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Sortie nationale du DVD le 2 novembre 2010

Solutions locales pour un désordre global, le film de Coline Serreau en DVD

"Bio, radical et jubilatoire" LE NOUVEL OBS

mardi 2 novembre 2010
Posté par David Naulin

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A l’heure où l’écologie est au centre des préoccupations politiques - élections régionales, OGM, taxe carbone, Grenelle de l’environnement - "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau a suscité un réel engouement du public. Le DVD du film est désormais disponible depuis aujourd’hui.



Des films catastrophes ont été tournés, des messages alarmistes lancés, ils ont eu leur utilité mais il faut désormais montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions de ceux qui inventent et expérimentent des alternatives. Dépassant la simple dénonciation d’un système agricole perverti par une volonté de croissance irraisonnée, Coline Serreau nous invite dans « Solutions locales pour un désordre global » à découvrir de nouveaux systèmes de production agricole, des
pratiques qui fonctionnent, réparent les dégâts et proposent une vie et une santé améliorées en garantissant une sécurité alimentaire pérenne.

Caméra au poing, Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d’hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour panser les plaies d’une terre trop longtemps maltraitée.

Pierre Rabhi, Claude et Lydia Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine… tour à tour drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix.

Cette série d’entretiens d’une incroyable concordance prouve un autre possible : une réponse concrète aux défis écologiques et plus largement à la crise de civilisation que nous traversons. Oui, des solutions locales et des alternatives concrètes pour un meilleur partage des avoirs et des savoirs existent.

 Acheter le DVD

Vous pouvez dès maintenant commander le DVD auprès de notre partenaire Amazon.fr pour 19,99 € :

En bonus dans ce DVD vous retrouverez des entretiens avec les intervenants du film (45 min) : coupées au montage, ces scènes inédites permettent aux intervenants de revenir sur les thèmes qui leur sont chers : aberrations agricoles, disparition des abeilles, déséquilibres de la société : Aberrations agricoles par Lydia et Claude Bourguignon - Les abeilles par Dominique Guillet - PIB, richesse, décroissance par Patrick Viveret - Grameen Bank, La banque des femmes par Muhammad Yunus - La trahison de Lula par Francisco Whitaker. Enfin, vous retrouverez également un entretien avec Coline Serreau (15 min) : la réalisatrice évoque la genèse du film, ses différentes rencontres, mais insiste aussi sur la nécessite d’agir au plus vite contre les déséquilibres de la planète.

 Bande-annonce

"Formidable avocate du vivant, du respect de la vie, des gens, de la nature, Coline Serreau irradie le plaisir de rencontrer de belles personnes et la réciprocité crève ici l’écran. On les connaissait déjà, les Pierre Rabhi, Lydia et Claude Bourguignon… mais elle leur laisse dans son film le temps d’être drôle, séducteurs, convaincants pour nous parler de cette passion de vie qu’ils partagent avec elle et, image après image, nous transmettent un peu de leur formidable instinct vital". UTOPIA

 Voir six extraits du film

Extrait 1 : Claude Bourguignon, agronome connu pour ses travaux sur les sols (il est le fondateur du LAMS : Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols), explique dans le film comment certains ingénieurs ont essayé de créer des poulets sans plumes...

Extrait 2 : Serge Latouche, économiste connu pour ses analyses de la décroissance, explique que nous ne pouvons plus aujourd’hui, en l’état actuel des choses, nous contenter d’une planète pour vivre...

Extrait 3 : "Nous ne faisons plus d’agriculture, mais de la gestion de pathologie végétale", nous dit Claude Bourguignon, fondateur du LAMS, Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols...

Extrait 4 : En Ile de France, nous n’avons que 3 jours d’autonomie alimentaire explique Laurent Marbot, de l’AMAP de Vanves.

Extrait 5 : Claude et Lydia Bourguignon nous parle des prix nobels... interrogeant le sens de l’industrie ou le sens de la vie...

Extrait 6 : Dominique Guillet nous parle de la confiscation du vivant par les multinationales...

 Coline Serreau

Coline Serreau Cinéaste à succès, Coline Serreau s’engage depuis toujours pour un monde plus juste et plus humain. La réalisatrice a démarré sa carrière en 1976 par un documentaire féministe et ponctue depuis sa filmographie de productions militantes. Loin d’un effet de mode, l’environnement, l’écologie et la décroissance constituent les fondements de sa personnalité et de son discours. En 1996, Coline Serreau nous invitait déjà à une réflexion écologique et sociale avec « La Belle Verte » pour dénoncer les méfaits d’une société de consommation délirante. La réalisatrice a entamé depuis une profonde réflexion sur la façon même d’exercer son travail. « Solutions locales pour un désordre global » film documentaire écologiste et engagé, est l’un des aboutissements artistiques et intellectuels de son parcours de cinéaste.

« Solutions locales pour un désordre global » est réalisé en partenariat avec l’association Colibris, mouvement pour la Terre et L’humanisme (pour en savoir plus sur Colibris, cliquez ici). L’association créée à l’initiative de Pierre Rabhi a réalisé un entretien avec Coline Serreau qui fait le bilan de ces trois ans de tournage :

Coline Serreau , à propos de sa collaboration avec Colibris : « Il faut aujourd’hui montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. Le film que nous réalisons se voudrait un objet ludique et poétique qui mette les idées à l’envers, c’est-à-dire à l’endroit, dans une époque où beaucoup s’accordent à penser que
« nous marchons sur la tête. Mettre la tête à « l’envers-endroit », c’est repenser le fonctionnement de nos rapports sociaux et économiques et questionner nos certitudes sur la normalité. »

- Retrouvez toutes les informations et les solutions locales sur www.solutionslocales-lefilm.com.

 Le Livre

Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau Le 19 avril dernier, Actes Sud a publié Solutions locales pour un désordre global, comme le documentaire du même nom réalisé par Coline Serreau. Retrouvez dans ce recueil synthétique et percutant des solutions inventées aujourd’hui, partout dans le monde, pour agir localement contre les différents dysfonctionnements environnementaux, sociaux et au-delà, politiques. Le livre restitue dans leur intégralité les paroles recueillies par Coline Serreau durant trois années de tournage du documentaire. Commandez le livre Solutions locales pour un désordre global chez notre partenaire Amazon.fr en cliquant ici.

Théories, analyses et réponses pratiques se mêlent pour interpeller le lecteur et éveiller en lui la conscience des problématiques posées par un modèle sociétal consumériste et prédateur, et pour lui montrer que des solutions simples et salvatrices sont non seulement possibles, mais déjà mises en œuvre partout dans le monde.

