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COP27

Ce qu’il faut savoir sur la Conférence des Nations Unies sur le climat

à Charm El-Cheikh, en Egypte, du 6 au 18 Novembre 2022

lundi 7 novembre 2022
Posté par Cyrille Souche

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La Conférence des Nations Unies sur le climat (COP27) se tient à Charm El-Cheikh, en Egypte, dans un contexte d’événements météorologiques extrêmes dans le monde entier, d’une crise énergétique alimentée par la guerre en Ukraine et de données scientifiques réitérant que le monde ne fait pas assez pour lutter contre les émissions de carbone et protéger l’avenir de notre planète. Le Secrétaire général de l’ONU a déclaré que la COP27 devait déposer un « acompte » sur les solutions climatiques qui répondent à l’ampleur du problème. Mais, est-ce que les dirigeants seront à la hauteur ? ONU Info a compilé ce guide sur ce que vous avez besoin de savoir.



Le monde a le devoir de « transformer les paroles en actes », déclare le chef d’ONU Climat à l’ouverture de la COP27
Sato Sinon Stiell, chef d’ONU Climat, à l’ouverture officielle de la COP27.
© UN Japan/Momoko

A L’ouverture de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP27, le chef d’ONU Climat a appelé les dirigeants du monde à relever le plus grand défi de l’humanité en mettant en œuvre l’Accord de Paris sur le climat de 2015.

« Aujourd’hui, une nouvelle ère commence - et nous commençons à faire les choses différemment. Paris nous a donné l’accord. Katowice et Glasgow nous ont donné le plan. Charm El-Cheikh nous fait passer à la mise en œuvre. Personne ne peut être un simple passager dans ce voyage. C’est le signal que les temps ont changé », a déclaré Simon Stiell, le nouveau Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), aux délégués réunis dans la salle plénière principale du Centre international des congrès.

Le chef d’ONU Climat a déclaré que les dirigeants - qu’ils soient Présidents, Premiers ministres ou PDG - seraient tenus responsables des promesses qu’ils ont faites l’année dernière à la COP26 à Glasgow. « Parce que nos politiques, nos entreprises, nos infrastructures, nos actions, qu’elles soient personnelles ou publiques, doivent être alignées sur l’Accord de Paris et sur la Convention [des Nations Unies sur le climat]  », a-t-il souligné.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est entrée en vigueur le 21 mars 1994 et vise à prévenir les interférences humaines « dangereuses » avec le système climatique. Aujourd’hui, ratifiée par 198 pays, elle est quasi universelle. L’Accord de Paris, conclu en 2015, fonctionne comme une extension de cette convention.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à la Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP27.
«  L’humanité a le choix : coopérer ou périr. Il s’agit soit d’un pacte de solidarité climatique, soit d’un pacte de suicide collectif », a déclaré le chef de l’ONU à plus de 100 dirigeants mondiaux réunis pour la première séance plénière officielle de la COP27
UNIC Tokyo/Momoko Sato

Réaliser ce qui a été promis

Reconnaissant la situation socio-économique et géopolitique complexe actuelle, M. Stiell a déclaré que la COP27 est l’occasion de créer un espace politique sûr pour travailler et apporter un changement mondial. « Ici à Charm El-Cheikh, nous avons le devoir d’accélérer nos efforts internationaux pour transformer les paroles en actes », a-t-il souligné.

Le Secrétaire exécutif de la CCNUCC a souligné trois lignes d’action essentielles pour la Conférence :

  1. Démontrer une évolution vers la mise en œuvre en transformant les négociations en actions concrètes.
  2. Cimenter les progrès sur les axes de travail critiques - atténuation, adaptation, financement et surtout pertes et dommages.
  3. Améliorer la mise en œuvre des principes de transparence et de responsabilité tout au long du processus.

« J’apprécie les plans détaillés sur la façon dont nous livrons ce que nous avons promis », a-t-il déclaré aux délégués.

