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Finance - Contribution Economique

Pressings : l’interdiction du perchloréthylène annoncée par le Ministère de la Santé

vendredi 20 avril 2012
Posté par David Naulin

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Le perchloréthylène est utilisé dans les pressings et les laveries automatiques disposant de machines à nettoyage à sec. Le ministère de l’Ecologie et le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé ont mis en œuvre, depuis 2008, un programme d’actions en vue de réduire son impact potentiel sur la santé. En effet, en cas d’exposition fréquente et intense, le perchloréthylène peut se révéler toxique pour les reins et le système nerveux, et provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires, ainsi que des vertiges et des nausées.



Le ministère de l’Ecologie a mis en consultation, fin 2011, un projet d’arrêté ministériel encadrant les installations de nettoyage à sec utilisant du perchloroéthylène. C’est dans ce cadre qu’une délégation du Réseau Environnement Santé (RES), de Générations Futures et de l’Association des Victimes des Émanations de Perchloroéthylène des Pressings (ADVEPP) a été reçue à sa demande hier par le Directeur Général de la Santé.

Celui-ci a annoncé le principe de l’interdiction du perchloréthylène [1] dans les pressings selon les modalités suivantes :
- Interdiction immédiate dans les installations nouvelles
- Fermeture immédiate des installations induisant une contamination des riverains supérieure à 1250 microgrammes par mètre cube (1250 µg/m3). Sur ce point le ministère de la Santé précise : "des campagnes de contrôles des pressings sont diligentées depuis 2008 par l’inspection des installations classées, sous l’autorité du ministère de l’Ecologie. Les contrôles sont systématiques en cas de plaintes des riverains et débouchent, en cas de non conformité grave, sur des mesures pouvant aller jusqu’à la suspension des installations."
- Arrêt au 1er janvier 2014 des installations de plus de 15 ans
- Arrêt des installations existantes dites non NF au 1er janvier 2018
- Arrêt des installations NF au 1er janvier 2022 "sauf à
respecter certaines distances de rejet par rapport aux bâtiments voisins"
indique le ministère de la Santé [2].

Le principe d’un suivi de ces mesures avec ces 3 associations a été acté. La prochaine réunion est prévue fin juin. Le RES, l’ADVEPP et Générations Futures demandaient que la norme définie par l’Agence de Protection de l’Environnement des États-Unis à 40 µg/m3 soit prise en compte en France. Elles se félicitent néanmoins du changement radical de la politique du Ministère de la Santé qui ne défend plus l’usage contrôlé du perchloroéthylène mais accepte le principe de son remplacement.

Le RES, l’ADVEPP et Générations Futures vont continuer à agir pour préserver la santé des riverains et des travailleurs des pressings. Elles les appellent à se manifester auprès des Agences Régionales de Santé et des Préfectures pour obtenir un contrôle plus strict de leur contamination.

De leur côté, les ministères ont parallèlement chargé l’ANSES et l’INERIS de mener des travaux d’évaluation des risques potentiels associés aux produits utilisés en substitution du perchloréthylène. Ce programme complète l’action du ministère chargé du travail. Les inspecteurs du travail vérifient en priorité les conditions de travail des salariés concernés et le respect des règles du code du travail. L’inspection régulière de ces installations a permis de diminuer de plus de la moitié la valeur limite d’exposition des travailleurs, suivant les recommandations de l’ANSES. Un projet de décret rend contraignante une nouvelle valeur limite 8 heures à 138 mg/m2. Son entrée en vigueur est prévue au 1er juillet 2012.

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé définit actuellement un protocole de prise en charge médicale spécialisée des personnes exposées au perchloréthylène avec notamment la participation des centres de pathologie professionnelle et environnementale et de l’institut de veille sanitaire.

 Sequoia Pressing présente sa solution alternative à l’utilisation du perchloroéthylène

SEQUOIA Pressing, première enseigne française de pressings éco-responsables et de haute qualité – a déjà choisi d’utiliser en exclusivité la technologie de nettoyage à sec brevetée GreenEarth®. Mise au point aux USA en 2001, ce procédé sans eau et sans produits chlorés est plus respectueux du sol, des nappes phréatiques et de l’air que le personnel ou le voisinage inhale dans ou à proximité des pressings. Les explications de Nicolas de Bronac – Président de SEQUOIA Pressing [3].