On découvre à travers ces entretiens comment après la deuxième guerre mondiale, les surplus d’explosifs, de gaz de combat et de tanks ont été recyclés vers l’agriculture pour le plus grand profit de l’industrie chimique et pétrolière. Cette prétendue "révolution verte", en guerre contre la terre, a éradiqué les écosystèmes gratuits et pérennes qui avaient nourri l’humanité depuis la nuit des temps, pour leur substituer les intrants polluants et coûteux de la pétrochimie.

La conséquence de cette "révolution verte" c’est la mort des sols, l’éradication de la biodiversité, l’exode rural massif ou le suicide des paysans, la confiscation de notre bien commun primordial, la semence, la malnutrition de ceux qui mangent et la famine pour un milliard d’humains.

Cette agriculture n’est pas pérenne, elle repose sur une ressource épuisable et bientôt épuisée, le pétrole, elle nous emmène vers des crises alimentaires qui frapperont les pauvres d’abord, mais aussi les pays riches.

Il existe un lien profond entre la terre et les femmes, et la façon dont on traite la terre, en exploitant ses ressources sans se soucier de sa vie, ressemble fort à la façon dont les femmes sont traitées. Le génocide des petites filles bat son plein en Asie, surtout dans les régions riches, où le modèle productiviste a le plus de succès, preuve que ce modèle de croissance et de développement est mortifère. On estime à 100 millions dans le monde le nombre de fillettes assassinées soit avant, soit après leur naissance.

Acteurs du changement, les paysans, biologistes, économistes ou philosophes du monde entier présentés ici partagent avec le lecteur leurs expériences de terrain. Tous témoignent de la vitalité des alternatives mises en place, et de la force de cette société nouvelle, encore latente, encore minoritaire, mais qui avance comme un tsunami inéluctable et deviendra bientôt manifeste et majoritaire.
Il s’agit d’un "retour en avant", qui nous fait reconquérir les multiples techniques de culture biologique qui ont permis à l’humanité de survivre (semi direct, compostage, bois raméal fragmenté, engrais et pesticides biologiques…), et nous assurera les plus précieux des biens : le rétablissement du lien entre la terre et l’assiette, la revalorisation du lien social et local et au delà, la réévaluation même des concepts de richesse et de démocratie.

Le livre s’ouvre sur une préface de Coline Serreau, qui a rassemblé et orchestré ces témoignages et qui explique son engagement intellectuel en réalisant cet essai et le documentaire dont il est le pendant.
Le lecteur trouve par ailleurs en fin d’ouvrage un lexique des termes clés de l’agriculture biologique et quelques principes pour se lancer dès à présent dans une action de proximité, éco-responsable.

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lire aussi :
  • La (R)évolution des Colibris !
  • Une autre finance pour une autre agriculture


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    • Solutions locales pour un désordre global, le film de Coline Serreau en DVD
      29 décembre 2010

      Aspects du cinéma propagandhiste contemporain

      Autour du film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global

      Souvenez-vous, en 1978, dans Genèse d’un repas, Luc Moulet interrogeait les ingrédients de son menu pour remonter jusqu’aux ouvrières des thonneries au Sénégal. Si vous étiez un peu trop jeunes, reportez-vous à L’île aux fleurs de Furtado (1989), qui suit la trajectoire d’une tomate et dont le rythme, le ton et la brièveté ont, en comparaison, quelque chose de furieusement consommable. Ce qu’ils illustrent, le père Marx l’avait bien dit : que la circulation des marchandises empêche de voir la réalité de leur production. Si de nos jours l’appropriation socialiste de la méga-organisation industrielle cesse de faire rêver (tant mieux), le rejet de toute dialectique transformatrice conduit à toute une gamme de replis frileux, plus proches du moralisme proudhonnien, avec ses cellules d’artisans autogérés, que de la lutte, avec ou sans classes. Seul demeure donc le maigre idéal d’une graduelle conversion par l’exemplarité, et par le truchement du moralisme qui en découle naturellement. Foin de conflictualité. Rien que de la positivité.

      Tsunami : Solutions locales pour un désordre global, qui sort actuellement en Belgique, constitue une sorte d’apogée, d’archétype limpide de cette tendance lourde qui a commencé à s’emparer des outils de diffusion impériaux à partir du milieu de la dernière décennie, et dont la vocation est la suivante : conscientiser à la cause écologiste en rabattant toute révolte sur le plan de l’individu consommateur et de son comportement au quotidien. D’où, de 2005 à aujourd’hui, ce tsunami de cinématographie écocitoyenniste.
      A la fin de We Feed The World (2005), on se scandalisait de l’absence d’une super-ONU qui redistribuerait aux enfants affamés ces millions de tonnes de pain industriel jetées chaque jour. Après Notre pain quotidien, on était écoeuré par le tapis roulant de la production présenté comme un inexorable défilé de chromos, quoique cette esthétique pour une fois pertinente associait parfois cet automatisme glacé à l’abattage d’un animal, et à une effusion de sang insoutenable pour notre sensiblerie de créatures métropolitaines.
      Après le terrifiant diagnostic du film d’Al Gore (Une vérité insoutenable, 2007), après toute cette grandiose nature mise en scène dans Home (2009) puis dans Oceans (2010), on se promettait de faire un tas de petits efforts quotidiens pour réduire notre empreinte coupable. Quittant la projection du Cauchemar de Darwin (2005), on se jurait de ne plus jamais manger de perche du Nil. Après Nos enfants nous accuseront (2008), on ne rêvait plus que de manger en famille des produits du terroir, sous le clocher et le drapeau tricolore flottant sur la mairie du village.
      Sorti en 2007, Volem rien foutre al pays, du trio Carles, Coello et Goxe, eut été de cette veine-là si les réalisateurs n’avaient posé aux fiers alternos des questions relatives aux limites politiques de leurs admirables toilettes sèches collectives. A Michèle Alliot-Marie, qui avait déclaré en tant que ministre de la Défense que l’armée pourrait intervenir dans le cas où l’Economie se trouvait menacée, Pierre Carles demandait en ce sens s’il était concevable que le gouvernement s’en prenne aux acteurs de la décroissance qui, par leur mauvais exemple, pourraient générer un manque à gagner pour l’Economie.