Aucun retour en arrière autorisé

M. Stiell, se qualifiant de « chef de la responsabilité », a déclaré que 29 pays ont maintenant présenté des plans climatiques nationaux renforcés depuis la COP26, cinq de plus depuis la publication du rapport de synthèse de la CCNUCC sur les contributions déterminées au niveau national la semaine dernière, mais toujours pas la majorité.

« Donc, je suis maintenant en train de regarder 170 pays qui doivent revoir et renforcer leurs engagements nationaux cette année », a-t-il déclaré.

Il a rappelé aux délégués que l’année dernière, le Pacte climatique de Glasgow avait été convenu lors de la COP26, et qu’il s’attendait à ce qu’ils ne reviennent pas sur leur parole. « Tenez vos engagements. Appuyez-vous sur eux ici en Egypte. Je ne serai pas le dépositaire d’un retour en arrière », a-t-il déclaré.

Le Président de la COP26, le Britannique Alok Sharma, à l’ouverture officielle de la COP27.
© CCNUCC/Kiara Worth

Un processus inclusif

Dans des propos qui ont suscité une ovation dans la salle plénière, le chef d’ONU Climat a souligné que les femmes et les filles doivent être placées au centre de la prise de décision et de l’action en matière de climat.

« Leur autonomisation conduit à une meilleure gouvernance et à de meilleurs résultats », a-t-il déclaré, soulignant également l’importance des organisations de la société civile et des jeunes dans le processus de la COP27.

Alok Sharma, Président de la COP26 représentant le Royaume-Uni, a officiellement passé le relais au Président de la COP27, l’Egyptien Sameh Shoukry, lors de la séance plénière d’ouverture.

M. Sharma a passé en revue les réalisations de Glasgow l’année dernière, telles que la finalisation du Règlement de Paris, les lignes directrices sur la manière dont l’Accord de Paris est mis en œuvre, et des engagements financiers plus solides.

« Le Secrétaire général de l’ONU a déclaré que notre avenir commun à long terme ne réside pas dans les combustibles fossiles, et je suis entièrement d’accord avec lui  », a-t-il déclaré.

Selon le Président de la COP26, si tous les engagements pris l’année dernière, y compris les promesses de zéro émission nette, devaient être mis en œuvre, le monde serait sur la voie d’un réchauffement de 1,7 degré Celsius d’ici la fin du siècle. « Toujours pas 1,5 degré Celsius, mais des progrès », a-t-il déclaré, reconnaissant l’ampleur du défi auquel le monde est confronté.

Faisant écho à M. Stiell, il a exhorté les dirigeants à agir, malgré les défis géopolitiques actuels. « Aussi difficile que soit notre moment actuel, l’inaction est myope et ne peut que différer la catastrophe climatique, nous devons trouver la capacité de nous concentrer sur plus d’une chose à la fois », a-t-il exhorté.

Sameh Shoukry, Président de la COP27, à l’ouverture officielle de la Conférence sur le climat.
© CCNUCC/Kiara Worth

L’Égypte demande à redoubler d’ambition

Le Président de la COP27, Sameh Shoukry, a appelé les délégués à redoubler d’ambition et à commencer à mettre en œuvre les promesses déjà faites.

« Passer des négociations et des promesses à une ère de mise en œuvre est une priorité », a-t-il déclaré, félicitant les pays qui ont déjà partagé des plans climatiques nationaux mis à jour.

M. Shoukry a ajouté que les 100 milliards de dollars pour l’adaptation promis par des pays développés aux pays en développement devaient être versés, et que le financement devait également être au centre des discussions.

« Les négociations [au cours des deux prochaines semaines] seront, espérons-le, fructueuses. Je vous exhorte tous à écouter attentivement et à vous engager dans la mise en œuvre et à transformer les engagements politiques en accords, ententes, textes et résolutions que nous pouvons tous mettre en œuvre », a-t-il souligné.

Il a également averti que « les jeux à somme nulle n’auront pas de gagnants » et que les implications des négociations affecteront la vie et les moyens de subsistance de millions de personnes dans le monde qui subissent l’impact du changement climatique.

