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Ette jeune et agir pour la Transition Climat

Quel métier choisir pour avoir un impact sur le climat ?

Tour des enjeux et des choix possibles pour agir pour le climat dans son métier

dimanche 21 août 2022
Posté par klimaschool

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Les jeunes sont souvent perdus face à l’ampleur des changements à venir du fait du changement climatique. Ils ne savent pas comment se former, ni à quoi se former.
Tour des enjeux et des choix possibles pour agir pour le climat dans son métier.



Les marches pour le climat et les derniers sondages montrent que la jeune génération, aussi appelée génération Z (personnes nées entre 2000 et 2010), est très inquiète des conséquences du changement climatique et de l’immobilisme des décideurs. La gen Z souhaite souvent agir à titre individuel et se former, mais les jeunes ne savent pas quel métier choisir pour avoir un impact, à l’instar de Charlotte qui déclare “je pense que la situation est super instable je me demande alors comment réellement anticiper le marché et ainsi former au mieux au regard de tous ces facteurs incertains” ou encore de Lilian qui exprime sa confusion sur les débouchés possibles : “J’essaie déjà d’agir à mon échelle quand à me former je ne vois pas spécialement de quelle manière”.

L’orientation aux métiers favorables au climat est encore naissante. L’ampleur des enjeux laisse néanmoins de nombreuses pistes possibles pour les étudiants.

Pourtant la lutte contre le changement climatique concerne tous les secteurs de l’économie. Les étudiants peuvent choisir le secteur qui leur plaît.

La moitié du carbone émis dans l’atmosphère par la combustion d’énergies fossiles à eu lieu au cours des 30 dernières décennies. Comme pour la pandémie de covid 19, le phénomène est non linéaire et exponentiel.

Tous les secteurs contribuent aux émissions carbone, à plus ou moins grande échelle. Ainsi, les étudiants actuels pourront lutter contre le changement climatique dans le secteur de leur choix : énergie, numérique, grande consommation, transports, agriculture, mode, santé etc … le sujet, comme le numérique, est transverse.

Pour modifier la conception et le cycle de vie des produits et limiter leur empreinte carbone : l’éco-concepteur.

Pour agir contre le changement climatique, il est nécessaire de contribuer à la baisse des émissions de CO2. Cela passe par la modification des processus de production et la sobriété énergétique, notamment au travers du recyclage des matières premières déjà disponibles, de la prolongation de la durée de vie des produits. On englobe souvent cela dans la démarche d’éco-conception, aussi souvent appelée éco-design.

Exemple : Décathlon, marque bien connue, projette dès 2026 de fournir 100% de sa gamme en produits conçus dans une démarche d’éco design. Mais qu’est ce que cela veut dire concrètement ? Le terme éco design n’est pas encadré, ainsi les marques peuvent y inclure des objectifs de changement climatique, de pollution de l’air ou de l’eau, de l’épuisement des ressources ; mais tout aussi bien des actions de changements de matériaux, en incluant un pourcentage de matériaux recyclé dans les produits. C’est le cas pour l’équipementier sportif préféré des français, qui inclut précisément dans sa définition d’éco-design, soit 10% d’amélioration sur le changement climatique, la pollution de l’air ou l’épuisement des ressources ; ou bien, des actions de modification de la conception du produit et notamment de ses matériaux. Exemple : 70% du poids du produit en polyester recyclé ou encore 90% de coton issu de l’agriculture biologique.
Toujours dans le domaine du textile, on peut citer le bon élève Patagonia, marque engagée pour l’environnement, qui explique que le poste numéro 1 de ses émissions carbone provient de la fabrication des matériaux. Ainsi le recyclage et le remplacement des matériaux à base de plastique sont devenus l’une de ses priorités.

Ces deux exemples du secteur du textile, démontrent que les entreprises s’orientent de plus en plus vers cette démarche d’éco-conception. Comme le résume Klimaschool, école de commerce dédiée aux enjeux du climat, l’éco-concepteur devra modifier le design d’un produit, tout au long de son cycle de vie. Ainsi, il pourra travailler au service achats et approvisionnements pour modifier la stratégie d’extraction et de traitement des matières premières, mais également établir de nouvelles relations avec des fournisseurs en charge de la production des produits avec d’autres techniques de fabrication. L’éco-concepteur pourra également travailler à la réduction de l’impact carbone de la chaîne logistique en limitant les rejets liés au transport et en raccourcissant les chaînes d’approvisionnement. Le sujet est dans l’ère du temps alors que l’on parle de plus en plus de démondialisation du fait des ruptures d’approvisionnements, notamment en provenance d’Asie. Par ailleurs, l’éco-concepteur travaillera étroitement avec les équipes en charge du marketing et de la distribution, afin de préciser au client final la valeur environnementale et carbone du produit nouvellement conçu. La réduction de la disponibilité des matières premières, poussent d’ores et déjà les entreprises à repenser leurs modèles mondialisés.

