Communiqué de Sauvons le Climat

Le méthane, une bombe à retardement pour le réchauffement global ?

Un récent article paru dans le New Scientist fait le point sur le réchauffement aux hautes latitudes [[Consulter le site de New Scientist : http://www.newscientist.com/article/mg20127011.500-arctic-meltdown-is-a-threat-to-humanity.htm par Fred Pierce dans le numéro du 28 mars 2009 Vol 201 N° 2701 p. 32.]]. La température moyenne y a augmenté de 2°C par rapport aux années 1951 – 1980, entraînant une fonte de la banquise. Contrairement à celle-ci qui est un réflecteur très efficace de la lumière solaire, les surfaces de mer dégagées de la glace sont très absorbantes et se réchauffent donc rapidement, un réchauffement qui se propage aux continents avoisinants (Canada, Groenland, Norvège, Sibérie …) jusqu’à plus de 1000 km vers l’intérieur.

Une conséquence de ce réchauffement déjà bien perceptible est la fonte du permafrost, cette portion de sol qui n’a jamais dégelé depuis la dernière glaciation qui s’est terminée il y a 10 000 ans ; la fonte du permafrost entraîne la dégradation rapide du sol et de tout ce qui a été construit dessus.
Un récent article paru dans le New Scientist fait le point sur le réchauffement aux hautes latitudes. La température moyenne y a augmenté de 2°C par rapport aux années 1951 – 1980, entraînant une fonte de la banquise
Un récent article paru dans le New Scientist fait le point sur le réchauffement aux hautes latitudes. La température moyenne y a augmenté de 2°C par rapport aux années 1951 – 1980, entraînant une fonte de la banquise
Mais les conséquences peuvent en être beaucoup plus considérables : le permafrost contient des quantités considérables de carbone (évaluées à 16 000 milliards de tonnes), dont une part appréciable pourrait être relâchée dans l’atmosphère en cas de fonte importante de ce permafrost. Une bonne part de ce carbone est sous forme de méthane (CH4), un gaz à effet de serre 62 fois plus « efficace » pour l’effet de serre, que le dioxyde de carbone(CO2) [[Actuellement, le méthane est responsable de 18% de l’effet de serre additionnel dû à l’homme, à comparer aux 63% du dioxyde de carbone. Un relâchement de 100 milliards de tonnes d’ici la fin du siècle aurait le même effet que 270 ans d’émissions de CO2 au rythme actuel de 27 milliards de tonnes par an.]]. Un accroissement du méthane atmosphérique aura pour effet d’amplifier le réchauffement et d’accélérer la fonte du permafrost. En outre, dans ce sol dégelé, qui recèle de grandes quantités de carbone organique, la vie bactérienne va redémarrer, accélérant son réchauffement par la chaleur qu’elle produit, et provoquant l’émission de quantités supplémentaires de CO2 et de CH4, et donc, là aussi une accélération du réchauffement. Les zones humides vont considérablement s’étendre comme conséquence de cette fonte, zones qui sont des sources naturelles importantes de méthane. Et si le réchauffement se propage jusqu’aux sédiments, peu profonds, des mers avoisinantes, c’est alors le méthane qui y est stocké sous forme d’hydrates, qui risque de dégazer rapidement, entraînant encore une accélération du réchauffement.
La concentration atmosphérique de méthane avait augmenté de 150 % depuis le début de l’ère industrielle, avant de se stabiliser il y a une dizaine d’années.   En 2007, elle a recommencé à augmenter
La concentration atmosphérique de méthane avait augmenté de 150 % depuis le début de l’ère industrielle, avant de se stabiliser il y a une dizaine d’années. En 2007, elle a recommencé à augmenter
La concentration atmosphérique de méthane avait augmenté de 150 % depuis le début de l’ère industrielle, avant de se stabiliser il y a une dizaine d’années [[Cette stabilisation a été attribuée à 2 causes successives : dans un premier temps, les rejets dus aux activités humaines ont diminué ; puis les zones humides, émettrices de méthane, ont régressé alors que les rejets par l’homme ré-augmentaient.]]. En 2007, elle a recommencé à augmenter. On suspecte les émissions par le permafrost partiellement fondu en Sibérie à la fin de l’été 2007. Le collectif « Sauvons le climat  » fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes. La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site de Sauvons Le Climat : http://www.sauvonsleclimat.org

 

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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