L’éducation à la solidarité internationale

Etudiants : de l'envie aux actes

Alors que plusieurs établissements d’enseignement supérieur ont développé des actions ponctuelles d’éducation et de sensibilisation, aucune réflexion globale ne semble avoir été menée à ce jour. Le colloque de Besançon constitue peut-être de ce point de vue une première étape vers une prise en compte plus importante de cette dimension éducative dans l’enseignement supérieur.

Le monde dans lequel nous évoluons apparaît de plus en plus complexe. Il atteint aujourd’hui un niveau de développement et de richesse jamais connu mais en même temps les inégalités entre les sociétés et les individus subsistent quand elles ne se sont pas creusées. Il s’uniformise sous l’effet d’une mondialisation qui suscite en retour des revendications culturelles identitaires de plus en plus nombreuses et parfois violentes. Famine, pauvreté et misère, conflits et guerres occupent au quotidien nos écrans de télévision. Dans ce monde où repères collectifs et individuels se brouillent, l’éducation aux problèmes que pose le développement de notre monde dans son ensemble et ses parties, la prise de conscience de la dimension solidaire de ce développement apparaissent de plus en plus comme un élément essentiel de l’éducation à la citoyenneté. La notion et la démarche d’Education au développement et à la solidarité internationale sont ainsi apparues dans le champ social contemporain. Dans les établissements scolaires français, l’éducation au développement et à la solidarité internationale est conçue comme une sensibilisation des élèves à quelques grands thèmes de réflexion comme le droit à l’éducation pour tous, le développement durable, la diversité culturelle, la faim et la pauvreté dans le monde, le commerce équitable, etc. L’  » EADSI  » ne constitue pas une matière en soi mais permet démarche et réflexion collectives et peut s’inscrire dans les dispositifs pédagogiques existants comme les itinéraires de découverte au collège, les travaux personnels encadrés au lycée, les projets pluridisciplinaires à caractère professionnel en lycée professionnel et le projet d’école ou d’établissement (voir le Bulletin officiel de l’éducation nationale du 23 mai 2002). Cette mission de sensibilisation et d’éducation citoyenne est menée par les établissements scolaires en partenariat avec certaines composantes de la société civile : collectivités territoriales, organisations non gouvernementales dans le domaine de la solidarité internationale, associations de solidarité. Ces structures assurent elles-mêmes de leur côté une mission importante et multiforme de sensibilisation de l’opinion publique et des citoyens aux questions de développement et de solidarité : actions internationales des régions, des départements et des villes ; mission d’information, d’aide et d’éducation de multiples associations. Du côté de l’université, la sensibilisation aux questions d’éducation au développement et à la solidarité internationale se développe également. C’est ainsi qu’une  » Semaine de la coopération et de la solidarité internationale à l’université  » sur l’initiative du Haut conseil à la coopération internationale et soutenue par la Conférence des présidents d’université a été lancée en 2001. Organisée pendant la  » Semaine de la solidarité internationale  » (SSI), grand rendez-vous annuel dans toute la France chaque troisième semaine de novembre depuis 1998 de l’ensemble des acteurs de la solidarité et temps unique d’information et de réflexion collectif, la  » Semaine de la coopération et de la solidarité internationale à l’université  » a pour but de sensibiliser les étudiants, la communauté universitaire et le grand public aux questions de la coopération et du développement. Les SSI à l’université se sont organisées jusqu’à présent autour de thématiques géographiques : la 1ère organisée par le Pôle universitaire de Bordeaux en novembre 2001 a ainsi eu pour thème la coopération avec l’Afrique subsaharienne, la seconde édition mise en œuvre par les universités d’Aix-en-Provence, Marseille et Avignon le monde arabe méditerranéen, la 3ème l’Amérique latine à Toulouse et en novembre 2004 l’Asie du Sud Est par les quatre universités de Grenoble. Ces manifestations permettent de rendre visible ce qui se fait au sein des universités dans le domaine de la coopération avec les pays  » du Sud « . Elles n’occultent toutefois pas l’action multiple et complexe des établissements d’enseignement supérieur aussi bien dans le domaine de la coopération que plus encore dans celui de l’éducation et de la sensibilisation de ses étudiants aux problèmes complexes et interdépendants du développement pour lequel aucune réflexion ni bilan ne paraissent disponibles. C’est de ce constat qu’est née l’idée de ce colloque Ce colloque a en effet pour objet d’évaluer la cohérence et la cohésion des actions et des acteurs impliqués dans l’éducation au développement et à la solidarité internationale tels que nous les avons sommairement décrits, pour la France essentiellement, mais aussi en s’inspirant de réflexions et d’exemples internationaux. Plus spécifiquement, les objectifs de ce colloque sont : * d’engager une réflexion au niveau de l’université française sur une problématique qui concerne l’ensemble de la société civile et de ses acteurs, en dégageant ainsi l’éventuelle spécificité de l’éducation au développement et à la solidarité internationale dans l’enseignement supérieur en liaison avec les actions engagées par les établissements scolaires et dans leur prolongement, mais aussi dans son lien avec le tissu sociétal global. * de théoriser des pratiques EADSI mais aussi d’interroger cette (ces) théorie (s) (Université, IUFM, lycées), de proposer une (des) problématique(s) pour l’avenir qui fasse une place à la société civile et aux collectivités qui (inter)agissent et problématisent également de facto leur action d’éducation et de sensibilisation. * de prendre en compte la mutation actuelle des enseignements dans l’université française à l’occasion de la mise en place du LMD, la pluridisciplinarité qu’elle favorise et pose la question des missions de l’université : l’université a-t-elle, n’a-t-elle pas la mission d’éduquer à la citoyenneté ? si oui, comment? quels changements le LMD permet-il ? La problématique posée par ce colloque peut être éclairée selon deux points de vue: comment  » l’EADSI  » ?: exposés d’expériences diverses dans une perspective de théorisation et de recherche-action ; pourquoi  » l’EADSI  » ? : émergence de la notion et présupposés; aspects psycho/socio/pédagogiques ; aspects historiques et politiques. Le colloque aura lieu à Besançon les 16 et 17 novembre 2005. Il comprendra 2 thèmes : * l’éducation au développement et à la solidarité internationale dans le système éducatif : du lycée à l’université * l’éducation au développement et à la solidarité internationale en régions: synergie des différents acteurs impliqués Il est prévu 16 communications de 20 minutes et 2 à 4 conférences plénières. Le public concerné est large : enseignants et enseignants-chercheurs, représentants d’association et des collectivités impliqués dans ou intéressés par les questions d’éducation/sensibilisation aux questions de développement et de solidarité, et bien sûr étudiants. Le colloque se déroulera pendant la Semaine de la solidarité 2005 et permettra ainsi la participation dans l’environnement du colloque, des associations, des collectivités, des établissements scolaires qui souhaiteront illustrer par des moyens divers leur engagement dans le domaine de l’EADSI. Comité Scientifique : J. BONAMY, présidente, P.M. BADOT, J.M. BAGUE, F. FARRUGIA, P. GIRAUDOUX, B. HOEN, Ph. LE BORGNE, P.H. MORAND, M. TACHEZ, M. WORONOFF Contacts : jeanine.bonamy@univ-fcomte.fr jean-marie.bague@univ-fcomte.fr

 

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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