Pour aiguiller les entreprises dans la prise de conscience de leurs impacts et la réduction de leurs émissions carbone : le conseil en impact climat / RSE

Les entreprises et organisations n’ont souvent pas conscience de leurs impacts climatiques. Avant de pouvoir s’emparer du problème et de mettre un plan de réduction de leurs émissions en place, elles ont besoin d’équipes dédiées, externes ou internes réalisant leur bilan d’impact carbone. C’est le rôle du consultant en stratégie climat, parfois aussi appelé consultant Climat - énergie. Il construit la stratégie climat et bas carbone au sein de l’entreprise cliente.
Pour imaginer la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le consultant suivra les nouveaux standards qui sont actuellement mis en place pour la comptabilisation carbone, les standards “Science Based Targets” aussi appelés SBTi.
Le consultant aura un rôle qualitatif pour conseiller son client et l’orienter vers des choix énergétiques bas carbone directs ou indirects, la gestion des risques climatiques pour l’entreprise, ou encore la communication d’entreprise en lien avec le changement climatique pour éviter les accusations de greenwashing. Ce métier est également quantitatif, puisque les entreprises devront de plus en plus se plier au respect des standards de calculs internationaux d’émissions carbone et de leur communication mis en place dans le cadre de la réduction des effets du changement climatique. Aussi, le consultant en stratégie climat aidera son client à respecter la Task Force on Financial Disclosures (“TCFD”).

Exemple avec l’opérateur télécom numéro un en Suisse, Swisscom. Ce dernier souhaitait améliorer son impact sur le changement climatique, devenir neutre en carbone dès que possible et inclure les émissions carbone de ses propres clients dans son bilan carbone. L’ambition étant de les améliorer également, notamment grâce aux solutions de télétravail réduisant les émissions liées aux transports, ou en proposant des services d’IoT pour les véhicules, bâtiments ou réseaux électriques. Grâce aux équipes de conseil en climate change reduction d’Accenture, cabinet de conseil de premier plan, l’opérateur télécom a été en mesure d’évaluer son impact, d’augmenter ses ambitions de réduction d’émissions carbone en visant une réduction de 1 million de tonnes de carbone, d’ici 2025, soit l’équivalent de 2% des émissions de gaz à effet de serre du pays.

Pour limiter les émissions carbone, le responsable de la sobriété énergétique pourra contribuer à limiter les dépenses énergétiques non nécessaires et responsables d’émissions carbone

A l’instar de la tribune publiée par les grands dirigeants des entreprises énergétiques françaises indiquant que la meilleure énergie c’est celle qu’on ne consomme pas, le responsable de la sobriété énergétique sera un chasseur d’économies d’énergie. Les émissions carbone étant le résultat d’un processus de transformation de l’énergie, le but du responsable en sobriété énergétique sera de trouver au sein des étapes du cycle de production des entreprises, des poches d’économies d’énergie et par conséquent d’émissions carbone. Une fois son analyse réalisée, il pourra alors mettre en place un plan de réduction de cette consommation accessoire. Le responsable en sobriété énergétique pourra travailler dans les unités de production, dans les chaînes d’approvisionnement, ou il pourra également travailler pour le secteur de l’immobilier où il participera à l’évaluation des performances des bâtiments. Le logement et les immeubles de bureaux sont en effet responsables d’une grande partie des émissions locales (à l’inverse des émissions carbone importées). Un grand gaspillage énergétique est constaté dans ce secteur, ce qui implique des émissions carbone non justifiées. En chiffres, l’immobilier est responsable de 25% des émissions carbone non importées en France. Les acteurs de ce secteur se mobilisent donc pour réduire leur empreinte, à l’instar de Gecina, première foncière privée d’Ile de France, qui totalise 2 millions de mètres carrés de bureaux et résidences étudiantes en Ile de France. Ce dernier emploie nombre de responsables de la sobriété afin de suivre son nouveau plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’objectif est simple : zéro émission carbone sur tous les lieux en exploitation d’ici 2030.

Les entreprises sont petit à petit contraintes de mettre en ligne leurs pratiques commerciales avec les enjeux du changement climatique.

La prise de conscience des consommateurs vis-à-vis des causes du changement climatique entraîne les entreprises vers une adaptation à marche forcée de leurs modèles d’affaires. Ainsi, les comparateurs carbone entre produits apparaissent, comme auparavant Yuka, qui permettait d’obtenir rapidement un avis indépendant et non partisan de la qualité nutritive d’un produit. Aujourd’hui la technologie permet d’avoir un avis rapide de l’impact sur le climat de la planète de ce que l’on achète.
Les entreprises se mobilisent à leur rythme, mais l’élan est déjà présent. Au-delà des trois métiers déjà présentés, la réduction de l’empreinte carbone est partout, dans le numérique, la finance, le marketing, le juridique, les achats. Aussi, l’étudiant soucieux de connaître ses voies d’orientation pourra choisir le secteur qui lui convient le plus comme débouché professionnel.

