Maladie d'Alzheimer : l'eau du robinet en cause

L’eau du robinet est-elle dangereuse pour notre santé ?

Cette eau du robinet que nous consommons, est-elle totalement inoffensive ? Cette question est posée par un collège de scientifiques et en particulier par deux experts français : Henri Pezerat, toxicologue, directeur de recherche honoraire au CNRS et François Dartigues, l’ancien patron du laboratoire Inserm à Bordeaux . Selon Henri Pezerat, « plusieurs études épidémiologiques ont en effet conclu à une augmentation notable de l’incidence de la maladie d’Alzheimer avec une concentration anormalement élevée de l’aluminium dans l’eau ». Il faut savoir que l’aluminium est utilisé dans le traitement de l’eau afin de rendre celle-ci propre à la consommation. A ces doutes et inquiétudes, une enquête datant de 2003, de l’Institut de Veille sanitaire et des Agences de sécurité sanitaire des aliments et des Produits de Santé répond à l’inverse qu’il n’y a aucun danger en l’état actuel des connaissances. Alors avec tout ça, qui croire? Faut-il malgré tout appliquer le principe de précaution sachant que l’eau du robinet ne contient pas uniquement de l’aluminium mais également des antibiotiques et des pesticides ?

Dans son numéro de janvier 2008, le magazine L’Expansion a relancé une polémique qui avait fleuri voici quelques années. Selon certains experts, il y aurait un lien entre les sulfates d’aluminium (alun) utilisés pour épurer l’eau du robinet et le développement de la maladie d’Alzheimer. En 2000, des chercheurs du laboratoire U330 de l’Inserm à Bordeaux ont publié les premières conclusions d’une étude portant sur la concentration d’aluminium dans l’eau et les risques de déclenchement de la maladie d’Alzheimer dans l’American Journal of Epidemiology. Pendant huit ans, une équipe de scientifiques a suivi l’état de santé de près de 4 000 personnes. « Nous avons conclu à l’époque que le risque de développer la maladie était multiplié par 2,2 dans les communes où les concentrations d’aluminium étaient supérieures à 100 microgrammes par litre », explique le docteur Jean-François Dartigues, l’ancien patron du laboratoire dans les colonnes de l’Expansion. Depuis 1998, dans l’Union européenne, la valeur limite d’aluminium dans l’eau est fixée à 200 microgrammes par litre. « Il est indispensable d’abaisser la valeur maximale de concentration d’aluminium dans l’eau à 50 microgrammes par litre », a indiqué au magazine le toxicologue Henri Pézerat. Ce point de vue est contesté par les experts de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) dans un rapport rendu 3 ans plus tard : « A ce jour, il n’est pas possible de considérer que l’aluminium a un rôle causal dans la maladie d’Alzheimer », conclut un rapport officiel. Selon L’Expansion, « entre-temps, l’équipe bordelaise a été dissoute, le laboratoire U330, renommé U593, et les chercheurs ont été invités à exercer leurs talents sur d’autres sujets de recherche ». Interrogée par Le Midi Libre (édition du 28 janvier 2008), Claudine Berr, spécialiste de la maladie d’Alzheimer à l’Inserm de Montpellier, est plus que sceptique sur le lien entre l’eau du robinet et la maladie d’Alzheimer : « J’ai épluché toutes les études internationales sur la question et il n’y a pas d’élément nouveau depuis le rapport de l’Afssa ». C’est d’ailleurs ce qu’elle a confirmé dans le rapport d’expertise que l’Inserm vient de publier à propos de la maladie d’Alzheimer. Selon la chercheuse de Montpellier, le problème de fond vient de la « plausibilité de l’hypothèse biologique », sachant que l’eau ne représente que 5 à 10 % des apports dans l’organisme. Claudine Berr rejette l’idée de remplacer les sels d’aluminium par des oxydes de fer : « Si on change les modes de traitement, je ne sais pas ce qu’on risque ». « J’ai fait à l’époque un certain nombre de réserves sur les conclusions de ce rapport. Au nom du principe de précaution, on aurait dû décider d’utiliser d’autres substances que les sels d’aluminium, comme les oxydes de fer, pour lutter contre la turbidité de l’eau », a indiqué le toxicologue Maurice Rabache, ancien membre de l’afssa, à L’Expansion. « Il aurait fallu lancer une nouvelle étude épidémiologique sur un échantillon beaucoup plus large et durant une dizaine d’années, mais ça coûte très cher, au moins 1 million d’euros par an », a ajouté le Dr Dartigues à L’Expansion. « Ni les chimistes ni les toxicologues spécialisés dans les complexes alumineux n’ont été consultés par l’Afssa. Il est indispensable d’abaisser la valeur maximale de concentration d’aluminium dans l’eau à 50 microgrammes par litre », a indiqué à L’Expansion Henri Pézerat, toxicologue et directeur de recherche honoraire au CNRS. Selon des chercheurs canadiens, une telle mesure permettrait de réduire de 23% le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Alors selon ces professionnels, le scandale serait encore plus important que celui de l’amiante. Pourtant, si lors du Grenelle de l’environnement, les thèmes de l’eau potable, des pesticides, des nitrates, des phosphates… ont été abordés, les sulfates d’aluminium utilisés depuis longtemps dans les usines de traitement pour clarifier l’eau ont été oubliés. Selon L’Expansion, « le débat d’experts n’a pourtant jamais été tranché ; le doute subsiste et le dossier paraît aujourd’hui enterré ».

