Publication du RAC et de la Fondation Nicolas Huloty sur l'agriculture et le climat

Agriculture et gaz à effet de serre : état des lieux et perspective

Le secteur agricole représente 21% des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France en 2008 et presque 13,5% à l’échelle du globe. Il est aussi le premier à ressentir les effets des modifications du climat. L’agriculture est aussi une des seules activités capables d’atténuer les changements climatiques en stockant du carbone dans les sols. Avec la publication « Agriculture et gaz à effet de serre, état des lieux et perspective », la Fondation Nicolas Hulot, avec le Réseau Action Climat France, présentent les principaux enjeux et défis pour une agriculture répondant au défi climatique.

L’agriculture, un secteur important d’émissions de GES L’agriculture est à la fois un des secteurs les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et un contributeur net aux émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES). Avec 13,5% des émissions mondiales et 21% des émissions françaises (ce qui la place au deuxième rang des secteurs émetteurs), l’agriculture rejette du méthane – CH4 (élevage et sols), du protoxyde d’azote – N2O (fertilisation azotée et gestion des déjections animales) et du dioxyde de carbone – CO2 (consommation d’énergie). Selon son impact sur les terres agricoles et ses pratiques, l’agriculture peut aussi permettre de capturer le CO2 contenu dans l’atmosphère et atténuer le changement climatique, mais elle peut aussi contribuer de manière forte à celui-ci, par exemple en provoquant la déforestation.
Part des activités dans les émissions agricoles en France en 2008
Part des activités dans les émissions agricoles en France en 2008
Si les émissions d’origine agricoles sont en baisse dans la plupart des pays industrialisés, la mondialisation des échanges et la croissance démographique expliquent en partie la forte hausse des émissions agricoles dans les pays en développement. De même si le méthane (Elevage, gestion des déchets et culture du riz) est le principal gaz émis au Sud, c’est le protoxyde d’azote (Utilisation des engrais et gestion des déjections) qui arrive en tête des émissions agricoles au Nord. Toutefois, il est important de noter qu’en raison de la complexité et de la variabilité des systèmes agricoles, des incertitudes persistent sur l’évaluation des émissions de GES, rendant nécessaire un effort de recherche dans ce domaine. De nouvelles pratiques pour lutter contre le changement climatique Des pistes existent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) en agriculture : optimisation de l’usage des engrais azotés; méthanisation pour gérer les déchets en produisant de l’énergie, développement des techniques culturales simplifiées dans certains cas mais aussi déploiement de mesures d’efficacité énergétique et utilisation d’énergies renouvelables… Ces pistes s’appliquent aux pratiques agricoles.
Crédit photo : Fondation Nicolas Hulot
Crédit photo : Fondation Nicolas Hulot
Par contre, aujourd’hui, il n’est pas possible d’établir une comparaison précise entre les systèmes agricoles (bio, raisonné, conventionnel), du seul point de vue des émissions de GES. Cela est notamment dû aux nombreuses incertitudes, mais aussi à l’absence de données précises sur le bilan GES complet des différents systèmes, tant leur diversité et leur complexité est grande. Cependant, il est clair que l’agriculture du 21e siècle devra répondre à une série de défis environnementaux, sociaux et économiques qui impliqueront une modification en profondeur des pratiques, notamment pour répondre aux enjeux d’atténuation des émissions de GES et de la préservation et restauration des écosystèmes. Développer des politiques de lutte contre le changement climatique pour le secteur agricole À Copenhague en décembre 2009, la communauté internationale s’est engagée à maintenir le réchauffement de la planète en-deçà de +2°C. Cela implique une division au moins par 2 des émissions mondiales d’ici 2050 et une réduction d’un facteur 4 à 5 dans les pays industrialisés. Dans ce sens, l’Europe s’est engagée à réduire d’au moins 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.
Crédit photo : Fondation Nicolas Hulot
Crédit photo : Fondation Nicolas Hulot
Ces objectifs, définis au niveau international, impliquent une mobilisation de tous les secteurs, y compris de l’agriculture, qui devra donc subir une évolution profonde pour répondre au défi climatique. Pour cela, il est nécessaire de mettre en perspective d’autres politiques européennes et françaises, comme la politique agricole commune ou le Grenelle de l’Environnement, qui ont elles aussi des impacts sur les émissions de gaz à effet de serre. Encore pas assez prises en compte, les émissions de GES agricoles doivent trouver des réponses adaptées, respectueuses des défis environnementaux et des enjeux sociaux et économiques, pour amorcer une mutation de l’agriculture vers des modes de production plus durables.

 

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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