« Nous ne pouvons nous permettre aucune négligence ou lacune ; nous ne pouvons pas menacer l’avenir des générations futures », a-t-il souligné.

Les pertes et les dommages sont à l’ordre du jour

Dimanche également, les points de l’ordre du jour qui seront discutés au cours des deux prochaines semaines lors de la COP27 ont été convenus lors de l’ouverture de la conférence.

Les « pertes et dommages », un point encore incertain avant la conférence, ont finalement été mis à l’ordre du jour après avoir été proposés par les négociateurs du Groupe des 77 et la Chine (qui comprend essentiellement tous les pays en développement) et après de longues discussions entre les 194 parties à la Convention des Nations Unies sur le climat.

Le changement climatique, par le biais d’événements météorologiques extrêmes tels que les cyclones tropicaux, la désertification et l’élévation du niveau de la mer, cause des dommages coûteux aux pays.

Parce que l’intensification de ces « catastrophes naturelles » est causée par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, principalement des pays industrialisés riches, les pays en développement - souvent les plus touchés - ont longtemps soutenu qu’ils devraient recevoir une compensation.

La question de ces paiements, connus sous le nom de « pertes et dommages », sera désormais un sujet de discussion majeur à la COP27.

La France à la COP 27

La France à la COP 27

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique en charge des négociations climatiques internationales, accompagne le Président de la République à l’ouverture de la 27ème Conférence des Parties (COP27). Événement majeur du calendrier climatique international de 2022, cette conférence fait le lien entre la COP26 de Glasgow (2021, Royaume-Uni), qui a finalisé les règles d’application de l’Accord de Paris, et la COP28 de Dubaï (2023, Émirats arabes unis), qui tirera un premier bilan mondial de l’action climatique. Chefs d’État et de gouvernement, collectivités et acteurs non étatiques (ONG, entreprises, etc.) participent à ces deux semaines de négociations et d’événements parallèles.

Guide ONU sur ce qu’il faut savoir sur les COP

La silhouette des montagnes à Charm El-Cheikh, en Egypte.
Unsplash/Juanma Clemente-Alloza

La Conférence des Nations Unies sur le climat (COP27) se tient à Charm El-Cheikh, en Egypte, dans un contexte d’événements météorologiques extrêmes dans le monde entier, d’une crise énergétique alimentée par la guerre en Ukraine et de données scientifiques réitérant que le monde ne fait pas assez pour lutter contre les émissions de carbone et protéger l’avenir de notre planète.

Les solutions climatiques proposées répondent-elles à l’ampleur du problème ? Est-ce que les dirigeants seront à la hauteur ? ONU Info nous tiendra informé pendant les deux semaines de la conférence qui débute le 6 novembre, mais avant que leur équipe multimédia ne se dirige vers la côte de la mer Rouge, ils ont compilé ce guide sur ce qu’il faut savoir.

Des délégués sont assis dans la plénière principale de la COP26.
CCNUCC/Klara Worth

C’est quoi toutes ces COPs ?

Les COP sont les plus grandes et les plus importantes conférences annuelles sur le climat de la planète.

En 1992, l’ONU a organisé le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, au Brésil, au cours duquel la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée et son agence de coordination - que nous connaissons maintenant sous le nom d’ONU Climat - a été mis en place.

Dans ce traité, les nations ont convenu de « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour empêcher toute interférence dangereuse de l’activité humaine sur le système climatique ». Jusqu’à présent, 197 parties différentes l’ont signé.

Depuis 1994, date à laquelle le traité est entré en vigueur, l’ONU réunit chaque année presque tous les pays de la planète pour des sommets mondiaux sur le climat ou « COP », qui signifie « Conférence des Parties ».

Au cours de ces réunions, les nations ont négocié diverses extensions du traité initial pour établir des limites d’émissions juridiquement contraignantes, par exemple, le Protocole de Kyoto en 1997 et l’Accord de Paris adopté en 2015, dans lequel tous les pays du monde ont convenu d’intensifier leurs efforts pour essayer de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des températures préindustrielles et renforcer le financement de l’action pour le climat.

