyageurs et voyagistes.

C’est pourquoi des initiatives émergent et des contraintes réglementaires se dessinent.
À partir de 2011, les vols transfrontaliers intra-européens entreront dans le cadre du marché européen d’échanges des quotas et il en sera de même pour les vols internationaux au départ ou à l’arrivée de l’Europe à partir de 2012. Les conditions de cette mise en application sont
encore en pourparler mais au début du mois de novembre, le Parlement européen a montré sa volonté d’aller encore plus loin que les propositions de la Commission en proposant une réduction de 10 % par rapport au niveau moyen des émissions sur la période 2004-2006.
Parallèment à ces projets européens, de plus en plus d’opérateurs d’aviation civile souhaite montrer au public leur engagement en renouvellant progressivement leur flotte d’avions et/ou en proposant aux passagers de compenser les émissions liées à leur trajet. C’est le cas bien sûr d’Air France, mais également de la branche KLM de l’avionneur. L’opérateur low-cost Easyjet a créé une fondation dédiée, et la compensation des émissions est directement inclue dans le processus de réservation du billet. Enfin, Virgin Atlantic propose à ses passagers
la compensation en plein vol, en même temps que la vente de produits duty-free !

Doit-on pour autant condamner les démarches de compensation volontaire en les jugeant symboliques ? Même si elles ne constituent qu’un premier pas, ces démarches ont au moins 2 mérites : informer sur le niveau d’émissions lié à ce type de transport, et donner un coût
environnemental aux vols aériens, un comportement aujourd’hui accessible à tous. Ces axes sont en totale cohérence avec diverses mesures proposées lors du Grenelle de l’environnement : rendre obligatoire l’affi chage des émissions de gaz à effet de serre des prestations de transport et surtout rétablir le vrai coût du transport aérien.

– Lire aussi : « action carbone : 1 an de lutte contre le changement climatique »

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