 

Sources : L’Expansion (janvier 2008) – Le Midi Libre (28 janvier 2008)

4 Commentaires

  1. L’eau du robinet est-elle dangereuse pour notre santé ?
    Je lis depuis peu les articles qui se rapportent à ce phénomène et plus je les consulte, plus je suis énervé contre ces organismes.
    Certes, notre eau répond aux normes de l’OMS, mais peut-on me dire sur quelles normes se base cette organisation?
    Nous ne sommes pas sûrs des conséquences de certaines substances sur notre corps et pourtant aucune étude n’est menée. Les scientifiques sont répartis sur d’autres sujets « plus importants » que l’eau que boivent nos enfants!

    Personne ne semble s’inquiéter des cocktails de substances qu’on ingurgite chaque jour. Et ce qui est le plus ironique ici est qu’on ne parle que du traitement de l’eau. Car une fois traitée, il ne faut pas oublier qu’elle passe par des canalisations parfois douteuses, d’où les 85000 cas de saturnisme recensés chaque année chez des enfants de 1 à 6 ans.

    Je suis moi-même grand-père depuis peu, et je peux vous assurer qu’entendre ce genre d’informations (qu’une eau considérée par ces organisations comme « non-potable » continue d’être mise à disposition avec de simples consignes), ça me dépasse complétement.

    • L’eau du robinet est-elle dangereuse pour notre santé ?
      bonjour .

      un grand merci a Jean Pierre Petit d’avoir posté le lien de cette page sur son site .
      Pour revenir a cette histoire d’eau non potable … c’est vraiment des abrutis les  »grands » de ce monde , on se demande pourquoi ils dirigent des gouvernements, des organismes, des labos (dans ce monde ou les coups bas sont légions il ne faut pas s’étoner que se soit les plus mesquins qui atteignent les plus haut postes, les personnes ayant de réelles ambitions pour les peuples et pour leurs devenir se font ecraser par le poid de l’ignorance et de la cupidité des autres .
      Notre monde et géré par un systeme qui devient de plus en plus corompu par l’argent, a partir de la il ne faut pas s’ettoner que ceux qui sont en place s’en mettent plein les poches et que ces memes personnes foutent la merde (et en plus ils mettent des batons dans les roues de ceux qui veulent faire changer les choses …. pourquoi ? … pour beaucoup de raisons, mais les 3 principales sont : Le fric, La religion et le pouvoir )

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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