      Sélection : Le dernier film de Coline Serreau, sous ses habituels airs d’ingénuité rafraîchissante, constitue un instrument de propagande en faveur de ces impasses antipolitiques. Chaque fois qu’un thème y est abordé, la dénonciation est tonique, mais un soigneux travail de sélection et d’omission vient gommer du film, et donc de l’imaginaire, tout geste offensif.
      Le film accomplit par exemple l’exploit de dénoncer à tout bout de champ les OGM sans évoquer une seule fois les incessants sabotages de champs et de laboratoires qui ont accompagné leur développement et qui continuent de causer pertes et retards aux entreprises de biotechnologie. Un exemple ? Le 27 août dernier, en Alsace, un vignoble transgénique testé par l’INRA proprement ratiboisé. De même, si contre l’agro-industrie on veut bien entendre pester Dominique Guillet, le fondateur du réseau de distribution de semences Kokopelli qui a poussé à son maximum la démarche alternative, on préfère tenir à l’écart ce qu’il déclara après que son association ait perdu les procès que lui intentaient les géants semenciers, à savoir, que la construction d’alternatives déconnectées d’assauts contre ce monde sont totalement vaines. N’est-ce pas lui qui mit à disposition sur son site « Liberterre » la version téléchargeable de L’insurrection qui vient ? Et lorsque le film s’intéresse au Mouvement des Sans Terre au Brésil, tout est fait pour occulter le caractère de guerre civile qui caractérise ce mouvement réel, où des habitants des favelas et des ouvriers agricoles jetés à la rue occupent des latifundias, dont les riches propriétaires sont assez mécontents, au point de lever quelques milices, contre lesquelles les Sans-terre n’ont pas manqué de riposter, sans quoi ils n’auraient rien conquis de ce territoire libéré qui équivaut à deux fois la surface du Danemark. Je serais curieux d’entendre ce que pensent les acteurs du MST de ce genre de présentation de leur combat, réduit par Serreau aux jérémiades d’un de leurs membres qui a renoncé au combat pour créer une coopérative en Bio, et dont les propos retenus, en particulier ceux qui brandissent à plusieurs reprises le spectre de la torture, ont pour effet de transmettre l’affect favori de l’ordre impérial : la trouille. Ce long matraquage est un vaccin contre la rage.

      Kolkhoze Bio : Côté forme, ce n’est pas du cinéma, ou alors celui de la pure propagande, plus proche toutefois de Richard Gotainer que de Sergueï Eisenstein. Les extraits d’entretiens, rassemblés par thème, produisent une impression de martèlement telle qu’on n’a pas une image pour respirer, sauf à un moment, fatal relâchement qui conduit aussitôt à l’effet inverse. Comme il s’agit de convaincre tout le monde que pour respecter la planète, il suffit de changer les choses localement d’où que cela parte, on nous montre l’initiative d’un dirigeant polonais qui sous l’ère soviétique avait converti son kolkhoze en Bio. Comme en outre tout ce qui s’oppose à l’agriculture sous stricte perfusion chimique est présenté comme merveilleusement constructif, et que notre héros fait fertiliser ses quatre mille hectares avec le fumier de son cheptel, on nous dit qu’une agriculture sans élevage est une absurdité – ce qui est absurde. Et pour sublimer le propos au Stabilo, on nous montre durant sûrement une minute deux vaches se léchant en stabulation, au ralenti et agrémenté de musique classique langoureuse. Et là on se dit, on a le temps de se dire, que les mêmes images, montées avec une musique industrielle genre Einstürzende Neubauten et un commentaire dénonçant les conditions d’existence concentrationnaires de ces bovins en comparant les boucles chiffrées qu’on voit à leurs oreilles au marquage des détenus des Nazis, produirait un tout autre effet. En somme, en appliquant à ce passage la méthode et le discours apocalyptique qui quadrille le film partout ailleurs, on obtiendrait un résultat exactement inverse.

      Logique de l’humus : S’il y a un aspect vraiment instructif et stimulant à ce block buster militant, c’est qu’il fait découvrir ces techniques qui seront bientôt employées partout où des êtres sensés cultiveront le sol : celles qui prennent en compte la dynamique et les interrelations de cette fine couche saturée de vie invisible, sans laquelle rien ne pousse sans intrants, qu’ils soient chimiques ou labellisés Bio. L’agronomie commence à peine à découvrir la logique de l’humus. La biodynamie voudrait la civiliser en l’intégrant dans un ordre spirituel et social. Quant à l’agriculture « naturelle », inventée par Masanobu Fukuoka après qu’il ait déserté sa carrière d’agronome, et qu’en connaissance de la sagesse orientale on devrait plutôt traduire par quelque chose comme « non discriminante », elle s’y abandonne, et tout s’ensauvage : les légumes cultivés comme l’humain qui cultive, le tout dans une seule et même tension climacique qui, appliquée au monde aplanisseur, produirait non pas un repli harmonieux, mais une fureur guerrière sans nom, aux antipodes de la niaiserie politique du papy japonais. Des retraités de l’INRA qui l’ont expérimenté, à l’instar d’un Jean-Marie Lespinasse, sont en train de vulgariser ces techniques de cointelligence avec le vivant. La permaculture, détachée de ses fondateurs et de leurs modélisations étouffantes, pourrait être autre chose qu’un truc de puristes et de jardiniers. L’« université populaire de permaculture » malgré un intitulé prometteur, semble bien n’être qu’un amas gluant de « yoga », de « gestion de conflit » et d’ « harmonie ». Une fabrique supplémentaire de subjectivités flasques.

      Femme des années 2010 : Mais là encore, le film dérape en prise d’otage idéologique. Car selon le film, ceux qui ne respectent pas le vivant, ce sont les mâles, qui cultivent la terre comme on viole une femme, en enfonçant le soc de leurs charrues aussi profondément que faire se peut. Cela est répété en boucle : la terre est féminine, les femmes sont plus aptes à la soigner et à la comprendre ; les hommes veulent dominer et saccager. Dans les initiatives agricoles érigées en exemple, ce sont des hommes qui dirigent les travaux, mais peu importe, le film n’en est pas à une contradiction près ; il ne cherche pas à faire réfléchir mais à convaincre. Et ce qu’il cherche à nous implémenter dans le cervelet, c’est ceci : nous faire associer la disposition au vivant à un pôle féminin, et expulser de ce pôle toute inclination offensive assimilée, elle, à la destruction en tant que processus purement stérile. Si le film donne un salutaire coup de pied dans la fourmilière bétonnée de l’agronomie, il pose très mal l’importante question du patriarcat en l’essentialisant, pour pointer du doigt le Mâle, créer une division peu pertinente et neutraliser toute combativité, même féminine. La question féministe est ici au service d’une entreprise de pacification. La lâcheté n’est pas féminine, et entre la lâcheté et la violence, plus d’une préfèrera la violence.

