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Finance - Contribution Economique

Vers une sortie de crises ? Nicolas Hulot veut remettre l’écologie au cœur des débats politiques

mardi 3 avril 2012
Posté par David Naulin

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Nicolas Hulot, qui avait tenté en vain d’être le candidat d’Europe Ecologie Les verts à l’élection présidentielle, exprime depuis quelques jours sa grande inquiétude devant la disparition des enjeux environnementaux dans la campagne présidentielle. Sur France Inter, comme il l’avait fait la veille sur France 2, l’ex-animateur de TF1 a lancé : "Je suis inquiet pour nos enfants", "on est happés par le court terme, la crise économique a bouté la crise écologique hors de nos écrans radar". Pourtant, "la vraie crise, celle qui va saper tous nos acquis démocratiques, économiques, sociaux, c’est la crise écologique, si on n’y prend pas garde", a-t-il averti. Aujourd’hui, ce qu’il exprime, "ce n’est même pas de la colère, c’est du désarroi". "Je ne sais plus quoi faire, avec le sentiment affreux que tout ce que j’ai dit, je l’ai dit mille fois", a poursuivi Nicolas Hulot. Dimanche sur France 2, il avait déploré : "On s’habitue au tic-tac des bombes à retardement. Le changement climatique, c’est la mère de toutes les menaces. Il faut construire un nouveau modèle économique et flécher nos investissements sur la transition écologique, sans tarder !"



Et si l’homme agace une partie des écologistes (parfois à juste titre confère le livre de Fabrice Nicolino qui a tué l’écologie ?), il est aussi vrai qu’il prône depuis des années un nécessaire changement de société choisi et programmé plutôt que subi et incontrôlé faute de courage politique. Après une brève expérience politique, Nicolas Hulot a donc décidé de reprendre son combat dans le cadre de sa Fondation. Nous vous avons notamment parlé ici de sa dernière campagne dédiée à l’énergie (Lire à ce sujet : Facture énergétique : 833 € tous les deux mois de gaz et d’électricité en 2030, ça vous tente ? et Prix du carburant : les candidats à côté de leurs pompes ?), mais en ces temps électoraux je vous invite aussi à télécharger et lire la dernière prospective réalisé par la Fondation. Cette étude intitulée Vers une sortie de crise ? présente les axes clés et les propositions de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) pour amorcer et mettre en oeuvre une transition écologique qui "vise à faire évoluer notre société vers une économie sobre en ressources et respectueuse du bon fonctionnement des écosystèmes. Elle implique une évolution en profondeur des règles du jeu économique et démocratique".

La Fondation formule ainsi 3 propositions essentielles pour incarner cette évolution :

  • Renouveler la démocratie en mettant l’écologie au cœur de nos institutions et renforcer la participation citoyenne aux grandes orientations politiques.
  • Développer un grand plan d’investissement dans les projets de la transition écologique en permettant aux Etats européens de se financer de nouveau auprès de leur Banque centrale.
  • Mettre en place une fiscalité écologique, en supprimant les subventions à la pollution et en faisant basculer une partie des prélèvements obligatoires du travail vers la consommation de ressources naturelles.

Pour la Fondation, il est important que cette transition passe concrètement par l’adoption d’une série de mesures permettant de rendre à l’économie sa fonction première, celle du bien-être humain, dans un cadre démocratique renouvelé et dans le respect de l’environnement.

Au-delà de ces 3 axes structurants, la FNH estime que la transition écologique implique aussi, dans les grands secteurs consommateurs de ressources naturelles et d’espace, la mise en œuvre de mesures concrètes destinées à accompagner l’évolution vers une économie plus efficace et plus sobre. Les 3 principaux domaines sont :

  • L’agriculture : en réorientant les aides de la politique agricole commune (PAC) pour un nouveau modèle agricole, plus résilient, basé sur la qualité et la proximité, et inspiré des pratiques de l’agriculture biologique et de l’agro-écologique.
  • L’énergie : en mettant en place d’une part une politique de sobriété énergétique, et d’autre part en développant les énergies renouvelables.
  • Les territoires : en accélérant la mise en œuvre de la trame verte et bleue, et en luttant en priorité contre l’étalement urbain et l’artificialisation des sols.

Dans ce document Vers une sortie de crise ?, Nicolas Hulot résume : "La succession de sommets de crises, de plans de rigueur, de réformes présentées comme structurelles et indispensables laisse une impression étrange d’inéluctable, comme si nous n’avions plus le choix. Tout cela nous est présenté comme si seul un sentier rigoureux et étroit, imposant la réduction des dépenses d’investissement, la contraction des prestations sociales et la hausse généralisée de la fiscalité (en un mot la remise en cause du pacte de solidarité) nous conduirait vers des temps meilleurs. Les grands choix nous échappent. La voix des indignés, et toutes celles de ceux qui contestent ces orientations sont généralement ignorées par des décideurs, plus à l’écoute du pouls des marchés financiers que des citoyens.

La crise écologique a disparu des radars politiques. Pourtant, les enjeux écologiques conditionnent l’ensemble des enjeux économiques et de solidarité. Sans une préservation des ressources naturelles, et un partage plus équitable de celles-ci, nous ne sortirons pas par le haut du carrefour complexe de crises dans lequel nous nous trouvons. Un autre modèle est à inventer.

Dans cette période inquiétante de notre histoire, où les inégalités se creusent et où la misère se développe en Europe, il est plus que temps de reprendre notre destin en main. Il nous faut ouvrir un nouveau chapitre de l’évolution humaine, donner enfin corps aux notions d’éthique et de solidarité que nous avons progressivement mises de côté au XXe siècle. Il faut en finir avec les corrections à la marge qui dénaturent le projet écologiste".

Sera-t-il entendu ? Lui même parfois en doute comme il doute certainement sur le véritable choix qu’il fera dans l’isoloir le 22 avril prochain. Plaçant l’écologie "au-dessus des partis", il ne soutiendra pas officiellement Eva Joly mais reconnaît l’intérêt de la planification écologique, mesure défendue par le Front de Gauche de Mélenchon...

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lire aussi :
  • Le livre noir de l’Ecologie


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