Nicolas de Bronac "En juillet 2007, la directive communautaire REACH a listé tous les produits chimiques qui vont être interdits d’ici 2020-2024 dans tous les pays membres de l’Union européenne. Parmi ces produits, figure le perchloroéthylène, utilisé dans 98 % des pressings en France. Nous avons acheté pour la France métropolitaine, Monaco et les DOM-TOM, l’exclusivité d’un brevet américain qui tombera dans le domaine public dans une dizaine d’années. Nous avons donc beaucoup travaillé depuis en partenariat avec le secrétariat d’État à l’Écologie pour faire évoluer la législation afin de faciliter notre développement en l’exonérant de règles drastiques destinées à encadrer le perchlo." "Pour se passer de ce produit, il existe deux solutions. Soit on utilise des hydrocarbures qui ne sont pas cancérigènes, mais qui polluent, soit on utilise du silicone liquide. Nous avons choisi la seconde solution, car elle n’est ni cancérigène ni polluante : il s’agit du même silicone liquide que l’on retrouve dans des démaquillants et qui est un produit neutre."

Sequoia Pressing « Nous trempons les vêtements dans un bain de silice pendant une trentaine de minute pour les nettoyer. Ensuite, le produit est directement régénéré dans les machines, distillé, filtré et peut ainsi resservit pour la machine suivante. Nous travaillons en circuit fermé afin de ne rien rejeter dans l’environnement » explique Nicolas de Bronac. « En fin de vie, quand le silicone liquide devient trop souillé, il est alors récupéré, revalorisé ou incinéré. Le siloxane n’est quasiment pas volatile et grâce à son utilisation, rien ne part ni dans les nappes phréatiques, ni dans l’air, ce qui nous permet de préserver la santé de notre personnel, tout comme l’environnement ».

- Pour en savoir plus lire sur CDURABLE.info : "Sequoia Pressing présente sa solution alternative à l’utilisation du perchloroéthylène".

Sequoia Pressing

 Les autres pressings dits alternatifs

Photo : David Bitton Bruno Bénizri et David Bitton ont créé H2O pressing, un établissement dans le 18ème arrondissement de Paris. Le procédé de nettoyage se base sur la méthode de l’aquanettoyage, permettant aux textiles d’être nettoyés tout en douceur, et de produits dégraissants 100 % naturels. Même si cette méthode utilise beaucoup d’eau, le concept est à souligner pour la démarche écologique qui s’étend aux cintres en carton recyclable et aux emballages de vos vêtements en amidon de maïs et papier kraft… Des valeurs partagées par Kennedy Pressing Ecologique qui s’engage dans le 16ème arrondissement de Paris à ce que vos habits nettoyés grâce au D5 ne passent ni par presse ni par robot, mais entre les mains des salariés qui utilisent des produits 100 % biodégradables.

Les pressings nouvelle génération fleurissent un peu partout en France. Si aucun d’entre eux est à 100 % écologique, n’hésitez pas à les privilégier, d’autant plus qu’ils ne sont pas forcément plus cher.

- Pour en savoir plus, lire sur Neoplanete : "Des pressings alternatifs au perchloréthylène".

[1Il est classé par l’Union Européenne comme cancérogène suspecté de catégorie 3 (ce qui signifie que les effets sont possibles mais que les preuves sont insuffisantes pour conclure). Le CIRC le classe quant à lui comme un cancérigène probable (catégorie 2A).

[2La suspension de l’activité des pressings si la valeur d’action rapide de 1250 μg/m3 recommandée par le Haut Conseil de santé publique est dépassée dans les appartements et locaux contigus aux pressings.

[3Diplômé de l’École supérieure de Sciences commerciales d’Angers (ESSCA), Nicolas de Bronac, 28 ans, a commencé sa carrière comme chef de projet au sein du groupe Alain Afflelou avant de fonder Sequoia Pressing en janvier 2008.

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  • Sequoia Pressing présente sa solution alternative à l’utilisation du perchloroéthylène


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