      Choisir : Toutes ces jolies conversions Bio, toutes ces initiatives d’organisation locale de l’approvisionnement de nourriture sont l’unique voie à suivre pour changer l’ordre des choses. Et ce n’est pas le sponsor officiel apparaissant dans le générique de fin qui dira le contraire (la chaîne Biocoop, avec ses « plus de 320 magasins aux quatre coins de la France »). Passant sous silence ou dévalorisant les inévitables conflits, le film devient une ode aux AMAP, à l’achat local et au boycott et surtout, sur les sages conseils d’une Indienne qui évoque Gandhi comme un sauveur. Les pacifistes par principe finissent toujours par ressortir un de ces mythes mensongers qui leur permettent de croire que les luttes non-violentes ont été à l’origine de grandes victoires, ce qui est faux. Lisez Pacifism as Pathology de l’Américain Ward Churchill : il déboulonne en règle les Martin Luther King, les pacifistes contre la guerre du Vietnam et bien sûr Gandhi, bref, tous ces pacifistes qui n’ont eu de poids politique qu’à la faveur d’autres mouvements, qui ne s’interdisaient pas, ceux-là, le recours à la violence : les insurgés vietnamiens, les peuples qui ont attaqué et affaibli l’Empire britannique, le Black Panther Party. Ce film est une opération propagandhiste.
      Ceux et celles qui pensent que c’est un premier pas, que les personnes qui s’engagent dans cette voie (l’achat ou la production locale) seront plus disposées à un jour s’opposer au système se trompent lourdement : découplées de toute conflictualité politique, leurs alternatives ne suivent qu’une seule pente, celle de leur intégration.
      Par ailleurs, les alternatives constructives, fatalement soumises aux règles dominantes, cachent toujours une réalité sordide. Le film documentaire El Ejido (2007) montrait en Andalousie des ouvriers agricoles maghrébins réduits à survivre dans des cabanes en carton. A quand une caméra fouille-merde-Bio qui plonge son œil dans les dessous de l’agriculture biologique qui, comme chacun le conçoit aisément, exige davantage de main d’œuvre que dans l’agrochimie ? A quand un film sur ces nouvelles formes d’exploitation que sont ces centres de réinsertion sociale tels que les EFT, « entreprises de formation par le travail » où une production angélique repose sur des sous-statuts ?

      Pour finir, cette scène, à Rennes, durant le CIP : un manifestant pacifiste tente de s’interposer entre les émeutiers et les rangées de CRS, en brandissant son drapeau aux couleurs de l’arc-en-ciel barré d’un fier PACE. Au fil des flux et reflux de l’émeute, il échoue entre les rangs des forces de l’ordre, où l’on aperçoit encore son oriflamme colorée par-dessus les casques. En refusant de choisir son camp, c’est le camp qui l’a choisi.

      • Critique du film Solutions locales pour un désordre global,
        27 juin 2014

        Votre message est très intéressant et pose question. Vous nous dites que les initiatives locales et pacifistes ne parviendront pas à changer les choses. Au contraire, qu’elles peuvent même renforcer des éléments du système qu’elles dénoncent : exemple de l’exploitation de la main d’oeuvre pour cultiver les produits bio - oui, aucun système n’est parfait, dès lors qu’il y a intervention humaine, qui elle, est imparfaite -
        .. Il faut donc une révolution. Mais comment ??

    • j’ai acheté le DVD
      23 novembre 2010, par christophe leveyne

      c’est bien de faire la promo de ce témoignage remarquablement construit.

      c’est beaucoup moins bien de recommander votre "partenaire" Amazon pour le commander.
      Informez vous sur cette scandaleuse entreprise.

      cordialement

      • Critiques d’Amazon
        29 novembre 2010, par CDURABLE.info

        Bonjour Christophe et merci pour votre message.

        Vous faites sans doute référence aux critiques contre Amazon liées au personnel qui travaille sur les plateformes logistiques dans des conditions "difficiles", sachez que nous mettons en place à partir de 2011 une solution de vente en ligne CDURABLE.com avec expédition directe par les éditeurs.

        En attendant ce nouveau service et sous réserve de l’accord de chacun des éditeurs, force est de constater que c’est aussi pour vous le moyen le plus rapide et le moins cher d’acheter votre exemplaire du DVD "Solutions Locales pour un désordre global" comme des centaines d’autres visiteurs.

        Bien à vous,

        CDURABLE.info

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      22 juin 2010, par Vava

      Dès que je suis revenue du cinéma hier soir, je suis aller voir sur le site si je pouvais lire, partager ou laisser un mail. Je suis ravie de lire des avis même différent des miens.

      Ce qui a été soulevé sur le féminisme m’intérroge. Le féminin nous intérroge tout au fond de nous. Il y a t il un mal à dire que les hommes ont profondément à gagner en sensibilité ? qu’ils sont en train de changer ? je ne trouve pas. Par contre, on peut avoir peur des hommes qui se féminisent trop et qui perdre leur virilité. Je trouve que de tout temps, l’homme a voullu s’affranchir d’un certain pouvoir. Il gouverne, il gère, il se bat dans l’arène, dans les tranchées, il viole...Bon.. il viole la terre comme le dit cet agronome en biodivesité. Je trouve le parallèle très intéréssant. Il montre que dans la monstruosité (la dignité humaine contre l’hégémonie, le pouvoir..), il y a une critique à faire à ces hommes là précisément. Que ce qui définit un monstre, un pervers capable des pires crimes (impunis). Soumettre les plus faibles à une loi, celle de l’écrasement.
      Enfin, je revois encore les images du film très fortes. J’ai beaucoup aimé quand l’ingénieur dit que les tracteurs et l’homme avec violent la terre au plus profond sans respect, comme on viol une femme. C’est quand meme pas les femmes ( ou alors elles sont rares, qui violent les hommes).
      Ceci film m’a incité très fortement à bouger pour notre terre.
      Je suis d’accord pour que le monde rural puisse retrouvé des hommes, des femmes capables de puiser ses ressources afin de réduire le chomage.
      Je continue à m’intéressée au produit issu de l’ariculture biologique et boyocoter selon mes choix. ( l’huile de palme) encore autorisé ds les produits Bio.

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        12 novembre 2010, par KillianSurf

        Suite au visionnage de ce film-reportage, comme vous, je m’intéresse aux réactions suscitées.

        Mais je suis très embêté par ce qui semble vous avoir le plus atteint : l’homme et non la femme viole.

        On ne peut en effet ignorer certaines différences fondamentales entre l’homme et la femme, mais ce qui fait écho en moi est le parallèle avec la maternité qui est évoqué ce qui me semble plus pertinent.