Cette année marque le 27e sommet annuel, ou COP27.

Des organisations de la société civiles manifestent lors de la Conférence sur le climat COP26 à Glasgow, en Écosse.
ONU Info/Laura Quinones

En quoi la COP27 est-elle différente des autres COPs ?

La COP26 de l’année dernière, qui a eu lieu cinq ans après la signature de l’Accord de Paris (un an a été sauté en raison de la pandémie de Covid-19), a culminé avec le Pacte climatique de Glasgow, qui a maintenu l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, mais « avec un pouls faible », comme l’a déclaré la Présidence britannique de l’époque.

Des progrès ont été réalisés pour rendre l’Accord de Paris pleinement opérationnel, en finalisant les détails de sa mise en œuvre pratique, également connue sous le nom de Règlement de Paris.

Lors de la COP26, les pays ont convenu de prendre des engagements plus forts cette année, y compris des plans nationaux actualisés avec des objectifs plus ambitieux. Cependant, seuls 23 pays sur 193 ont soumis leurs plans à l’ONU jusqu’à présent.

Glasgow a également vu de nombreuses promesses faites à l’intérieur et à l’extérieur des salles de négociation concernant notamment les engagements concernant le net zéro, la protection des forêts et le financement climatique.

Selon sa Présidence, la COP27 consistera à sortir des négociations et à « planifier la mise en œuvre » de toutes ces promesses.

L’Égypte a appelé à une action complète, opportune, inclusive et à grande échelle sur le terrain.

Selon les experts, outre l’examen de la mise en œuvre du Règlement de Paris, la conférence verra également des négociations sur certains points non réglés après Glasgow.

Ces questions comprennent le financement des « pertes et dommages » afin que les pays en première ligne de la crise puissent faire face aux conséquences du changement climatique qui vont au-delà de ce à quoi ils peuvent s’adapter, et la réalisation de la promesse de 100 milliards de dollars chaque année provenant du financement de l’adaptation, des pays développés vers les pays à faible revenu.

Les négociations comprendront également des discussions techniques, par exemple, pour préciser la manière dont les nations devraient pratiquement mesurer leurs émissions afin que tout le monde soit sur un pied d’égalité.

Toutes ces discussions ouvriront la voie au premier bilan mondial lors de la COP28, qui évaluera en 2023 les progrès collectifs mondiaux sur l’atténuation, l’adaptation et les moyens de mise en œuvre de l’Accord de Paris.

Les concentrations de CO2 et d’autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère, à l’origine du réchauffement climatique, atteignent des records.
Photo : PNUE

Alors, quels sont les grands objectifs cette fois ?

1. Atténuation : comment les pays réduisent-ils leurs émissions ?

L’atténuation du changement climatique fait référence aux efforts visant à réduire ou à prévenir les émissions de gaz à effet de serre. L’atténuation peut signifier l’utilisation de nouvelles technologies et de sources d’énergie renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements plus anciens ou la modification des pratiques de gestion ou du comportement des consommateurs.

Les pays doivent montrer comment ils prévoient de mettre en œuvre l’appel du Pacte de Glasgow, de revoir leurs plans climatiques et de créer un programme de travail lié à l’atténuation.

Cela signifie présenter des objectifs d’émissions plus ambitieux pour 2030, puisque ONU Climat a déclaré que les plans actuels ne suffisent toujours pas pour éviter un réchauffement catastrophique.

Des agriculteurs dans le nord d’Haïti s’efforcent de prévenir l’érosion de leurs terres.
PAM Haïti/Theresa Piorr

2. Adaptation : comment les pays vont-ils s’adapter et aider les autres à faire de même ?

Le changement climatique est là. Au-delà de tout faire pour réduire les émissions et ralentir le rythme du réchauffement climatique, les pays doivent également s’adapter aux conséquences climatiques afin de pouvoir protéger leurs citoyens.

