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Climat - énergie

Les énergies renouvelables sont la seule voie crédible

Pour éviter une une catastrophe climatique selon l’ONU

dimanche 15 janvier 2023
Posté par Cyrille Souche

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Seules les énergies renouvelables peuvent garantir notre avenir et aider la planète à éviter une catastrophe climatique, ont plaidé samedi le Secrétaire général de l’ONU et le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies lors d’une réunion de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.



Un parc éolien dans l’Ontario, au Canada.
© Unsplash/Jason Ng

« Notre monde est toujours dépendant aux combustibles fossiles, l’objectif de 1,5 degré Celsius glissant rapidement hors de portée. Avec les politiques actuelles, nous nous dirigeons vers 2,8 degrés de réchauffement climatique d’ici la fin du siècle. Les conséquences seront dévastatrices. Plusieurs parties de notre planète seront inhabitables. Et pour beaucoup, c’est une condamnation à mort », a prévenu le chef de l’ONU, António Guterres, dans un message vidéo adressé aux participants de la 13e session de l’Assemblée de l’IRENA qui se déroule le 14 et le 15 janvier à Abou Dhabi.

Agir maintenant

« Si nous voulons éviter une catastrophe climatique, les énergies renouvelables sont la seule voie crédible. Seules les énergies renouvelables peuvent garantir notre avenir, combler le fossé de l’accès à l’énergie, stabiliser les prix et garantir la sécurité énergétique », a-t-il ajouté, notant qu’aujourd’hui, leur part dans l’électricité mondiale est d’environ 30 % et que cela doit doubler pour atteindre plus de 60% d’ici 2030 et 90% d’ici 2050.

Selon le Secrétaire général, « c’est possible – si nous agissons maintenant ».

Pour nous aider à y parvenir, il a rappelé qu’il a proposé un plan énergétique en cinq points pour une transition juste :

  • Premièrement, il faut supprimer les obstacles à la propriété intellectuelle et traiter les principales technologies renouvelables, y compris le stockage de l’énergie, comme des biens publics mondiaux.
  • Deuxièmement, il faut diversifier et accroître l’accès aux chaînes d’approvisionnement pour les matières premières et les composants des technologies des énergies renouvelables, sans dégrader l’environnement. Cela peut aider à créer des millions d’emplois verts, en particulier pour les femmes et les jeunes dans les pays en développement.
  • Troisièmement, les décideurs doivent réduire les formalités administratives, accélérer les approbations pour les projets durables dans le monde entier et moderniser les réseaux.
  • Quatrièmement, les subventions énergétiques doivent passer des combustibles fossiles à une énergie propre et abordable. Et il faut soutenir les groupes vulnérables touchés par cette transition.
  • Et cinquièmement, les investissements publics et privés dans les énergies renouvelables devraient tripler pour atteindre au moins 4.000 milliards de dollars par an. Le chef de l’ONU a observé qu’aujourd’hui, la plupart des investissements dans les énergies renouvelables se font dans le monde développé et que le prix des technologies renouvelables peut être sept fois plus élevé dans les pays en développement.

« Nous devons tous travailler ensemble pour réduire le coût en capital des énergies renouvelables et veiller à ce que les financements parviennent à ceux qui en ont le plus besoin. Les banques multilatérales de développement doivent jouer leur rôle en investissant massivement dans les infrastructures d’énergie renouvelable, en prenant plus de risques et en mobilisant des financements privés », a-t-il dit. « Les pays développés doivent travailler avec les agences de crédit pour augmenter les investissements verts dans les pays en développement ».

M. Guterres a exhorté les ministres de l’énergie et d’autres à promouvoir des politiques nationales ambitieuses et une plus grande équité sociale et économique, notamment en taxant les bénéfices exceptionnels de ceux qui exploitent la crise énergétique actuelle.

Des ouvriers nettoient des panneaux solaires à Manille, aux Philippines.
FMI/Lisa Marie David

Renforcement de la souveraineté énergétique

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Csaba Kőrösi, a également souligné que « le succès de la protection du climat dépend de la transition vers une utilisation d’énergie sans carbone ».