        Je dis cela, car je suis un homme qui fût un temps battu par sa compagne, je dis cela car je vois des femmes qui après avoir enfanté quittent leur conjoint, je dis cela car je vois des femmes abandonner l’enfantement pour la performance, je dis cela car des femmes violent,... c’est implacablement humain.

        Il s’agit plutôt ici de la manipulation et l’anéantissement des êtres humains (peuples, masses,...) par les puissants (hommes ou femmes) (et puissances), pour LEUR intérêt (argent + pouvoir) en faisant croire à la "bonne nature" de ce qui est dénommé la société de consommation.

        A considérer, que le puissant est masculin et que le puissant n’est jamais célibataire.

        Est ce que le puissant souhaite devenir plus puissant pour lui (plus puissant q’un autre puissant masculin, confort personnel...) ou pour le compte en réalité d’une puissante cachée dans l’ombre ?

        Tout cela, pour dire qu’il ne faut pas avoir peur du changement des hommes ou des femmes qui devrait aller de plus en plus vers l’équilibre mais bel et bien des racines fondamentales de l’être humain (hommes & femmes).

        PS : Je suis rarement spectateur de galanterie de la femme vis à vis de l’homme... ça ferait bien plaisir parfois. ;)

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      15 juin 2010, par Suzyo

      Le film "solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau sera projeté au cinéma Ciné Duchère avenue Andrei Sakharov 69009 Lyon ce vendredi 18 juin 2010 à 20h, dans le cadre de la Semaine verte organisée par le Point d’Information Médiation Multi Services et le Centre Social et Culturel Pierrette Augier de Vaise.

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      13 juin 2010, par Martine

      Merci pour ce film-témoignage passionnant et indispensable.
      A diffuser largement si possible dans les collèges et lycées.
      Merci pour cette démonstration simple et ce parler clair.
      Merci pour ces regards humains et ces sourires d’espoir certes fragiles, mais libres.
      Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec la "mission à 9500 Euros par mois de Ste Christine Boutin". C’est à pleurer de rire !
      SVP, la prochaine fois emmenez - la avec vous... et oubliez -la au fin fond du Brésil ou en Inde, avec sa seule langue de bois pour bagage.
      Merci d’être nos lumières pour aujourd’hui et pour demain.
      Martine, depuis l’Ardèche

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      13 mai 2010

      Ce film est magnifique parce qu’il ne fait pas que dénoncer mais donne de l’espoir. J’ai été surprise de voir qu’il avait heurté certains hommes (et fâché des femmes aussi) qui se sont sentis directement visés et n’y ont vu qu’un féminisme primaire. Cela ne relève pourtant pas d’une discrimination ou un discours du type tous les hommes sont mauvais, toutes les femmes sont bonnes. On sait tous qu’il y a du bon chez les hommes comme du mauvais chez les femmes. Au contraire, le message à tirer c’est qu’ensemble on arrivera peut-être à se sortir d’un système qui pour l’instant va droit dans le mur et laisse plein de monde sur le bord de la route. J’espère que ce film rencontrera le succès qu’il mérite. A Genève, la salle était comble.

      Dans un élan que je n’espère pas totalement utopique, je lui souhaite de faire le tour du monde pour une prise de conscience globale.

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      4 mai 2010

      Il est bon de rappeler que la credibilite scientifique de Claude Bourguignon en microbiologie du sol est similaire a celle de la secte des Raëliens en clonage humain. En ce qui concerne la disparition des chaires en microbiologie dans le monde, prenez le temps de faire un recherche sur internet avec les mots clefs "Professor Soil Microbiology"...

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        26 mai 2010, par Cristo50

        Nous nous moquons de la crédibilité des uns et des autres. Ce qui nous importe c’est la cohérence de leurs discours. Ensuite chacun est assez grand pour se faire sa propre opinion sans que certains viennent nous dire ce que nous devons faire ou penser.

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        17 juin 2010

        Hmm, en anglais et aux USA, oui, il y en a. Mais j’ai aussi essayé de chercher en français et en France, et cela ne donne pas grande chose : pas de diplomés, pas d’établissement pour faire des études universitaires en microbiologie du sol.

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        24 juin 2010, par LULU

        Il est simplement lucide,c’est trop faciles de l’assimiler à une secte:apportez des preuves.En tous les cas, son discours me plaît et m’a convaincu.

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      30 avril 2010

      encore "secouée" quelques jours après avoir vu votre film indispensable ... bravo et merci pour l’energie dépensée à cette cause . j’essaie d’en parler au plus grand nombre et d’inciter à aller le voir avant qu’il ne disparaisse des écrans .... dans quelles villes de province est il encore à l’affiche ?
      merci de communiquer l’info sur votre site ... et bon courage pour la "suite " ... une militante !

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      27 avril 2010, par Bambou

      Bravo pour ce film,

      Il est complet car on parle de la terre en globalité et l’on voit la terre autrement dans tous les sens du termes.
      Je ne suis pas d’accord pour les critiques concernant le sexisme, je pense ques ces personnes ont interprétées par raport à leur vécu.
      Le coté féminin est par rapport à la terre et à la semence et surtout il ne faut pas l’oublier ce sont les femmes qui cultivaient ou cultivent encore dans quelques pays.
      Et ce que l’on ne doit pas oublier à part quelques exceptions, les femmes ne pensent pas qu’au pouvoir et à la rentabilité, et si les femmes étaient plus présentes nous n’aurions pas toutes ces guerres, la guerre vient bien des hommes pour leur pouvoir et leur virilité.
      Tous les intervenants sont excellents et je pense que ce film devrait être diffuser plus longtemps et dans plus de salles.
      Merci encore pour ce bon moment de réalité et sans langue de bois.
      A.T

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      25 avril 2010, par menykko

      Documentaire très instructif, tantôt profond et philosophique tout en restant concret, tantôt pratique et impitoyable avec ce qu’il faut d’optimiste pour garder espoir. Des solutions anciennes ou nouvelles sont opposées à l’impasse évidente du modèle ultra-libéral appliqué à l’agriculture.

      On pourra reprocher à certains moments le cadrage ou le montage, et une propension à proposer une grille de lecture "féminisme contre patriarchat" qui n’est pas forcément un service à la cause première que défend le film :

      Comment retrouver une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé publique à l’échelle mondiale, sauve des intérêts des multinationales ?

      En tout cas l’intention est, elle, humaniste et naturaliste, et les intervenants sont merveilleux ; c’est ce qui restera au sortir de la projection. Merci à eux et à la réalisatrice.

    • Version anglaise ?
      20 avril 2010, par Laurent

      Un DVD comprenant des sous-titres en anglais est-il annoncé ?