Les retombées varient selon l’endroit. Cela pourrait signifier le risque de plus d’incendies ou d’inondations, de sécheresses, de journées plus chaudes ou plus froides ou d’élévation du niveau de la mer.

Lors de la COP26, les délégués ont adopté un programme de travail sur l’objectif mondial d’adaptation établi dans l’Accord de Paris.

Le plan a été mis en place pour doter les communautés et les pays des connaissances et des outils nécessaires pour garantir que les actions d’adaptation qu’ils entreprennent font effectivement avancer le monde vers un avenir plus résilient au changement climatique.

La Présidence de la COP27 s’attend à ce que les nations enregistrent et évaluent leurs progrès vers le renforcement de la résilience et l’aide aux communautés les plus vulnérables. Cela signifie que les pays prennent des engagements plus détaillés et ambitieux dans les composantes d’adaptation de leurs plans climatiques nationaux.

L’année dernière, les pays développés ont convenu d’au moins doubler le financement de l’adaptation, et de nombreuses parties prenantes demandent des niveaux encore plus élevés de financement de l’adaptation pour correspondre aux montants actuellement dépensés pour l’atténuation, comme le prévoit l’Accord de Paris. Ce sera certainement un grand sujet de conversation à Charm El-Cheikh.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est claire sur le fait que pour répondre aux risques climatiques actuels et futurs, il est nécessaire d’augmenter considérablement l’ampleur du financement de l’adaptation, à partir de toutes les sources – publiques et privées. Tous les acteurs doivent participer – gouvernements, institutions financières et secteur privé.

3. Finance climatique : l’éléphant qui ne quitte jamais la salle des négociations

Le financement climatique sera à nouveau un thème majeur de la COP27, de nombreuses discussions liées au financement sont déjà à l’ordre du jour, les pays en développement lançant un appel fort aux pays développés pour qu’ils assurent un soutien financier suffisant et adéquat, en particulier pour les plus vulnérables.

Nous entendrons probablement beaucoup parler de la promesse annuelle de 100 milliards de dollars des pays développés qui n’est pas tenue. En 2009 à Copenhague, les pays riches se sont engagés à fournir ce financement, mais les rapports officiels montrent toujours que cet objectif n’est pas atteint. Les experts s’attendent à ce que la COP27 fasse enfin de cet engagement une réalité, en 2023.

La Présidence égyptienne a pour objectif de donner suite à cet engagement et à d’autres engagements et promesses pris lors des COPs précédentes.

Le 3 septembre 2022, Rahim, quatre ans, se tient debout sur les décombres de sa maison, détruite par les inondations au Pakistan.
© UNICEF/Asad Zaidi

Quel est ce problème de « pertes et dommages » dont nous entendons tant parler ?

Le changement climatique, par le biais d’événements météorologiques extrêmes tels que les cyclones tropicaux, la désertification et l’élévation du niveau de la mer, cause des dommages coûteux aux pays.

Parce que l’intensification de ces « catastrophes naturelles » est causée par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, principalement des pays industrialisés riches, les pays en développement - souvent les plus touchés - soutiennent qu’ils devraient recevoir une compensation.

Le Danemark a fait la une des journaux lors de la dernière semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies après avoir été le premier pays à annoncer qu’il accorderait 13 millions de dollars aux pays en développement qui ont subi des dommages dus au changement climatique.

La question de ces paiements, connus sous le nom de « pertes et dommages », sera plus que probablement un grand sujet de discussion à la COP27, même si elle n’a pas encore été officiellement mise à l’ordre du jour.

Le Groupe des 77 et de la Chine (qui comprend essentiellement tous les pays en développement) a demandé de l’ajouter à l’ordre du jour, ce qui nécessitera un consensus entre tous les pays le premier jour des pourparlers.

À ce jour, il y a eu des discussions sur la création d’un fonds pour les pertes et dommages, mais rien de concret. Des experts tels que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et le climat, Ian Fry, espèrent susciter un nouvel élan et « faire avancer les choses ».