« Du solaire au vent, en passant par les vagues et la géothermie, les sources d’énergie renouvelables sont disponibles pour tous les climats. Leur utilisation a un potentiel de renforcement de la souveraineté énergétique », a-t-il dit dans un message adressé aux participants de l’Assemblée de l’IRENA.

« Nous pouvons choisir de vraiment réduire notre dépendance aux combustibles fossiles - importés ou produits localement. Nous pouvons choisir de passer à davantage de sources d’énergie qui ne perturberont pas les équilibres sensibles de notre planète. Nous pouvons choisir de faire en sorte que la transition vers les énergies renouvelables soit équitable », a-t-il martelé.

Selon le Président de l’Assemblée générale, « si nous voulons tenter d’atteindre les objectifs fixés dans l’Accord de Paris, les États membres doivent agir sans tarder ». Il a rappelé que selon l’Agence internationale de l’énergie, les énergies renouvelables pourraient en principe constituer les deux tiers de la production mondiale d’électricité d’ici 2030.

Pour que cela devienne une réalité, il a suggéré trois pistes :

  • Premièrement, investir dans des outils scientifiques de mesure. Cela comprend la création d’un mécanisme de suivi pour évaluer les progrès et les retards.
  • Deuxièmement, pour accélérer la transition et faire des énergies renouvelables un bien public mondial, il faut partager les connaissances et transférer les technologies.
  • Troisièmement, il faut renforcer les partenariats avec les parties prenantes, des universitaires aux civils en passant par les entreprises, qui ont de bons antécédents dans les initiatives d’énergie durable.

IRENA

Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA)

L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA, de l’anglais International Renewable Energy Agency) est une organisation intergouvernementale fondée en 2009, dont la mission est la promotion des énergies renouvelables à l’échelle mondiale. Son siège se situe à Abou Dabi et son directeur général est l’italien Mr. Francesco La Camera. Le centre d’innovation et technologie de l’IRENA se situe à Bonn.

Missions et objectifs

L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) a pour mandat de servir de centre mondial de coopération pour l’énergie renouvelable et l’échange d’informations entre ses 168 membres (167 États et l’Union européenne).

L’IRENA soutient les États dans leur transition vers un avenir énergétique durable et sert de principale plate-forme pour la coopération internationale, un centre d’excellence, et un référentiel de connaissances politiques, technologiques, et financières sur les énergies renouvelables. L’IRENA encourage l’adoption généralisée et l’utilisation durable de toutes les formes d’énergies renouvelables, y compris la bioénergie, l’énergie géothermique, l’hydroélectricité, les énergies marines, les énergies solaires et l’énergie éolienne dans la poursuite du développement durable, de l’accès à l’énergie, de la sécurité énergétique, de la croissance économique faible en carbone et de la prospérité.

En 2018, l’Irena a actualisé son scénario baptisé « REmap » ; 85 % d’électricité renouvelable en 2050, avec doublement de la part de l’électricité dans la consommation finale de 2015 (20 %) à 2050 (40 %), pour atteindre la cible +2 °C en 2100, estimant qu’il y a un besoin massif d’énergies renouvelables mais aussi d’importants progrès en efficacité énergétique (il faudrait diminuer l’intensité énergétique mondiale (consommation d’énergie par point de PIB) des 2/3 entre 2018 et 2050, sachant qu’elle n’a baissé que de 1,7 % en 2017, à titre d’exemple) pour contribuer à « plus de 90 % aux réductions nécessaires des émissions de CO2 liées à l’énergie » d’ici à 2050. Ce scénario est estimé nécessiter 120 000 milliards de dollars d’investissements de 2015 à 2050 dont presque 44 % pour améliorer l’efficacité énergétique (à comparer aux 93 000 milliards de dollars du scénario de référence). Cet apparent « surcoûts » du REmap étant selon l’Agence « largement » compensés par les externalités positives (moindre pollution de l’air et bénéfices pour la santé et l’environnement, avec une économie chiffrée par l’IRENA à près de 6 000 milliards de dollars/an par rapport au scénario de référence) et par un gain net de 11,6 millions d’emplois dans le secteur à l’horizon 2050 (un peu moins de 7,4 millions d’emplois perdus dans le secteur des fossiles de 2018 à 2050, contre 19 millions créés dans les "renouvelables", les réseaux intelligents et l’efficacité énergétique).


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