Les difficultés de recrutement des entreprises, un levier pour choisir les plus vertueuses pour le climat.

D’autant que nombre d’entreprises présentent des difficultés de recrutement. Comme tous les secteurs sont concernés par la transition climatique, il pourra être opportun pour les candidats de choisir les plus vertueuses concernant le climat. “Depuis la pandémie, de plus en plus de personnes s’interrogent sur la direction prise par la société. Dans un monde qui évolue en permanence, nombreux sont ceux qui mettent les engagements climatiques de leur employeur dans la balance, notamment chez les jeunes diplômés” déclare Joseph Hermet, directeur de l’école de commerce Klima School, école de commerce dédiée à la transition climatique.

Certains secteurs profiteront des changements liés aux contraintes énergétiques et climatiques et d’autres verront les besoins diminuer

Si la destruction créatrice de Schumpeter n’est jamais très loin, on imagine que malgré une évolution de l’économie sous contrainte énergétique et climatique de plus en plus marquée, certains secteurs sauront profiter de ces changements à venir pour diminuer les impacts et d’autres en souffriront. On peut par exemple parler du retour en force du secteur du vélo, dont les ventes en France ont déjà pesé 2 milliards d’euros en 2021 et pourraient continuer de croître à un rythme soutenu, du fait d’une forte demande notamment pour les vélos électriques et des mécanismes d’aides publiques. A titre d’exemple, on a vendu plus de vélos que de voitures en France en 2021 et cela n’est pas prêt de cesser. Secteur contracyclique, le vélo est favorable pour la santé, bienfaiteur pour le climat et voit de plus en plus de fabricants rapprocher les chaînes de production voir même les rapatrier en France, à l’instar d’Eovolt, PME Rhône Alpine créée par deux jeunes entrepreneurs et produisant des vélos pliables électriques assemblés en France. Le marché de la réparation va également grandir, et celui des fournisseurs de composants également, car les leaders comme Shimano ou Sram peinent à ajuster à la hausse leurs usines de production.

Les métiers de la mode ne sont pas en reste. Acteur majeur de la pollution climatique, le secteur de la mode doit encore largement améliorer son impact carbone. Des solutions se dessinent néanmoins, notamment au travers des magasins de friperies qui donnent une seconde vie aux tonnes de vêtements abandonnés dans nos armoires. Alors que le marché général de la mode continue de voir ses ventes baisser, le marché de la friperie, en plein essor, aux environs de 10% / an pèse déjà pour 1 milliard d’euros en France.

L’agriculture et les espaces verts reviennent également au centre des débats, avec une volonté d’indépendance alimentaire prônée par le pouvoir politique et un souhait de résilience des zones urbaines lors d’épisodes de canicule. Ainsi, France compétences, l’établissement public en charge de l’alternance dans les écoles de commerce indique qu’il classe à partir de cette année en tant que métier d’avenir, les métiers de végétaliseur urbain ou d’éco agriculteurs. Les modèles agricoles actuels, reposent essentiellement sur les énergies fossiles pour la fertilisation des sols par ajout d’engrais azotés produits à partir de gaz, et la mécanisation, ayant décuplé la taille des exploitations, et diminué le recours à la main d’œuvre. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le recours à ces outils d’industrialisation n’ont fait que croître, mais le changement climatique provoquant la chute des rendements pour cause de trop grande sécheresses, et la raréfaction des ressources fossiles pour les agriculteurs pousse les exploitations à revoir leurs modèles. Néanmoins, le chemin est encore long et l’adaptation sera lente, probablement poussée par les jeunes générations. Dernier exemple en date, les manifestations et blocus des agriculteurs hollandais contre des mesures favorables au climat, les empêchant de rejeter de l’azote, puissant gaz à effet de serre en lien avec leurs engrais azotés.

Enfin, les acteurs du recyclage et de l’injection plastique seront au cœur de la limitation des recours aux énergies fossiles, puisque le coût du plastique neuf se rapproche de plus en plus du coût du plastique recyclé. Par ailleurs, les entreprises, sous la pression des consommateurs, poussent de plus en plus leurs fournisseurs à utiliser du plastique recyclé, notamment dans le secteur de la mode, des cosmétiques. Les métiers de l’organisation de la filière et des approvisionnements en plastique recyclés ont d’ailleurs le vent en poupe, comme le montre l’objectif 2021 de l’entreprise Sundiz, leader indépendant des boîtes en PET, de produire un produit sur deux en plastique recyclé.

Joseph Hermet

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Par : klimaschool

 
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