Réaction de France Nature Environnement

Inondation dans le Var : aurait-on pu éviter cette catastrophe ?

Dans la nuit de mardi des pluies torrentielles ont provoqué de violentes inondations dans le Var. Elles ont entraîné la mort d’au moins 25 personnes et des dégâts matériels très importants. Réaction de France Nature Environnement (FNE).

FNE exprime sa très grande tristesse face à la perte irréparable qui affecte les victimes et leurs proches et son admiration pour l’abnégation des sauveteurs qui se sont battus toute la nuit pour porter secours aux victimes. A-t-on tiré toutes les leçons du passé ? A Vaison-la-Romaine, la catastrophe du 22 août 1992 avait provoqué la mort de 46 personnes. Elle avait pratiquement été annoncée par le rapport Ponton sur les risques pluviaux dans le Midi méditerranéen, rédigé au lendemain de la catastrophe de Nîmes en 1988. Un rapport du MEEDDM (Pour lire le rapport, cliquez ici) sur le ruissellement urbain et les inondations soudaines de février 2009 constatait : « Une carte des communes menacées a été établie pour les départements du sud de la France mais le plan d’extension et de suivi semble avoir été abandonné après 1994 ». Une preuve que la brutalité épisodique du climat méditerranéen qui connaît régulièrement des orages, d’habitude plutôt en fin d’été et début d’automne,et parfois extrêmement violents, est trop souvent sous-estimée voire oubliée. L’urbanisation mal maîtrisée en cause La prolifération de constructions ou l’installation d’équipements sur des sites inondables a créé les conditions du drame. A Vaison-la-Romaine, c’est un quartier neuf et en particulier trois lotissements construits dans le lit de la rivière qui avait été frappé. Tout comme à Hyères en 1999, dans le lit du Gapeau, heureusement sans faire de victimes. La répétition irresponsable de ces erreurs ne peut que conduire à de nouveaux drames. Le droit de l’urbanisme incapable de protéger la population contre des catastrophes répétées ? Les plans de prévention des risques d’inondation, PPRI, ne suffisent objectivement pas à protéger les biens et personnes, même lorsqu’ils sont respectés. Benoît Hartmann, coordinateur du pôle aménagement durable du territoire : « Souvent, les plans de prévention des risques d’inondation ne sont pas à la hauteur du danger. Et les documents d’urbanisme manquent souvent de courage politique en les intégrant insuffisamment ou a minima. Il faudrait aussi parfois prescrire la destruction de bâtiments et infrastructures qui exposent leurs occupants à des risques majeurs. De même les plans de mise en sécurité des personnes, lorsqu’ils existent, doivent être améliorés. » Remettre à plat la politique de lutte contre les risques d’inondation et de submersion Bruno Genty, Président de FNE : « Il est urgent que la France entreprenne un grand plan national de révision de sa politique de gestion des risques d’inondation et de submersion en associant la population. » Pour Christian Garnier, vice-président de FNE : « Depuis longtemps , FNE s’est engagée sur le sujet de la gestion des risques en zone inondable. Il est grand temps de reprendre toute cette question ensemble, en gouvernance à cinq type Grenelle, pour élaborer une politique ambitieuse qui protège durablement les populations en laissant à leur vocation naturelle aux zones d’expansion de crue les plus exposées aux risques. » Dès 1991, au moment de la préparation de la grande loi sur l’eau de 1992, FNE avait rappelé que la gestion des risques majeurs ne pouvaient plus être laissée entre les seules mains des communes. Nous avions demandé à l’époque que soit délimitées sous 18 mois des zones provisoires de forte exposition où, dans l’attente du PPRI, les autorisations d’urbaniser et les permis de construire ne seraient plus délivrés par les maires, mais soumis à la règle de la « constructibilité limitée », qui relève du préfet. Les élus et l’Etat devront prendre leurs responsabilités. Souhaitons que ce soir, députés et sénateurs auront enfin adopté définitivement dans la loi Grenelle 2 la transposition de la Directive européenne inondations du 6 novembre 2007. Il y a urgence, insiste France Nature Environnement.

 

2 Commentaires

  1. Inondation dans le Var : aurait-on pu éviter cette catastrophe ?
    Draguignan dévasté vers la fin de l’après-midi; Population des campings dont j’ai fait partie en aval près du fleuve l’Argens reçu un ordre d’évacuation à 3 HEURES DU MATIN!!! une demi-heure plus tard 2 mètres d’eau. INCURIE DES AUTORITES, ETOUFFER LA VERITE

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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