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      19 avril 2010, par biocomtout

      Film passionnant et incontournable : la démonstration sur la destruction des sols est parfaite ; elle devrait être montrée à tout le monde.
      Merci aussi pour les solutions : très convaincantes.
      Quel dommage par contre de méler luttes féministes et prise de conscience écologique : les deux sujets sont trop importants pour être menés de front : ceux qui sont à convaincre ont toujours la fuite facile. Là Coline Serreau leur facilite la tâche...

      Henri de Biocomtout

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      13 avril 2010, par Naturemer

      Me Serreau a su trouver des personnages humains, intelligents et attachants... mais la façon de filmer est "vomitoire" et n’apporte rien au documentaire si ce n’est que malgré son intérêt évident, beaucoup de personnes n’iront pas le voir, craignant le mal de mer. En plus, quel est l’intérêt de filmer flou quand il s’agit au contraire de montrer les différences de semences, de pousses. Elle devrait rester simple et accéssible au plus grand nombre... n’était-ce pas le but d’un tel travail ?
      Cordialement.
      Naturemer

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        16 avril 2010, par JP Chalmond

        tout à fait d’accord avec la personne qui qualifie de"vomitoire"la façon de tourner de Mme Serreau.Je n’ai guère entendu de standing ovation,plutçot des baillements voire quelques ronflements .
        Qui prendra le risque d’inviter des ados à une projection de ce pensum décidément lourd et indigeste.

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        25 avril 2010

        Je suis d’accord avec la critque à la faiçon de filmer utilisé, et d’accord aussi avec les autres commentaires par rapport à l’assotiation "femme=bon", "homme=mauvaise". Je suis moi même une femme, mais je ne vois pas pourqoui en fait ce type de géneralisation. Je ne crois pas qu’il soit bon de trasmettre à les femmes ce sort d’idées, avec qui on arrive à la conclusion que il faut avoir peur des hommes. Au même temps, pour les garçons on peut arriver à la conclusion que il leur faut être méchantes, parce-que "il est dans sa nature". Dans les deux cas la consequence est très mauvaise pour les femmes.

        Moi je connaise aussi de très bonnes hommes et de femmes méchantes.

        Le thèma agriculture écologique est bon, les idées pour retrouver les anciennes semelles de legumes, et pour traité le sol de faiçon qu’il devient de plus en plus fértile sont très bonnes, mais le film il aurait du s’arreter là, et se limité a trasmittre ce message clairement, sans mouvements innecessaires de camera.

        (Je m’excuse pour mon pauvre français, je ne suis pas francophone)

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      3 avril 2010

      Bonjour,

      Solutions locales... je suis entièrement d’accord, mais il y a deux choses :
      1°) la terre française parce qu’il n’y a presque plus de cultivateurs-maraîchers.
      Le problème qui n’a pas été abordé dans le film c’est : comment transformer les quelques 50 % de chômeurs que nous aurons bientôt en cultivateurs/maraîchers au moins auto-suffisants, sinon producteurs.
      C’est là le plus gros défit. Il faudrait au moins y penser ! !
      2°) Coline Serreau a profité de l’occasion pour placer son ultra-féminisme. Halte-là.
      Ci-dessous explications :

      COLINE SERREAU REACTIVE LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIERES .

      Le film de Coline SERREAU « Solutions locales pour un désordre global » vient à point pour contribuer au réveil des consciences (qui n’est pas encore acquis) devant cet immense problème vital qu’est la préservation de la terre nourricière.

      Coline a recueilli le témoignage d’agriculteurs, d’agronomes et de scientifiques qui font preuve de sagesse, de savoir, de conscience. Tous se sont libérés de la tutelle de l’industrie chimique et nous montrent que l’on peut encore sauver l’agriculture.

      Bravo Coline SERREAU.

      Mais n’est-ce pas une manie de féministe fondementaliste de partager l’humanité en deux moitiés : les bons (les femmes) et les mauvais (les hommes) ?
      Vous attribuez au principe masculin le désastre agricole qui est dû, pour l’essentiel, à la chimie et à l’exode rural.

      Pourtant tout le monde sait, (vous savez aussi) que l’abandon des terres est beaucoup plus imputable aux femmes qu’aux hommes.
      Et en quoi les intérêts de l’industrie chimique sont-ils masculins ?

      Croyez-vous que Laurence PARISOT aurait remplacé la fabrication d’engrais par celle du banania si elle avait été à la tête de Saint-Gobain ou Monsanto ?

      Passe encore pour la déclaration sexiste de l’agronome indienne qui est une femme et comme telle peut être naturellement tentée de s’aligner sur le mouvement anti-homme de l’aile ultra du féminisme. Mais voilà que M. Claude.BOURGUIGNON, autre spécialiste consulté (par ailleurs bien sympathique), renchérit en faisant le même parallèle entre l’empoisonnement des sols et le masculin !

      La contribution d’un homme à un certain féminisme n’a rien d’anormal. Il est bien évident que le patriarcat désignait un seul chef officiel dans la famille, le père, que le langage est sexiste au détriment du féminin, et que ces dispositions étaient évidemment injustes.

      Mais il faut tenir compte de toutes les réalités.Le français est genré et nous sommes francophones. Par ailleurs rappelons que les hommes ne se sont pas opposés à l’abrogation du code Napoléon. C’est une assemblée nationale très majoritairement masculine qui a mis fin au sexisme de ce code. Cette assemblée masculine a même voté des lois sexistes et injustes instituant des exactions, cette fois à l’encontre du masculin et des enfants, comme le retrait total des droits du parent au père dans le cas des couples non mariés, les torts attribués systématiquement à l’homme en cas de divorce, l’attribution quasi systématique de la garde des enfants à la mère, l’accouchement sous X, la banalisation de l’avortement etc... Je stoppe sur ce terrain car je n’écris pas cet article pour faire un état exhaustif du sujet.

      Monsieur BOURGUIGNON a accusé le masculin, non dans un souci d’élimination d’injustices mais seulement pour s’aligner sur une mode qu’il est convenu de considérer comme noble parce que supposée compensatrice d’injustices passées s’exerçant au détriment des femmes.
      Comment peut-on dire que vous, Monsieur, que moi-même, que mes fils (dont l’un est par ailleurs victime -comme ses deux enfants- du sexisme féminin actuel) ou les vôtres, nous sommes tous, parce que hommes, responsables et coupables des dispositions du code Napoléon vieux de deux cents ans ?

      La stygmatisation d’un groupe en raison de caractéristiques indépendantes de sa volonté, c’est presque la définition même du racisme.