« Il y a de grands pays développés qui sont très préoccupés par cela et qui envisagent cette question du point de vue de ce que le pollueur paie. Aujourd’hui, les pays les plus touchés par le changement climatique et qui en subissent les coûts doivent eux-mêmes faire face à ces coûts », a-t-il déclaré à ONU Info lors d’un récent entretien. « Donc, il est temps que les grands pays, les principaux émetteurs, s’expriment et disent, ’nous devons faire quelque chose, nous devons apporter une contribution à ces pays vulnérables’ ».

Un technicien travaille dans un site de panneaux solaires en Thaïlande.
© ADB

Comment la guerre en Ukraine affecte-t-elle tout cela ?

Selon Ilana Seed, Représentante permanente des Palaos auprès des Nations Unies et négociatrice sur le climat, cette COP va être « déroutante » compte tenu du paysage sociopolitique actuel et de la crise énergétique.

« La guerre en Ukraine a eu lieu, donc il y a tellement de choses sur lesquelles tant de pays se sont mis d’accord, et maintenant ils ne peuvent plus le faire. À cause de la guerre, le paysage a changé », a-t-elle expliqué.

En effet, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a provoqué une crise mondiale de l’inflation, de l’énergie, de l’alimentation et de la chaîne d’approvisionnement. Des pays comme l’Allemagne ont dû réduire leurs objectifs climatiques à court terme, tandis que le groupe de travail historique Chine-États-Unis sur le climat annoncé à Glasgow a maintenant été suspendu.

La COP27 verra très probablement un revers dans les promesses et les engagements que certains pays ont pris l’année dernière.

Cependant, le Rapporteur spécial Ian Fry considère que la guerre pourrait aussi être un « signal d’alarme » pour que les nations deviennent autosuffisantes en énergie.

Il soutient que le moyen le moins cher d’y parvenir est d’utiliser les énergies renouvelables, qui sont essentielles pour réduire les émissions.

« Nous voyons le Portugal se diriger vers 100% d’énergies renouvelables, nous savons que le Danemark le fait également, et je pense que cela incitera d’autres pays à voir la nécessité d’être renouvelables et autosuffisants en énergie », a-t-il déclaré à ONU Info.

De jeunes militants pour le climat participent à des manifestations lors de la conférence sur le climat COP26 à Glasgow, en Écosse.
ONU Info/Laura Quinones

La société civile participera-t-elle à la COP, ou seulement des délégués ?

L’événement principal aura lieu au Centre international des congrès de Charm El-Cheikh, du 6 au 18 novembre.

Jusqu’à présent, plus de 30.000 personnes se sont inscrites pour y assister, représentant de gouvernements, d’entreprises, d’ONG et de groupes de la société civile.

Les 197 Parties à la CCNUCC, se réunissent souvent en groupes ou « blocs », pour négocier ensemble comme le G77 et la Chine, le Groupe Afrique, les Pays les moins avancés, le Forum Parapluie, les Petits États insulaires en développement et l’Alliance indépendante. d’Amérique latine et des Caraïbes.

Les négociations incluent également des observateurs, qui n’y participent pas formellement mais interviennent et contribuent à maintenir la transparence. Les observateurs comprennent des agences des Nations Unies, des organisations intergouvernementales, des ONG, des groupes confessionnels et la presse.

Mais outre les négociations officielles, il y aura des salles de conférence, une section pavillon et des quantités d’événements parallèles, répartis sur des journées thématiques.

Les thèmes de cette année sont : la finance, la science, la jeunesse et les générations futures, la décarbonisation, l’adaptation et l’agriculture, le genre, l’eau, la société civile, l’énergie, la biodiversité et les solutions (le thème le plus récent de cette COP).

Déclaration finale de la Convention sur le Climat

Clôture de la Conférence sur le climat, la COP27, à Charm El-Cheikh, en Egypte.
© Kiara Worth
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