      En tant qu’homme je n’ai pas plus démérité qu’une femme toute ma vie et j’entends me battre contre l’entreprise mortifère des féministes ultra, ces féministes violentes qui ne voient même pas que leur entreprise de destruction de l’homme atteint les deux sexes et aussi les enfants qui voient leur père traité en coupable, mais aussi en sous-parent. Les filles qui perdent ainsi la protection de leur père ont autant de séquelles que les garçons. Il est constaté (Madame CHOQUET épidémiologiste) qu’elles deviennent de plus en plus souvent dépressives.
      Il serait bon d’y penser.

      J’ai vécu longtemps à l’époque du patriarcat, je peux en parler mieux que ceux qui ne l’ont pas connu et qui se fient aux dires des féministes pour en juger.
      Je fais partie aussi des gens de la terre et je peux témoigner que les paysans responsables de leur famille n’ont pas failli plus que les femmes et qu’il est aberrant de les rendre responsables à la place du système économico-financier.

      Selon votre théorie, si dans l’avenir, le monde industriel étant inchangé, sauf une prédominance féminine dans la direction des entreprises (ce qui pourrait advenir dans une ou deux décennies), il faudrait alors attribuer au féminin et non plus au masculin la cause des nuisances imputables à l’industrie chimique et au système économique dans son ensemble ? Etes-vous d’accord ?

      Vous ne manquerez pas d’argumenter en disant que les femmes changeraient le modèle économique. Mais vous aurez tort. Le système a sa logique et cette logique ne change pas avec le sexe des dirigeants.
      C’est Monsieur BOURGUIGNON, je crois, qui a dit à Coline SERREAU que les industriels qui produisaient la chimie (dont les gaz asphixiants) pendant la guerre avaient l’obligation de trouver un marché de temps de paix sous peine de disparaître. Ce marché a été l’agriculture.
      En quoi ce choix est-il masculin ?
      En réalité, le seul moyen d’éviter que l’industrie chimique, quel que soit le sexe du dirigeant, ne prenne les nouveaux marchés existants et ne produise pesticides, insecticides, produits d’entretien, médicaments, ou tout autre produit, aurait été de fermer les usines. Ce qui aurait nécessité de supprimer le système capitaliste et d’inventer une nouvelle organisation sociale, et même (et surtout) de remplacer la population par une autre qui n’aurait plus été encline, comme celle qui existait et qui existe encore, au consumérisme, tentée par tous les nouveaux produits proposés par le système.

      Impossible et impensable..

      Impossible et impensable pour les femmes comme pour les hommes, les femmes étant par ailleurs les premières consommatrices (ce n’est pas médire). C’est aussi être très audacieux de les voir comme susceptibles de refaire le monde. Elles ne sont pas, en effet, révolutionnaires plus que les hommes. On est même tenté de dire, plutôt moins.

      Les chefs d’Etat femmes et les politiciennes actuelles ne font pas autrement que les hommes. Madame MERKEL n’a sûrement pas l’intention de fermer les usines allemandes.

      Ce sexisme est catastrophique. Le véritable combat est ailleurs, notamment dans le chômage massif à venir qui devrait déboucher sur une réappropriation des terres abandonnées ou mal utilisées.
      Faire des cultivateurs avec des citadins, voilà l’enjeu (il faudra des hommes mesdames les féministes ultra pour défricher).
      Voilà ce dont il faut s’occuper, Vite.

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        12 avril 2010

        ce film est formidable ; il met enfin sous les yeux du gd public ce que certains savaient mais avaient du mal à faire entendre et comprendre ; le feminin qui est employé ds le film ne parle pas seulement de la gente feminine mais aussi de la part " feminin" de chaque être humain qu’ il soit homme ou femme ; ce film parle de la mère nourricière qu’ est la terre qui doit être traitée avec délicatesse et non avec rudesse comme l’ exprime le coté " masculin " de chaque être humain qu’ il soit homme ou femme .

    • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
      2 avril 2010, par Raymond SAMUEL

      COLINE SERREAU REACTIVE LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIERES (la chasse aux hommes).

      Le film de Coline SERREAU « Solutions locales pour un désordre global » vient à point pour contribuer au réveil des consciences (qui n’est pas encore acquis) devant cet immense problème vital qu’est la préservation de la terre nourricière.

      Coline a recueilli le témoignage d’agriculteurs, d’agronomes et de scientifiques qui font preuve de sagesse, de savoir, de conscience. Tous se sont libérés de la tutelle de l’industrie chimique et nous montrent que l’on peut encore sauver l’agriculture.

      Bravo Coline SERREAU.

      Mais n’est-ce pas une manie de féministe fondementaliste d’attribuer tout ce qui est critiquable aux seuls hommes et une virginité absolue immémoriale et définitive aux femmes ? Vous attribuez au principe masculin le désastre agricole qui est dû, pour l’essentiel, à la chimie et à l’exode rural.

      Tout le monde sait, et vous savez aussi, que l’abandon des terres est beaucoup plus imputable aux femmes qu’aux hommes.
      Et en quoi les intérêts de l’industrie chimique sont-ils masculins ?

      Croyez-vous que Laurence PARISOT aurait remplacé la fabrication d’engrais par celle du banania si elle avait été à la tête de MONSANTO ?

      Passe encore pour la déclaration sexiste de l’agronome indienne qui est une femme et comme telle peut être naturellement tentée de s’aligner sur le mouvement anti-homme de l’aile ultra du féminisme. Mais voilà que M. Claude.BOURGUIGNON, autre spécialiste consulté (par ailleurs bien sympathique), renchérit en faisant le même parallèle entre l’empoisonnement des sols et le masculin !

      La contribution d’un homme à un certain féminisme n’a rien d’anormal. Il est bien évident que le patriarcat maintenait la femme en tutelle, avec un seul chef officiel dans la famille : le père. Ces dispositions étaient évidemment injustes.

      Mais il faut tenir compte de toutes les réalités. Rappelons que les hommes ne se sont pas opposés à l’abrogation du code Napoléon. C’est une assemblée nationale très majoritairement masculine qui a mis fin au sexisme de ce code. Cette assemblée masculine a même voté des lois sexistes et injustes instituant des exactions, cette fois à l’encontre du masculin et des enfants, comme le retrait total des droits du parent au père dans le cas des couples non mariés, les torts attribués systématiquement à l’homme en cas de séparation comme l’attribution de la garde des enfants à la mère, l’accouchement sous X, la banalisation de l’avortement etc... Je stoppe sur ce terrain car je n’écris pas cet article pour faire un état exhaustif du sujet.

      Monsieur BOURGUIGNON a accusé le masculin, non dans un souci d’élimination d’injustices mais seulement pour s’aligner sur une mode qu’il est convenu de considérer comme noble parce que supposée compensatrice d’injustices passées au détriment des femmes.
      Comment peut-on dire que vous, Monsieur, que moi-même, que mes fils (dont l’un est par ailleurs victime -comme ses deux enfants- du sexisme féminin actuel) ou les vôtres, nous sommes tous, parce que hommes, responsables et coupables des dispositions du code Napoléon vieux de deux cents ans ?

      J’entends me battre contre l’entreprise mortifère des féministes ultra qui ne voient pas que leur entreprise de destruction de l’homme porte atteinte aux deux sexes et aussi aux enfants qui voient leur père traité en sous-parent et en coupable.
      Que deviennent les garçons à cette école de la discrimination et de la mise en accusation de leur sexe ? Il serait bon d’y penser.
      J’ai vécu longtemps à l’époque du patriarcat, je peux en parler mieux que ceux qui ne l’ont pas connu et qui se fient aux dires des féministes pour en juger.
      Je fais partie aussi des gens de la terre et je peux témoigner que les paysans responsables de leur famille n’ont pas failli plus que les femmes et qu’il est aberrant de les rendre responsables à la place du système économico-financier.

      Selon votre théorie, si dans l’avenir, le monde industriel étant inchangé, sauf une prédominance féminine dans la direction des entreprises (ce qui pourrait advenir dans une ou deux décennies), il faudrait alors attribuer au féminin et non plus au masculin la cause des nuisances imputables à l’industrie chimique et au système économique dans son ensemble ?

      Vous ne manquerez pas d’argumenter en disant que les femmes changeraient le modèle économique. Mais vous aurez tort. Le système a sa logique et cette logique ne change pas avec le sexe des dirigeants.
      C’est Monsieur BOURGUIGNON, je crois, qui a dit à Coline SERREAU que les industriels qui produisaient la chimie (dont les gaz asphixiants) pendant la guerre avaient l’obligation de trouver un marché de temps de paix sous peine de disparaître. Ce marché a été l’agriculture.
      En réalité, le seul moyen d’éviter que l’industrie chimique, quel que soit le sexe du dirigeant, ne prenne les nouveaux marchés existants et ne produise pesticides, insecticides, produits d’entretien, médicaments, ou tout autre produit, aurait été de fermer les usines. Ce qui aurait nécessité de supprimer le système capitaliste et d’inventer une nouvelle organisation sociale, et même de remplacer la population existante par une autre population qui n’aurait plus été encline, comme celle qui existait et qui existe encore, à acquérir tous les nouveaux produits proposés à la consommation.

      Impossible et impensable..

      Impossible et impensable pour les femmes comme pour les hommes, les femmes étant par ailleurs les premières consommatrices (ce n’est pas médire). C’est aussi être très audacieux de les voir comme susceptibles de refaire le monde. Elles ne sont pas, en effet, révolutionnaires plus que les hommes. On est même tenté de dire : plutôt moins.

      Les chefs d’Etat femmes et politiciennes actuelles ne font pas mieux que les hommes. Madame MERKEL n’a sûrement pas l’intention de fermer les usines allemandes.

      Ce sexisme est catastrophique. Il compromet sérieusement notre devenir.

      • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
        10 avril 2010

        Peu importe au fond qu’il s’agisse des hommes ou des femmes : nous sommes tous humains. Je sors de voir le film, il nous met une grande claque en montrant l’urgence. J’ai appris et surtout compris beaucoup de choses, il me confirme dans l’espoir d’une grande secousse, dans la conviction que ça bouge.

        Si j’ai un reproche à faire, c’est qu’il risque d’avoir peu de spectateurs, et seulement des convaincus. Mais je me trompe peut-être ? En tous cas, moi je le recommande à mes amis.

        • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
          18 avril 2010, par monerou

          Je sors de voir ce film dimanche après midi de beau temps... Nous étions 5 dans la salle !
          Je suis d’accord avec vous : ce n’est pas un film pro femmes et anti hommes : il nous montre où nous irons si le monde en général ne réagit pas... J’ai appris que c’est après la guerre que les industries chimiques ont écoulé les produits toxiques qui n’avaient pas été utilisés : et c’est la terre qui les a reçus...
          Espoir de réaction de l’être humain devant ce gâchis. Je le souhaite vivement pour nos petits enfants.

          • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
            2 mai 2010, par SDG

            Tout d’abord un grand MERCi à la réalisatrice et à tous les participants du film !
            je ne suis pas du tout d’accord avec les critiques faites à ce film c’est une perte de temps et surtout cela cache l’ESSENTIEL !
            Retenons le message de joie et d’AMOUR l’optimisme aussi que véhiculent les participants et agissons en nous mêmes ! OUI hommes ou femmes nous sommes chacun RESPONSABLE du changement que nous voulons voir se réaliser !
            NE nous trompons pas de débat ! AGISSONS !
            Un grand merci Mme Serreau !!!

            SDG

            • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
              8 mai 2010

              J’ai été le voir, bon techniquement ce n’est pas terrible, mais ce film à le mérite de donner la parole à des scientifiques qui nous ouvrent les yeux sur l’appauvrissement des sols et là ce n’est pas un rêve, allez gratter la campagne et vous verrez, mais le pire c’est quand j’entends dire je vais m’aérer à la campagne ? m’aérer et respirer la gaucho ou autres molécules que nos agriculteurs déconcertés.. répandent en tenue d’astronaute.. Je suis apiculteur et pourrai faire un film d’une heure vingt pour démontrer la même chose..50% de mortalité cette année dans de nombreuses régions..Le système est sérieusement atrophié..Il faut vraiment y croire et avoir envie pour continuer à exercer l’activité d’apiculteur dans un environnement pollué saturé de molécules volatiles que nous et les insectes respirons.Alors moi je transhume à la recherche de site plus sain, et croyez moi c’est de plus en plus rare..Et la salle au 2/3 rempli applaudissa..Moi je le vis tous les jours.. Bientôt je vais mettre un masque, il en reste après la grippe..et j’irai aux ruches avec !!

              • Solutions locales pour un désordre global, un film de Coline Serreau
                24 septembre 2010

                Merci pour ce dernier témoignage qui, je crois, n’a pas encore susciter de réponse, je souhaiterais vous demander vos coordonnées pour parler de vos abeilles. Nous travaillons en ce moment sur ce sujet pour participer à éclairer le grand public... Si vous voulez vous pouvez m’envoyer votre mail : dhangdhang@gmail.com

     

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